Essai sur Vinstruetion publique , etc., U III, p
est et sera toujours une nation catholique : mais elle renferme plusieurs milliers de citoyens qui suivent d'autres cultes ; et totit en conservant ses antiques traditions f son vieux respect^ son inaltérable attachement à la foi catholique, qui fut toujours une si grande partie de sa gloire au dedans et au dehors, elle veut que les autres cultes soient, tout autant que le culte de la nlajdrité des Français, exercés, pratiqués, enseignés librement. Assurer ce libre exercice, cette libre pratique, ce libre enseignement, c'est le devoir du gouvernement et des magistrats, c'est aussi le devoir de PUniverslté.
ne Qu'on ne prétende pas qu'il y a dans cette vigilance universelle du corps enseignant, étendue à des cultes différents et contraires, tout un système d'indifférence et par conséquent d'incrédulité. Que l'on se calme enfin; que l'on se rappelle les enseignemërits dé l'histoire ; que Tbn coiisidère ce qu'aujourd'hui même les plus fervents catholiques désirent pour la Pologne rusâe , si cruellement éprouvée dans sa foi; pour l'Irlande, encore si malheureuse; pour la Chine, encore plongée dans de si épaisses tëhèbrés; pour la Turquie et pour toutes les contrées où le sentiment religieux souffre violence , oppression, persécution, et Von reconnaîtra qu'il y a dans ces lois et dans ces mœurs de la France j qui seront un jour tes lois et les mœurs du genre humain , haute raison, justice et sagesse^ respect pour la dignité de l'homine, réspèbt pour sa plus chère liberté, respect pour le sanctuaire de sa conscience, et, par-dessus tout cela, confiance au Dieu de l'Évangile, confiance en Dieu et en sa sainte Église, . dépositaire éternelle de rëternelle vérité.
« L'Université de France continuera donc d'accomplir dans toute leur étendue les devoirs que lui imposent les lois du pays, ses statuts particuliers et l'esprit général du dix-neuvième siècle, en ce qu'il a de fort, de vrai et d'élevé; et, se conformant à la loi commune de tout ce qui est bon, de tout ce qui est grand, de tout ce qui doit durer, toujours attaquée, toujours militante, elle ira s'affermissant et s'améliorant toujours. »
Pendant que M. Rendu soutenait avec une persévérante sollicitude cette ardente polémique, il né cessait de gërvir ^ai" des actes l'institution qu'il défendait t)ar la plume. Sans parler de ises forifetidns d'inspecteut" gétiéral, il prenait la plus grande pàH (tiotiS y reviendrons) à la célébré ordonnance dii 29 févriet^ 1816, relative à l'enseignement primaire; et en 1817, il recevait la mission d'oicganiser et de présidét* là Commission tjue l'on changeait de contrôtet, à Paris, l'administration dés Collèges royatii*.
Tant de services entraîtiàlëht leur récoinpétise. Eil 1816, l'ànclell collaborateur de PoiHer et de Delamalle, ÈLvatt été appelé âU poste de substitut du prdcUreilr gétiéral prèâ la cOiir frojûle de Patois; ett 1820, il J)rit place' parmi leë metttbres de cette Obrtimission d'instruction publique pour laquelle il avait si Vbillamment cottibattu.
A te moment niéttiei lëd effoirts deë dëfetlâeUrà dé l'Uriivet'Sité
i. LeUre de M. Royer-GoUard à M. Rendu, du 20 mai 4 84 6.
2. Avec M. Poisson et l'abbé Nicolle. {Ordonnance du 22 juillet 4820.)
étaient couronnés d'un succès décisif; et, au grand scandale du parti que ses violences n'avaient pa préserver de la défaite, le roi Louis XVIII « voulant, disait le préambule de l'ordonnance, marquer aux membres de la Commis^^ion de rinsLruct'on publique la satisfaction que nous avons éprouvée de leurs services, » élevait cette Commission au rang de Conseil royal de Vinstruction publia que^. »
L'ordonnance de 1820 décidait qu'un conseiller exercerait c les fonctions de ministère public telles qu'elles sont réglées parle décret du 15 novembre 1811, » et serait, en outre, chargé des affaires de l'instruction primaire.
M. Rendu fut désigné pour cette double mission. Il la remplit sans interruption jusqu'en l'année 1850; avec quelle passion du devoir, quel profit pour l'Université, quel respect religieux des grands intérêts qui lui étaient confiés, le corps enseignant ne l'a pas oublié. Une incroyable activité permit au conseiller-magistrat de faire face à l'immense labeur qui lui était imposé. Ceux qui ont vu de près M. Ptendu savent par quel moyen il parvenait à mener de front, avec des fonctions si diverses, des travaux particuliers considérables, une participation active à toutes les œuvres sincères de propagande religieuse, et une correspondance publique et privée que son amour des détails et sa bienveillance inépuisable étendaient à l'infini. Debout, chaque matin dès trois heures , il avait accompli la tâche d'une journée au moment où d'ordinaire on se met à l'étude ; et un travail de seize heures n'était souvent interrompu, pour lui, que par le temps d'un rapide repas.
Au milieu d'occupations si multipliées il restait pourtant accessible à tous, et recevait avec la même courtoisie le maître d'école, le recteur ou le député. Combien de membres de l'Université gardent aujourd'hui encore dans leur mémoire reconnaissante le souvenir d'un accueil gracieux et d'une parole encourageante qui n'était jamais prononcée en vain ! Combien ont éprouvé k quel point M. Rendu était étranger à cette morgue qui n'est souvent que la ressource de la médiocrité vaniteuse; à quel point il savait