‹ LysippeChapitre 5 sur 20 · TÊTE D'ALEXANDRE · texte numérisé non relu

TÊTE D'ALEXANDRE

(Collection du duc de Devonshire, Chatsworlh House.)

(Extrait du Journal of Ilellenic Studies.)

LYSIPPE. 3.i

du marbre dans la copie d'un bronze, niais qui gâtent les

contours de la silhouette. Le sujel esl de ceux qui s'offraient quotidiennement à l'œil du sculpteur dans les palestres, et il a été plus d'une fois traité par la statuaire, témoin le beau bronze trouvé dans les ruinas de l'Éphèse romaine par une mission de savants autrichiens. L'athlète de Lysippe, un jeune homme aux formes à la fois sveltes et robustes, vient de se livrer à un exercice violent. Il s'est plongé dans la piscine, s'est remis aux mains du baigneur pour recevoir une lotion d'huile, et maintenant il promène sur ses membres la lame courbe du strigile qui sèche et assouplit la peau. Debout dans une attitude aisée, le poids du corps portant sur la jambe gauche, il tend le bras droit en avant pour que la lame de bronze y puisse courir librement. Ce n'est plus le rythme si harmonieusement simple de YAgias. Ici, un mouvement très accusé, représentant à coup sûr une innovation méditée, projette le bras droit dans le vide et détermine une silhouette hardie. Ajoutez que. dans celle ligure où les bras sont en action, la musculature du torse se présente sous un aspect plus compliqué que dans une statue au repos; et ce jeu des muscles est ici étudié avec un singulier souci de la vérité. Par suite, peu de statues offrent un modelé plus varié suivant le point de vue où se place le spectateur; nous reconnaissons là un des caractères essentiels du style de Lysippe que nous avait déjà révélé YAgias.

La tête de YApoxyoménos n'est pas moins instructive (fig. 6). En l'étudiant dans son Recueil de tètes antiques,

M. S. Reinach v relève avec raison, comme des traits dis-

tinctifs, « la silhouette carrée, osseuse, massive de la

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