NOIRES
salabaccha. — Esclaves, qu'on apporte des torohes et qu'on les reconduise chez eux, en les soutenant sous le bras, sans quoi ils vont choir comme des Silènes.
clysthène. — Ah! Circé, tu les as changés en pourceaux.
Les esclaves apportent les torches.
lycon. — Allons! Acestor, Théorus, Dercyle, Cynésias, étranglons de nos propres mains ces chiennes immondes.
théokls et dercyle. — Oui, oui, étranglons-les.
cynésias. — Egorgeons-les, comme des génisses destinées au sacrifice.
salabaccha. — Ecoutez-les... ils veulent nous égorger, tout simplement.
philinna. — Si on se laisse faire.
cynnah. — Très peu pour moi.
myrtale. — On est là!
glycère. — Et comment !
salabaccha. — Philinna, Cynnah, Glycère, Mystale, prenez chacune une torche, et, s'ils approchent, brûlons-les vifs.
philinna. — C'est ça, mettons le feu à leurs tuniques.
lycon. — As-tu fini de croasser, vieille corneille.
Philinna poursuit avec sa torche Lycon qui s'enfuit.
cynnah, poursuivant Acestor. — Oh! oh!
tu n'aimes' pas la chaleur.
myrtale, poursuivant Théorus. — At> tends, toi, je vais te roussir les oheveux.
glycère, poursuivant Dercyle. — Et toi, tu vas flamber comme un peuplier frappé par la foudre.
Et quand les soldats sont partis
salabaccha. — Assez, mes amies. Déjà, une odeur de bouc grillé me prend à la gorge. Epargnons-les, et qu'ils aillent dire aux antres Athéniens comment les courtisanes tiennent leur serment.
LYSISTRATA. — Ah ! ru vois, le châtiment ne s'est pas fait longtemps attendre.