MM
JouBERT, actuellement inspecteur général de TUniversitô impériale, mon ami depuis trente ans. J'ai eu plusieurs fois Thonneur de parler de lui à Sa Majesté.
r^OEL, actueiiemenl inspecteur général do rUniversiié.
Ambr. Rendu, idem,
GuENEAU DE MussY, idem,
Bâllând, idem. Ancien supérieur de Béthune, Tune des principales maisons de l'Oratoire. M. Ballaud a été mon professeur de rhétorique.
Dêchampeaux, actuellement inspecteur général de TUniverâité.
Despeaux, idem,
ViLLAR, idew.
De CoiFFiER, idem.
Roger, aujourd'hui membre du Corps législatif. Il avait auparavant travaillé dans les bureaux de l'instruction publique pendant sept années. Son expérience, son zèle et son activité m'ont déjà été fort utiles. Il s'est dévoué aux intérêts de l'Université impériale dès son origine ; et chaque jour confirme l'exactitude des premières impressions qu'il m'a données.
Thouret, doyen de la Faculté de médecine de Paris. J'avais déjà eu l'honneur de le présenter à Sa Majesté pour l'une des places de conseillers titulaires.
Dfi Langeac, chef de mon secrétariat général. J'ai aveo lui d'anciennes liaisons d'étude et d'amitié. Il s'est occupé de littérature toute sa vie. Il connaît très-
i Inslrucllons verbales données par rEmpereur â M. de Fontanes et recueillies par M. Rendu.
bien les hommes. Sous tous les rapports, il peut rendre de grands services. Mais j'ajoute qu'il me paraît convenable de placer au conseil le chef de bureau qui doit imprimer le mouvement à toute l'administration , et où aboutissent tous les faits. Il portera dans les discussions les connaissances -qu'il acquiert chaque jour , et il y recueillera les motifs des décisions qu'il faut faire exécuter.
GuiEu, membre de la Cour de cassation , secrétaire des commandements de Son Altesse impériale Madame.
Chabot (de l'Allier) y inspecteur général de l'Université impériale pour les Facultés de droit.
Certifié conforme : Le ministre secrétaire d'État,
Signé : Hugues B. Marbt.
Pour être annexé au rapport du ministre de l'intérieur. Approuvé par S. M. le\S novembre 1809.
Ainsi complété, le conseil fut aussitôt partagé en cinq sections entre lesquelles furent répartis tous les membres. Cette répartition eut lieu de la manière suivante :
piiEMiÈRE SECTION. — État et perfectionnement des études.
MM. Cuvier, président; de Jussieu, Legendre, DelamaUe, Desrenaudes, Rendu, Thouret, Noël, Gueneau de Mussy.
DEUXIÈME SECTION. — Administration et police.
MM. Gueroult, président ;Emery, Arnault, Despaulx, Balland» daChampeaux, Koger, Gueneau, Joubert, de Coiffier, Noël.
TROisiÈifR SECTION. — Comptabilité,
MM. Legendre, président: Desrenaudes, Chabot, Thouret, Guieu, Villar, Roger, de Coiffier.
Quatrième section. — Contentieux.
MM. Delamalle, président; de Nougaréde, Rendu, Guieu, Chabot, de Langeac.
CINQUIÈME section. — Affaires du sceau.
MM. de Nougaréde, président; de Bausset, Ëmery, Villar, Despaulx, de Champeaux.
En même temps que le conseil impérial commençait ses travaux, rOniversité prenait possession des attributions administratives qui, jusqu'alors, avaient appartenu au ministère de Tintérieur. Le 30 décembre 1808 eut lieu la remise des pièces et documents dont celui-ci avait à se dessaisir. Pour procéder h cette opération qui mettait fin, par un fait sensible, à une juridiction que « le conseiller d'État, directeur de l'instruction publique, » Fourcroy, exerçait depuis 1802, le ministre de l'intérieur, M. de Champa-
gny, délégua le chef de son secrétariat général, M. Fauchât. Le grand maître, de son côté, délégua M. Rendu. /^
Cette remise de pièces fut accomplie dans la forme authentique. Procès-verbal en fut dressé par les représentants du ministre et du grand maître.
Le savant k qui l'Empereur avait préféré, pour la direction de l'Université, un littérateur homme d'État, Fourcroy ne se résigna qu'à grand'peine à laisser échapper la direction de la belle institution dont ses efforts , stimulés par un espoir qui lui échappait, avaient, avec une persévérance active, préparé l'avènement.
Dans ipe pensée qu'on ne s'explique pas, il désira garder, et garda en effet jusqu'à sa mort, quelques attributions secondaires. Ces attributions se composaient de la préparation des listes de présentation à l'Empereur des candidats aux bourses du gouvernement dans les lycées, et de l'inspection de quelques établissements dépendant immédiatement du ministère de Tintérieur, tels que le Conservatoire de musique.
Mais la cruelle déception devint pour Fourcroy une douleur mortelle. Au mois de décembre 1809, il fut frappé d'une apoplexie foudroyante, au moment où il signait la correspondance qui lui était soumise. Le ministère de l'intérieur proposa à l'Empereur de « ne pas renvoyer le travail de son bureau à l'Université. »
Ainsi fut-il décidé; les Archives de l'Empire conservent Va lettre par laquelle M. de Fontanes accuse réception à M. de Montalivet de l'arrêté prescrivant que « le bureau de M. Fourcroy sera provisoirement réuni à l'intérieur. » (Lettre du 2 janvier 1809.)
La question de l'instraction primaire. — LUnstmction primaire sons la Convention.— Le premier consul à Malte. — Loi de 4 802. — Fondation des écoles normales. — Mission de Cuvier en Allemagne. — Décret ayant pour but d'assurer les résultats de cette mission. — Décret du 27 avril 4815. — Action de M. Rendu sur l'instruction primaire d^fi celte première période.
L'éducation populaire, qui plus tard devait être confiée à M. Rendu, au sein du conseil de l'instruction publique, comme un domaine réservé, fut, dès la fondation de l'Université, l'objet de son intérêt spécial.
A toutes les époques, la question de l'instruction primaire s'est imposée aux esprits élevés, et a sollicité l'attention des hommes d'Ëtat. « De 1789 à 1832, elle préoccupe tous les hommes qui gouvernent ou aspirent à gouverner la France. Quand elle s'éclipse un moment, c'est devant d'autres préoccupations plus pressantes, et elle ne tarde pas à reparaître*. »
Le jour où, conduisant la lutte de la civilisation contre la barbarie, l'Église et l'État, au nom du salut social , déclaraient leur alliance, et signaient le concordat, ce jour-là, la question de l'instruction primaire en France était nécessairement posée dans des termes nouveaux. Le premier devoir d'une société qui se relève , le plus pressant intérêt des gouvernements qui se fondent, c'est de faire la guerre aux doctrines perverses qui, menaçant les seconds, ébranlent en même temps la première. Or, on fait la guerre aux doctrines de deux façons : par la force premièrement, quand de la sphère abstraite la lutte est passée dans les actes, et que l'épée appelle l'épée; ensuite et surtout par l'enseignement. C'est peu d'avoir mis le pied sur la gorge de l'ennemi, si la victoire d'aujourd'hui ne crée la sécurité de demain : « Savez-vous, disait un jour