HERMÈS ATTACHANT SA SANDALE
.Musée du Louvre.)
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clientèle romaine, les chefs-d'œuvre des maîtres helléniques. L'original copié par Glyeon était de Lysippe, cela n'est pas douteux. Une autre réplique conservée au palais Pilli. à Florence, porte en effet une inscription dont l'authenticité n'est plus contestée et qui désigne la statue comme « l'œuvre de Lysippe ». Une troisième se trouve au musée des Offices. A considérer X Hercule Farnèse, on éprouve quelque inquiétude sur l'exactitude de la copie. Faut-il mettre au compte du maître sicyonien ces formes boursouflées, cette musculature exagérée, ces redondances de style qui trahissent la convention, et nous empêchent de ressentir une émotion sincère ? Nous ne le croyons pas. Le copiste a certainement forcé l'effet et fait de fâcheuses concessions au goût italien. Il est douteux d'ailleurs que la réplique du palais Pitti, avec son modelé plus mou, sa tète d'un type un peu différent, soit plus voisine de l'original. Pour s'en rapprocher, il faut considérer plutôt la copie des Offices, plus simple et moins prétentieuse, ou encore un petit bronze du Louvre, réplique assurémenl très libre, mais de proportions plus mesurées que le colosse Farnèse (fig. 19).
Pour prendre une idée exacte de l'œuvre de Lysippe, il ne suffit pas de considérer l'ensemble de la figure. L'artiste ne s'était pas borné à exécuter un de ces morceaux de statuaire athlétique où il excellait. Il avait fail plus : par l'expression du visage, il avait imprimé à la figure du héros un caractère pathétique. Il nous importerai! donc beaucoup de posséder une bonne réplique de la tête, où
s'accusait fortement la conception du maître. Celle de la statue napolitaine ne mérite qu'une confiance médiocre. Une tête provenant de la collection du sculpteur Steinliaeuser, conservée au musée de Bàle, esl d'un travail plus simple. Mais nous préférons encore une belle tête en marbre du Musée britannique, trouvée au pied du Vésuve (fîg. 20). Elle nous paraît 1res supérieure à la tête de Bàle, el trahit une exécution excellente. Ce front au modèle tourmenté, sillonne (Tune ride profonde, ce regard pensif et fixe, qui semble suivre obstinément une vision intérieure, ces joues creusées et comme martelées, celle bouche enlr'ouverle pour laisser passer le souffle de la poitrine lassée, tout cela compose une physionomie (Tune grandeur tragique et douloureuse; tout cela dit avec une singulière éloquence le fatalisme qui pèse sur le héros, la fatigue qui suit les durs travaux accomplis sans relâche, le mélancolique espoir du repos définitif. Nous en savons assez, dès lors, pour comprendre à quelle haute conception Lysippe s'était élevé, et quelle intensité de sentiment il avait su faire passer dans ce corps athlétique. Assurément, d'autres, avant lui, avaient traité ce thème du repos d'Héraclès. Mais il appartenait au maître bronzier de renouveler le sujet, en donnant à la ligure du héros cet accent pathétique, en faisant éclater ce contraste saisissant entre la vigueur physique et la lassitude morale. 11 n'est point exagéré d'affirmer qu'il y a là un trait de parenté commun au génie de Lysippe et à celui de Michel-Ange.
il. — Héraclès terrassant un cerf (Statuette de bronze).
(Musée de Païenne.)
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Œuvres diverses. (suite). — La question du type féminin de Lysip|»f. — Les portraits. — Le réalisme dans le portrait el l'invention du moulage par Lysistratos. — Lysippe animalier.
Un fait très digne d'attention, c'est le petit nombre de figures de femmes que les textes attribuent à Lysippe. Les renseignements littéraires que nous possédons sont-ils incomplets sur ce point? Ou bien le maître sicyonien a-t-il vraiment réservé ses prédilections pour les types virils? Il est difficile de trancher la question, encore que la seconde hypothèse soit fort admissible. Toujours est-il que la lisle des figures féminines mentionnées par les textes est très courte : un groupe de Muses exécuté pour un temple de Mégare, et dont on possède peut-être la base, si c'est bien celle qui a été découverte à Mégare en 1885, avec la signature de Lysippe et une dédicace de Théraménès ; un portrait de la poétesse Praxilla ; une joueuse de flûte ivre, sans doute une Ménade, qu'on a proposé de retrouver dans une statue du musée de Berlin ; enfin une Artémis à Sycione, dont l'attribution à Lysippe reste douteuse.
Où chercher, parmi tant de statues qui peuplent nos musées et attendent encore une identification, celles qui pourraient nous faire connaître le type féminin de Lysippe? M. S. Reinach s'est livré à cette enquête, et il a désigne', comme des œuvres lysippéennes, deux tètes de Dresde4 et de Rome, sur lesquelles nous n'insisterons pas, et surtout
Jes trois figures drapées découvertes au xytii' siècle à He.rculanum, dans les fouilles du prince d'Elbeuf, el acquises pour l'Augusteum de Dresde. Ce seraient des copies des Muses de Mégare. La plus grande des trois, celle qui esl connue sous le nom de la « Grande Herculanaise », nous conserverait la figure deMnémosyne, mère des Muses, qui ne devait pas manquer dans le groupe de Lysippe (fig. 21). Assurément ces figures nous offrent des types qui ont joui d'une grande vogue dans l'art hellénistique et romain. De nombreuses statues-portraits reproduisent la forme particulière de la draperie qui caractérise la « Grande Herculanaise », le manteau ramené sur la tête et le geste de la main droite posée sur la poitrine. Le type de la petite ligure esl devenu également classique. Mais est-ce là une création de Lysippe? M. S. Reinach relève avec justesse certaines analogies, pour la forme du visage, entre la «Grande Herculanaise » et 1 Apoxyoménos . Est-ce une preuve suffisante ? On peut objecter que l'agencement de la draperie est une invention antérieure à Lysippe. Il se retrouve dans une des figures de Muses qui décorent une base sculptée trouvée à Mantinée, œuvre praxitélienne à coup sûr, car (die supportait un groupe de Praxitèle. Lysippe a-t-il repris ce type simplement esquissé par le maître athénien? L' a-t-il l'ail sien, en donnant au jeu de la draperie sa forme el sa valeur définitives? L'hypothèse est séduisante; elle mérite attention; est-il permis de dire qu'elle n esl pas démontrée ?
Outre les images d'Alexandre, Lysippe a signé lui cer-