‹ M. Ambroise Rendu et l'Université de FranceChapitre 4 sur 38 · C«de universitaire · texte numérisé non relu

C«de universitaire

fonder pour la France un système entier d'instruction et d'éducation publiques. Il se souvint de l'Université de Turin, et l'agrandissant, comme tout ce qu*il touchait, dans la double proportion de son empire et de son génie, il fit VUniversité impériale, »

Voilà l'Institution à laquelle M. Rendu a dévoué sa vie. Ayant assisté à sa naissance, guidé ses premiers pas et présidé à son organisation, l'ayant suivie dans ses fortunes diverses, défendue aux jours de péril, il a résumé en lui son histoire, depuis 1808 jusqu'en 1850. Ses défaites et ses triomphes ont été les siens. C'est à lui qu'on peut demander dans quelle pensée l'Université fut créée, ce qu'elle a été à l'origine, ce qu'elle aurait dû et aurait pu toujours être. Aussi, lorsque, plus tard, dans les luttes engagées pour la liberté d'enseignement, « les adversaires, sincères et convaincus des deux côtés, n'échangeaient pas seulement des raisons, mais opposaient des exemples; lorsque l'Université montrait ses plus respectables maîtres, le clergé ses membres les plus saints, si le nom du P. de Ravignan fermait la bouche aux détracteurs des associations religieuses, du côté de l'Université, on prononçait le nom de M. Rendu *. »

Bien que l'Empereur portât dans sa pensée, et on vient de le voir, dans son souvenir, le type d'une institution nationale d'enseignement, celte institution ne sortit pas d'un seul jet, et, comme toute armée, de son cerveau. On a généralement sur ce point des idées très-inexactes. Nulle grande fondation peut-être ne fut précédée de plus d'essais, et préparée par plus de tâtonnements. Le génie doit y regarder de près, et s'assurer que tous les éléments en fusion sont combinés en de justes mesures, avant de les jeter dans le moule créateur d'où son œuvre va sortir, ou atteinte de quelque vice profond, ou digne des regards de la postérité.

Dès qu'il eut saisi le pouvoir, le premier consul s'occupa de l'instruction publique. Avant Fourcroy, Rœderer fut chargé de ce grand intérêt. Le premier consul, en investissant le conseiller d'État de sa mission, lui dit ce mot qui laissait entrevoir la profondeur de desseins non encore définis : «Nous vous avons donné le département de l'esprit*. »

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