Ibid,^ ehap. De la fille Napoléone
sent^, il éleva ce monstrueux édifice comme un monument de sa haine pour les générations futures, et sembla vouloir ravir au gi^nre humain l'espérance même^ » Ne posait-on pas pieusement cette question : « Que pouvait devenir une nation que son gouver- Qpmçpt plaçait entr@ yne ignorance absolue et la plus hideuse dépravation; où Ton épiait la naissance de Tenfant pour se hâter de U corrompre; pour lui apprendre, dès le berceau,^ à bégayer le blasphèfne et k abjurer le Pjeu que son intelligence ne concevait pas encore*? »
Tous ces pamphlets n'étaient que des attaques d'avant-poste et pomme les coups de feu d0 tirailleurs, La bataille se livra dans la Chambre des députés, le 31 janvier 1816. Le parti engagea l'affaire ep lançapt en avant un député dans le départenaent duquel ne se tjrpuyillent ni Faculté, ni lypée, ni conseil académique, ni admir pistration reçlorale, et qui, dans une ignorance absolu^ de tout ce qu'il devait attaquer était naerveilleusenient proprq à devenir l'organe de déclamations sans critique. Fidèle exécuteur de sa consigne, M. Murardde Saint-Romain développa une proposition aui^ termes de laquelle la Commission l'instruction publique était supprjipée, et tous les établissements d'instruction placés sous 1^ direction et la surveillance immédiate des évéques.
Quelle réaction formidable contre l'Église, désastrepse conséqupinment ppur le§ ipti^rêts moraux dii pays, eût produite l'adoption d'nn tpl système, on peut le penser. Tout entière à la passion, la fp^jojrifé de la Chambre pe semblait point s'en préoccuper j étrangère au^ éléments mémps de la question, acceptant comme articles de foi Ips affirmations de l'aventureux député, elle prit en considération la proposition de M. de Saipt-Romain.
Grand était le péril. M. Rendu le sentit dans sa conscience de citpyen pt^e chrétien. Tout ce qu'une ardente conviction pouvait inspirer au talenf, il le fit pour conjurer la menace. Le discours de M. de Saint-Romain avait été publié le 3 février; dès Ip surlen-
•I. De VOniyfirsité impériale,
2. Ibid, H serait fastidieux de citer tous les pamphlets de cette époque. Mentionnons encore toutefois, le Mémoire sur VUniversité^ où l'on prouve doctement : que V organisation de V Université répugne a toup principe moral; que |e système de V Université ne peut se concilier avec un enseignement catholique ; que l'administration de V Université est contraire aux premières notions <|e I'equitÉ n^I'i^^ij^lle. de l'HpwNEUR, et de la décknce.
demain, les Observations sur les développements présentés q la Cham-* bre étaient distribuées à tous les membres de la législature. Trois semaines ^près paraissait le Premier supplément aux observations^ puis au mois de mai le Second supplément^ ou Système de VUniver" site de France^.
L'effet produit par la première de ces brochures Ait très-grand. Tous les membres de l'Université présents à Paris, vinrent s'inscrire chez M. Rendu. La Commission de l'instruction publique, sur la proposition de son président, M. Royer-Collard", vota l'acquisition d'un nombre considérable d'exemplaires, qui furent adressés à tous les membres du conseil d'État; et M. de Fontanes, qui de la retraite où l'avaient poursuivi d'ineptes pamphlets, observait avec un intérêt doublement paternel les péripéties de la lutte, écrivait au champion de l'Université :
a Je vous ai lu, et quoique vous ayex raisor^, j§ vous prédis qu'on adoptera vos conclusions. Votre zèle est infatigable. Justum et tenacem propositi t?^'rumj etc.^ etc. Vous êtes cet homme-là. Les clameurs des gens de parti ne tous font point reculer; vous êtes plus fort qu'eux tous en logique jBt eji style; et quand ils injurient sans esprit, vous les terrassez ayec politesse. J'estime votre courage autant que j'aime votre personne. Je me félicite tous les jours d'avpii deviné, il y a près de vingt années, votre mérite naissant : plus il crott. et moins il m'étonne j je m'y attendais.
« Recevez, mon cher enfant, |a nouvelle assurafice de mon tendi-je attachement.