‹ M. Ambroise Rendu et l'Université de FranceChapitre 22 sur 38 · Le 4 i janvier · texte numérisé non relu

Le 4 i janvier

devoir d'en assurer et d'en surveiller le recouvrement ; enfin nous savons jusqu'à quel point elle a servi de prétexte pour calomnier une institution respectable.

<c Le gouvernement y en se chargeant de cette dépense, délivrera les chefs de l'instruction publique d'une administration financière qui les détournerait jusqu'à un certain point des pensées bien plus nobles et bien plus utiles qui doivent occuper leur zèle et leur attention.

a Je soumets ces observations à votre excellent esprit, en vous priant d'agréer l'expression bien sincère de tous les sentiments d'estime, de confiance et d'attachement que je vous ai voués depuis bien des années. »

En dehors de ces questions spéciales, l'Université continuait à être attaquée avec fureur. On avait perdu l'espoir de la détruire par les armes légales; on n'en travaillait que plus ardemment à la ruiner, comme on disait dans un certain camp, dans la considération des gens de bien. C'était le moment où un grand esprit faux, habitué, dès celte époque, à transformer ses antipathies en sentiments de haine étroite, et ses jugements absolus en anathèmes; toujours prêt d'ailleurs à entasser sur le fondement mal assis de sa logique aveugle des raisonnements qui se perdaient dans le vide et n'aboutissaient qu'à l'impossible, où l'abbé de Lamennais s'élançait a l'un des extrêmes de ce monde moral et politique dont il devait, hélas I visiter tous les horizons. Un tel homme était un auxiliaire précieux pour le parti de la destruction. On obtint de ce génie toujours prêt k l'emphase deux brochures d'accusation et d'invectives. On y lisait que la France, sous le régime universitaire, était « une nation à qui on pourrait vendre Dieu; » que l'on contraignait, « sous peine d'ignorance, d'acheter l'athéisme, le mépris des devoirs, le crime même, etc., etc.* » A des pamphlets de celte nature, au feu croisé du Génie de la Révolvr tioUy du Conservateur et de la Minerve^ M. Rendu répondit, sans se départir du calme qui fait seul les discussions fécondes, par l'ouvrage intitulé : Essai sur l'instruction publique et 'particulièrement sur Vinstruction primaire '.

« Comme l'esprit moral et religieux qui avait guidé les chefs de l'Université depuis son institution, disait sans s'émouvoir l'infatigable publiciste, avait été franc et généreux sous Bonaparte, il est resté raisonnable et sincère sous Louis XVIIÏ.

ce On a retrouvé dans tous les actes de la Commission de l'instruction publique le langage et les intentions du grand maître et du conseil dont elle a re-

1 . De l'éducation comparée dans ses rapports avec la liberté.

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