STATUE DE SISYPHOS II
(Musée de Delphes.)
saliens, tétrarques, dynastes, vainqueurs couronnés aux grands jeux, sont représentés tantôt avec la nudité héroïque, nue draperie jetée sur l'épaule, tantôt vêtus d'une tunique, d'autres fois portant le costume national de leur pays, la courte chlamyde faite d'une épaisse étoffe de laine, aux plis rares et épais, et chaussés de sandales à haute tige formant brodequins. Seul Agias est complètement nu. Un bon ('lai de conservation, de rares qualités de style faisaient déjà de la statue d'Agias le morceau le plus remarquable du groupe (fig. 1 ). Une découverte plus récente, faite non plus sur un champ de fouilles, mais dans les papiers d'un voyageur érudit, lui assure désormais une importance capitale. Nous savons maintenant qu'il faut y ajouter une signature, celle de Lysippe. Voici comment. Sur la base, au-dessous de la statue d'Agias, était gravée une inscription qui mentionnait sa victoire. Or, en dépouillant le journal de voyage d'un archéologue du siècle dernier, Stackelberg, un savant allemand, M. Preuner, y a trouvé le texte d'une inscription copiée à Pharsale par Stackelberg en 1811. Elle est identique à celle de Delphes; mais elle contient en outre la mention suivante : « Lysippe de Sicyone a fait ». Dès lors on est conduit, en toute certitude, aux conclusions suivantes. Il y avait à Pharsale un autre monument honorifique, consacré par Daochos, et semblable au monument de Delphes. La statue d'Agias y trouvait également sa place: mais cette fois c'était un bronze signé de Lysippe. Donc le groupe original était à Pharsale, et non point a Delphes. Le grand sanctuaire d'Apollon ne possédait que des copies
en marbre des bronzes pharsaliens, el elles n étaient point signées, étant l'œuvre de praticiens qui les avaient exécutées pour Daoelios, deux ou trois ans après la consécration des originaux. U Agios de Delphes, qui reproduit celui de Pharsale, n'est donc poinl de la main de Lysippe, qui, ayant pende goût pour le travail du marbre, a dû en confler l'exécution à un sculpteur de son atelier. Tout au moins possédons-nous une copie très fidèle d une de ses œuvres, laite de son vivant, sous sa direction, nous dirions volontiers sous ses veux.
Nous pouvons dès lois, en toute sécurité, examiner le marbre qui occupe au musée de Delphes une place d'honneur. Ce nés! point un portrait. Agias vivait au \' siècle, el Lysippe n'a pu exécuter du Thessalien qu'une image conventionnelle. Il en a l'ait très résolument le type idéal de I athlète. Le personnage est représenté au repos, les bras loinhanl avec aisance le long du corps, la jambe gauche légèrement fléchie, la tète un peu relevée; altitude à la lois tranquille et vivante, qui met en évidence des lignes harmonieuses, l'ail valoir la largeur puissante de la poitrine, et ressortir l'élégance robuste des formes. Dans sa fine étude sur la statue de Delphes. M. Jlomolle remarque justement (pic la rupture avec les traditions de Polyclète est un l'ail accompli. Si le rythme « a son origine dans l'invention polyclétéenne de la jambe portante »). combien il est ici assoupli el comme détendu ! Rien non plus ne subsiste de la conception presque géométrique de la forme chère au maître d'Argos. «La figure donne