‹ LysippeChapitre 8 sur 20 · BUSTE D1 ALEXANDRE EN FORME D' HERMÈS · texte numérisé non relu

BUSTE D1 ALEXANDRE EN FORME D' HERMÈS

(Musée du Louvre.)

comme la réplique d'une œuvre de l'Athénien Léocharès; vous mesurerez facilement toute la distance qui sépare un portrait authentique d'une image idéalisée. Les traits froidement régularisés, le galbe du visage trop arrondi, la chevelure amplifiée et élargie à l'excès, couronnant le front d'une masse épaisse et haute, tout cela témoigne que l'artiste travaille de seconde main, idéalise et vise à la noblesse du style, plutôt qu'a la vérité.

Possédons-nous, soif dans les musées, soit dans les collections particulières, d'autres bustes dérivant d'un original de Lysippe? Il serait fort séduisant de reconnaître, avec M. Schreiber, un portrait lysippéen d'Alexandre jeune dans une petite tête trouvée en Egypte, et conservée au musée d'Alexandrie. C'est un Alexandre encore adolescent, à la chevelure abondante et bouclée. Le type juvénile paraît assez accusé pour que Fou ne soil pas tenté de voir ici une réplique de Thermes du Louvre. Par malheur, le travail, trop sommaire, échappe un peu à une analyse minutieuse. L'identification proposée n'a que la valeur d'une hypothèse.

11 appartenait à Lysippe de réaliser l'image officielle que le conquérant de l'Asie voulait léguer à la postérité. Il l'avait fait en exécutant une statue célèbre, celle que mentionne Plutarque dans son traité Sur le courage ou la vertu d'Alexandre: « Lysippus ayant moulé la première statue d'Alexandre la face tournée vers le ciel, comme luy-mesme Alexandre avoit accoutumé de reguarder, tournant un petit le col, il y eut quelqu'un qui y

meil ceste inscription qui n'a pas maulvaise grâce :

Ce bronze estant d'Alexandre l'image Jectant à-mont les youlx et le visage, A Jupiter semble dire : Pour toy Retiens le ciel, car la /erre est />our moy. »

L'épigramme à laquelle l'écrivain grec emprunte deux vers, el <{ u i esl d'Archélaos ou d'Asklépiadès, ne traduil qu'une impression, celle de majesté impérieuse el de puissance dominatrice <|iii se dégageai de l'ensemble. Plutarque ajoute des détails plus précis : la direction du regard levé vers le ciel, l'inclinaison de la tête. Ailleurs encore, il raconte une anecdote d'où il ressort qu'Alexandre s'appuyail sur sa lance. Dans un portrait qui avait sans doute le même caractère officiel que celui de Lysippe, Apelle avait figuré le roi tenant à la main un foudre: c'étail une œuvre célèbre, que les Ephésiens avaient acquise à prix d'or, el conservaient dans le temple d'Artémis. Or. Lysippe blâmait le peintre d'avoir choisi cet attribut et prêté à son modèle l'arme de Zeus. Pour lui. affirmait-il, il avait été beaucoup mieux inspiré en représentant un Alexandre Doryphore, car le roi avait conquis par la lance « une gloire ((lie le temps ne pouvait abolir. qui ('tait vraie, et bien à lui ». (les témoignages nous aident à restituer la statue dans ses t mil s les plus généraux. Au vainqueur de l'Asie, Lysippe avait donné, non point seulement la majesté royale, mais la physionomie d un héros surhumain, déjà divinise', égalé aux dieux. Appuyé sur sa lance qui avait lait trembler tout l'Orient,

Clirli.'- r.irnudi.n.

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