Affii de la Religion, article de M* Aug. Gochin
3. Ce mot est cité par Rœderer. lui-même dans un Rapport aux Consuls , dont
En sucoédant à Rœderer, Fourcroy fut appelé à appliquer la loi du 11 floréal an x (1" mai 1802). Cette loi qui, tout en réagissant d'une manière heureuse contre certains principes et certains faits, était loin d'assurer à Tinslruction publique le rang et le mode de gouvernement auxquels elle a droit, ne portait point le cachet de la pensée personnelle du grand organisateur. Les actes de cette époque, relatifs à l'instruction publique, sont une série de tentatives incertaines et non enchaînées à un plan systématique; la pensée maîtresse reste encore voilée. Le 22 germinal an xi, le premier consul se fait adresser un rapport par Fourcroy « sur l'administration de l'enseignement pendant le premier mois del'année^ » Dans ce rapport, presque entièrement consacré à la situation des lycées, Fourcroy déclare que le premier consul « y verra sinon l'exécution complète de tous ses arrêtés, du moins les dispositions prises pour que ses grandes wss soient bientôt entièrement rem-
nou8 avons découvert l'original aux archives de TEmpire , grâce à l'obligeance de M. de Mas-Lalrie.
Il est très-curieux de voir ce qui, pour Rœderer, et en 4802, se cachait sous le mot Instruction publique , et comment le conseiller d'État comprenait son mandat : « J'ai pensé, dit-il, que j'avais deux choses à diriger et à surveiller, sous ces mots : « Instraction publique, » savoir : 1" l'enseignement public; 2° Y esprit public. » El il explique ainsi comment il aurait entendu gouverner cet esprit : « La direction de celui-ci s'exercerait par la direction morale des spectacles et par la police des écrits. La police des écrits m'a paru devoir embrasser :
« L Les ouvrages nouveaux, et de trois manières ; a par l'inspection sur les corps dont lés membres font, provoquent et jugent les livres, c'est-à-dire sur les corps littéraires; b^ par la surveillance de la libVairie pour empêcher les livres dangereux: c, par la distribution des grâces qui provoquent le zèle des gens de lettres et récompensent les ouvrages utiles.
oc II. Les gazettes et journaux, soit pour prohiber les mauvais, soit pour faire amender les douteux, soit pour entretenir les bons dans leur esprit, tant par la communication ou suggestion des bons articles que par la récompense de ceux qui auraient été inspirés du propre mouvement des auteurs.
« Réunissant toutes les attributions, les exerçant sous l'autorité immédiate des consuls, j'aurais pu leur soumettre un plan régulier et complet d'instruction publique, et faire concourir au même but tous les hommes doués de talents et de connaissances. »
Après avoir exprimé ses desiderata, il conclut ainsi :
a Si les consuls veulent une administration très-régulière de rinstruclion publique, je désire qu'ils trouvent juste d'y réunir :
c 40 Les bibliothèques publiques et les dépôts d'art;
«c 2" Les corps savants et littéraires ;
« 3* Toute espèce d'écoles, même celles de médecine et d'art;
« 4*> Les fêtes publiques ;
a 50 D'ordonner que tous les fonds destinés à l'encouragement et à Tenlretien des théâtres, des savants et gens de' lettres, des papiers publics, soienl mis à la disposition du conseiller d'Éiat. »