‹ LysippeChapitre 7 sur 20 · TETE D ALEXANDRE · texte numérisé non relu

TETE D ALEXANDRE

(Musée du Capitole, Rome.)

LYS1PPE. 43

tnultiplienl des portraits qu'il faul examiner avec une cri tique défiante, car parfois ils n'ont de commun avec les effigies du roi de Macédoine qu'une lointaine ressemblance.

Dans celle niasse de documents, M. Schreiber s'est efforce de distinguer les types qui sont, pour ainsi dire, les incunables d'où dérivent tant de variantes. 11 faut, pour cela, remonter jusqu'aux œuvres qui nous conservent les copies de portraits exécutés du vivant d'Alexandre, ou peu de temps après sa mort. Il y a eu certainement un type attique, celui de Léocharès. Peut-être faut-il le reconnaître dans la belle tête en marbre de Chatsworth House, œuvre élégante et correcte, dont M. Furtwaengler a fait le premier ressortir l'intérêt (fig. 7). H y a eu un type créé par les sculpteurs d'Alexandrie, témoin le buste du British Muséum, et la tète de la collection Sieglin. 11 y a eu une statue célèbre, signée de Charès de Lindos, élève de Lvsippe. C'est sans doute celle qui a servi de prototype à l'Alexandre Hélios de la collection Barraeco, et à celui du Musée Capitolin (fig. 8). Où chercher le souvenir des portraits de Lysippe, les seuls, nous l'avons dit, qui fussent vraiment des images officielles?

On s'accorde aujourd'hui à considérer comme une copie assez fidèle d'un original de Lysippe un buste de marbre en forme d'hermès appartenant au musée du Louvre (fig. 9). Le chevalier Azara le découvrit en 1779 près de Tivoli, et, en vendémiaire an XII, le donna au premier consul Bonaparte. En 1804, l'Empereur l'attribua au Musée Napoléon. Sur la base, on lit une inscription grecque maladroite-

m, -ni retouchée par une main moderne, niais dont I authenticité es! hors de doute : « Alexandre, fils de Philippe, macédonien ». Le portrait esl donc identifié sans contestation possible. Rappelons-nous les particularités du type d'Alexandre signalées par Plutarque ; nous les retrouvons dans le buste du Louvre. Le cou esl légèrement fléchi sur l'épaule gauche; la chevelure, serrée par un lien, tomhe sur les tempes cl sur la nuque en boucles nettement détaillées, élargissant la partie supérieure du visage. Surtout, ce qui ajoute bien à la physionomie un accenl particulier de vigueur el d'énergie, ce sont ces boucles drues cl «'paisses qui se dressent surlefronl cl en laissent voir toute l'ampleur; voilà bien le caractère « léonin » dont parle l'écrivain grec, cl que Lysippe avait su rendre si heureusement. Les veux sont noyés d'ombre, sous l'arcade sourcilière proéminente. La bouche esl d'un dessin pur cl ferme. Une certaine dissymétrie dans la forme du crâne, dans les traits du visage, dans Ja structure du cou. permet de penser que le modèle (Mail une œuvre exécutée d'après nature. C'est nue image fidèle, niais dont il ne faudrait pas. cependant, nous exagérer le réalisme, Lysippe travaillant à une époque où l'art grec ne conçoit pas la vérité sans la beauté. Et il s'agit ici d'un portrait royal. .Enfin, l'exécution de la chevelure, nette el précise, indique que l'original était un bronze, en même temps que Je modelé nerveux atteste l'exactitude de la copie. Comparez d'ailleurs le buste du Louvre à la têtede Chatsworthllouse, considérée par plusieurs érudits, el non sans raison.

Cliché Giraudon.

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