‹ M. Ambroise Rendu et l'Université de FranceChapitre 15 sur 38 · ConTenation avec M. de Fontanes, du 49 septembre · texte numérisé non relu

ConTenation avec M. de Fontanes, du 49 septembre

grand homme. La pensée qui, sur le rocher de Malte, sous le feu des canons anglais et presque en vue des Pyramides, a pu s'emparer de l'esprit du général^ n'abandonnera pas le souverain. Aux diverses époques de sa vie, on en retrouve l'impérissable empreinte.

Nous sommes en 1802. Bonaparte est premier consul. Il s'agit de relever les ruines qu'a entassées la terreur. Avec les ci-ctevant presbytères, selon l'expression du décret du 27 brumaire an IV, ont disparu les écoles que la main de l'Église y avait de tout temps annexées, et où les enfants du peuple apprenaient la lecture, l'écriture, le calcul, et même quelque peu de latin. La Convention s'est épuisée en vains efforts pour combler le vide qui s'est fait tout à coup dans le système d'éducation populaire. Les utopies copiées de Sparte et de Rome se sont écroulées au souffla de la réalité. Le sol français est une table rase : « Les enfants, disent les conseils généraux, sont livrés à l'oisiveté la plus dangereuse, au vagabondage le plus alarmant ; ils sont sans idée de la divinité, sans notions du juste et de l'injuste. » Sous peine de retourner à l'état sauvage, il faut tenter de refaire en un jour l'œuvre des siècles; le premier consul promulgue la loi du 11 floréal an x (!«• mai 1802).

(( ESrayé de la nullité des écoles primaires et des suites que doit amener un état de choses qui laisse une grande partie de la génération dénuée des premières cannaissances indispensables pour communiquer avec celles qui la précèdent et celles qui doivent la suivre, il a senti que la réorganisation de ces écoles était un des besoins les plus urgents ^ 9 La Convention avait rendu l'établissement des écoles impraticable en voulant les multiplier outre mesure ; le premier consul revient à la saine appréciation des faits en décidant que plusieurs communes pourront être réunies pour l'enseignement. La Convention faisait nommer les instituteurs par le peuple, c'est-^-dire qu'elle en remettait le choix au hasard; le premier consul investit du droit de nomination les municipalités de chaque commune. La Convention avait confié au conseU de C administration du district, corps irresponsable, la surveillance et la direction des écoles ; le premier consul la remet à

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