‹ M. Ambroise Rendu et l'Université de FranceChapitre 28 sur 38 · Du conseil d'État et du conseil de V Université · texte numérisé non relu

Du conseil d'État et du conseil de V Université

3. A toutes les époques, M. Rendu ne cessa de lutter pour faire appliquer aux instituteurs primaires comme aui fonctionnaires le» plus élevés du eofps enseignant le principe fondamental à ses yeux : nul ne peut Stfe eoniUunné sans avoir été entendu.

avant de reconquérir une gloire nouvelle, sous la direction d'un moine illustre, étaitdevenu un établissement laïque, où quatre cents élèves, envoyés de toutes les parties du monde, témoignaient du caractère d'une direction habile. Cette grande école n'avait cessé d'être l'objet des jugements les plus favorables; tout à coup, au milieu de l'année 1823, elle est dénoncée comme animée d'un e*prit mtimonarchique et antireligieux, et comme offrant un vaste foyer de mauvaises doctrines et d'opinions dangereuses.

La cause est portée devant le conseil royal. M..Ferlus accourt à Paris : « Vous serez jugé avec la. plus sévère équité, lui dit le grand maître, et vous n'en douterez pas, quand vous saurez que dans votre affaire, les fonctions du ministère public sont remplies par M. Rendu*. » — « En effet, dit l'historien de Sorèze, ce magistrat d'une conscience incorruptible, et dont les lumières égalent la justice, recueillit avec scrupule les pièces du procès ^ et après deux mois d'un travail pénible, s'étant convaincu que l'enquête, seule base de l'accusation, était illégale, sans preuves suffisantes, entachée de passion, » conclut à ce que le conseil royal déclarât Vaccu^ sation mal fondée.

Les adversaires de Sorèze étaient avant tout les ennemis de l'enseignement laïque. Tr'ès-puissants au moment où éclata l'affaire, ils ne pardonnèrent pas k M. Rendu la haute impartialité dont il avait fait preuve, et la fermeté avec laquelle, dans son rapport il avait démasqué leurs menées secrètes'.

Plusieurs d'entre eux, celui surtout à qui le caractère de son intervention dans cette affaire, aussi bien que le point de départ de son rôle universitaire eût dû imposer une stricte réserve, honorèrent l'intègre conseiller de leurs sentiments haineux. M. Rendu n'y opposa que l'indifférence et le dédain. Sa conscience lui rendait ce témoignage qu'en concluant contre les ennemis de Sorèze, il avait rendu hommage au droit; et vingt années plus tard, il écrivait à l'historien de la célèbre école, ce billet qui fut la seule réponse à de persévérantes rancunes :

a Je suis fort touché, monsieur, de ce souvenir de Sorèze que vous me rap-

4. Histoire de V école de Sorèze, par M. Combes, p. 4 62. 2. Ce rapport compte 63 pages in-folio.

pelez d'une manière si aimable. J'ai toujours béni Dieu de m'avoir assisté, éclairé , fortifié dans cette grave circonstance. Il y avait beaucoup à faire à Sorèze, mais la violence était un mauvais remède, et l'injustice m'avait paru évidente. »

Tel fut H. Rendu dans son rôle de magistrat universitaire. Ses collègues du conseil royal l'appelaient la loi vivante; ceux qui durent être jugés par lui le désignaient sous ce nom : V homme juste^.

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