‹ LysippeChapitre 13 sur 20 · ÉROS BANDANT SON VRC. (Musée du Vatican, Rome · texte numérisé non relu

ÉROS BANDANT SON VRC. (Musée du Vatican, Rome

lysippe. t:;

action, et lundis que les mains s'occupenl à. un acte quasi machinal, la tête se redresse, comme si le jeune dieu prêtait une oreille attentive aux ordres de Zens. Si c'esl là vraiment une œuvre de Lysippe, l'Hermès prend à nos yeux une grande importance; il nous montre sons un nouvel aspect le style du maîlre, et nous apprend quelles ressources il trouve dans sa conception personnelle des lois de la «symétrie».

La prédilection témoignée par un artiste pour certains sujets est un trait de caractère qu'il importe de noter. Elle équivaut à des confidences discrètes sur les qualités les plus personnelles qu'il se reconnaisse, sur l'idéal qu'il poursuit avec le plus d'ardeur et de sincérité, sur la manière dont il entend être jugé. Elle trahit ses tendances intimes. Si les types d'Aphrodite et d'Éros tiennent tant de place dans l'œuvre de Praxitèle, c'est que le sculpteur athénien est le maître de la heauté féminine ou adolescente, le virtuose de toutes les délicatesses de la chair. Génie plus mâle et plus robuste, épris de naturalisme, voué par goût et par métier à l'étude de la forme virile dans les statues athlétiques, Lysippe adopte, comme un de ses thèmes favoris, une figure de vigueur et de force, celle d'Héraclès. Il l'avait choisie pour la réaliser dans la statuette offerte par lui à Alexandre. Il avait eu déjà maintes fois l'occasion de s'en inspirer.

Une ville d'Acarnanie, Alyzia, possédait un sanctuaire pour lequel Lysippe avait travaillé. On y voyait, signés de lui, une série de groupes représentant les exploits d'Héra-

clrs. lin jour, un général romain, parcourant celle région que les guerres el lamisère avaient rendue déserte, pénétra dans le sanctuaire abandonné, y trouva les précieux bronzes gisanl sur le sol, et les emporta à Rome. Peutêtre trouvons-nous le souvenir (Tune des figures acarnaniennes dans un bas-relief sculpté au-dessus dune des portes d'Alyzia. Le relief, découvert par M. Ileuzev el reproduit dans son ouvrage sur le Mont Olympe et IAcarnanie, représente un Héraclès au repos. 11 est 1res vraisemblable que les bronzes originaux, transportés en [talie, furent plus d'une lois copiés. Peut-être un bronzier sVsl-il inspiré de l'un deux pour exécuter le beau bronze trouvé à Pompéi et conservé aujourd'hui au Musée national de Païenne (fig. 17). Héraclès, encore imberbe, vient de terrasser un cerf qu'il a saisi par les bois, el presse du genou les lianes haletants de la bête. Le copiste a certainement pris des libertés avec le modèle, car le cerf remplace ici la biche du mont Gérynée, l'animal infatigable aux pieds d'airain et aux cornes d'airain que le héros parvient à dompter sur les bords du Ladon. Nous ne pouvons donc accorder au bronze de Pàlerme la confiance que mérite une copie absolument fidèle. Mais on aimerait a croire que celle figure du héros jeune, où la musculature esl si énergiquement dessinée, dérive d'un original de Lysippe.

Il v avait à Tarenle. sur l'Acropole, une statue colossale en bronze, signée de Lysippe, représentant Héraclès assis. Quand les Romains prirent la ville, Fabius

Page 1