NICOSTRATE
Loin des guerres, amis, et des combats sanglants,
Ce que j'aime, c'est de faire cuire des glands
De hêtre ou des châtaignes brunes sous la cendre.
Mais voici qu'il fait soif : ma femme va descendre
A la cave; profitons-en... dépêchons-nous !
Je prends la Thrace aux yeux brillants sur mes genoux.
Chut!... on monte... Et, sur la peau fraîche de la Thrace
De mes rudes baisers, on voit encor la trace.
Non, rien n'est plus charmant, après les longs hivers,
Et lorsque dans nos champs, la pluie aux cheveux verts
De ses pleurs bienfaisants féconde nos semences,
Que de causer avec des gens de connaissance,
D'échanger avec eux des propos bien portants.
Dis-moi, Comarchydès, comment passer le temps?
Lorsque la terre boit, ami, cela m'altère,
Buvons, pendant que le ciel arrose la terre
En l'honneur du dieu qui protège nos moissons,
Manès, fait cuire la grive et les deux pin&.TS,
Et, dans la sauce, mets du thym contre la fièvre!
Il y avait aussi quatre monceaux de lièvre;
Ils doivent être à la cave avec le caillé,
A moins que, cette nuit, le chat n'en ait volé...
Mais s'ils y sont tous les quatre, comme j'espère,
Esclave, sers-m'en trois; donne l'autre à mon père.
0 Paix, Déesse, qui nous donnes les raisins, Tu sens le vin nouveau, les ruches, les essaims, Les fruits lourds, les parfums légers, les douces flûtes, Les chansons, les festins, les poétiques luttes; Tu sens l'amour! Salut. Déesse aux seins charmants, Tu a la source fraîche et le pain de froment. Lalcureurs, retournez à vos champs, sans épée ; Et cultivez la terre, et qu'elle soit trempée. De fécondes sueurs et non de sang cruel. Chantez, chantez la Paix, et demandez au rie/ De ne pas être un peuple avide de conquêtes : Soyez le peuple couronné de violettes. Vos jeunes filles tout à l'heure vont danser, Pui*. que chacun de vous, joyeux, aille embrasser, En l'honneur de la bonne et fertile déesse, Les oliviers qu il a fiantes dans sa jeunesse.