‹ M. Ambroise Rendu et l'Université de FranceChapitre 6 sur 38 · Archives de l'Empire · texte numérisé non relu

Archives de l'Empire

plies. » L'édueation populaire a sa place dans ce document : pour se conformer aux vîtes dout il parle , Fourcroy faisait recher- ^er et étudier les meilleures méthodes d'eiaseignement primaire.

C'est au commencement de 1804 que le premier consul fixe sérieusement son regard sur la question de Tinstructton publi> que. La stérilité d*efforts vulgaires et destitués d'une inspiration supérieure lui était clairement démontrée. « Il reconnut, dès qu'il y pensa lui seul, dit excellemment H. Guizot, que l'instruction publique ne pouvait être ni livrée à la seule indus* trie privée, ni gouvernée par une administration ordinaire, comme les domaines , les finances ou les routes de TÉtat. Il comprit que, pour donner aux hommes chargés de renseignement la considération, la dignité, la confiance en eux-mêmes et l'esprit de dévouement, pour que ces existences si modestes et si faibles se sentissent satisfaites et fières, il fallait qu'elles fussent groupées et comme liées entre elles, de manière k former un corps qui leur prêtât sa force et sa grandeur ^ »

Quel serait ce corps ? Le souvenir des anciennes corporations enseignantes s'empara de l'esprit du premier consul. Les documents que nous allons faire connaître permettent de mesurer les phases diverses que traversa sa pensée; on y voit à quel point il était las des tentatives avortées; à quel point, en matière d'enseignement, il sentait la nécessité de relier les institutions nouvelles aux institutions consacrées par les siècles.

On lit dans une note que l'Empereur se fit alors présenter par le ministre de l'intérieur Chaptal :

« Douze années d'expériences pendant lesquelles on a essayé ou proposé tout ce que rimaginatiou ^ pu concevoir de projets pour rinstruction publique, et le peu de succès qu'ont obtenu toutes les conceptions de ce genre pnt prouvé jusqu'à l'évidence qu'on s'est toujours écarté du vrai but.

a On eût peut-être obtenu de meilleurs résultats si, au lieu de vouloir créer, on se fût borné à perfectionner; si, profitant de la longue expérience du passé, on n'eût proposé que les modifications voulues par les circonstances et le progrès des lumières.

« Mais il en est temps encore : remontons vers le passé, et tâchons de puiser, dans ce qui a été, le principe de notre conduite pour le présent. »

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