‹ M. Ambroise Rendu et l'Université de FranceChapitre 25 sur 38 · Ordonnance àM 4** novembre · texte numérisé non relu

Ordonnance àM 4** novembre

respecter dans tout fonctionnaire, si humble fût-ii, la dignité d'homme, et surtout celle qui le consacrait à ses yeux, la dignité de chrétien !

Il nous faut maintenant suivre M. Rendu dans son double rôle de magistrat chargé du ministère public devant la suprême juridiction universitaire, et de conseiller spécialement préposé au gouvernement de l'éducation populaire.

Cette étude, il nous est permis de le dire , ne sera point stérile en enseignements. Rappeler les travaux du vénérable doyen de l'Université impériale, au sein du conseil, c'est remettre en lumière les principes de l'ancien droit du corps enseignant, et esquisser l'histoire de l'instruction primaire en France depuis 1816.

H. Rendu chargé du ministère public. — Sa pensée sur les devoirs de l'autorité unitenitaire à regardées flubordonnés. —Son livre de la Jariàietion de VVniversité de Fronce. — Circulaire du 4 9 janvier 4821,-— Un moi sur Vordre légal. — - Hé»' flexions sur quelques parties de notre législation civile. — Le Code tàniversitaire. -^ Sentiments de M. Rendu sur le rôle et les droits du conseil. —Affaire de Sorëze.

Dépositaire des pensées qui présidèrent à la création de TUnîversité, M. Rendu avait une sorte de religieux respect pour la grande institution qui, chargée de surveiller et de diriger le développement moral et intellectuel de la France, devait tenir dans ses mains Vavenir du pays; et ce respect jpour Finstilution se traduisait, dans cette àme toujours pleine d^instincts généreux, en un sentiment d'affectueuse considération, je dirai presque de déférence pour tout homme, quelle que fût sa position hiérarchique, qui était admis à Thonneur de participer à Pœuvre de l'éducation et de l'instruction publiques.

Contemporain et inspirateur des premiers actes qui donnèrent à l'Université son caractère propre, il aimait à répéter ces fortes paroles :

«t Sa Majesté a organisé PUniversitÔ en un corps, parce qu*un corps ne meurt jamais, 9t parce qu'il y a transmission d'organisation et d'esprit. Des diree^ teurs, des professeurs de lycées sont des magistrats importants : ils marchent le front levé avec les parents dont ils sont les égaux; ils n'ont point devant eux une contenance de salariés ; ils n'assujettissent point leurs principes au caprice et à 1^ mode ; iU ne sont point obligés à de puériles et fâcheuses condescendances ; ils peuvent faire tout le bien qu'ils sont appelés à produire > . »

Avec cette haute idée de l'importance morale des fonctions universitaires, on comprend dans quel esprit M. Rendu dut exercer le ministère public. Il y portait cette justice bienveillante et

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