PRÉFACE. XVII
« son est d'adhérer aux enseignements divins (]).» M. Hamon aurait cru faire injure à son paroissien de supposer ces paroles énergiques uniquement dictées par « un genre de politesse exquise réservée Œ aux prêtres et aux femmes (2). » Les interprétations de M. Renan sont répugnantes; elles témoignent d'un aiguisement d'esprit inconnu des honnêtes gens.
M. Hamon se fia à la sincérité de M. Thierry ; et, connaissant bien la faiblesse du pécheur qui a besoin d'être soutenu, il alla de l'avant, cultivant l'historien avec toute la charité du bon pasteur. Il tenait à l'éclairer; il dut lui dire qu'il ne suffisait pas de croire et de confesser Jésus-Christ et son Eglise de bouche et même de cœur, qu'il fallait encore joindre aux sentiments les œuvres de la foi. M. Thierry ne reculait pas devant les conséquences de ses pensées et de ses désirs. Il était déjà membre honoraire des conférences de Saint-Vincent de Paul. « Je « viens en aide aux malheureux comme je peux,
H) Allocutioa de M. Hamon aux obsèques de M. Thierry. Vie de M. Hamon, p. 246»
(2) M. Renan, p. 137.
XVIIl PRÉFACE.
« disait-il, mais je sens que Dieu me demande « autre chose, qu'il faut me réconcilier avec lui « par les Sacrements; je vous le promets, je me « confesserai, je communierai (1). »
M. Renan veut en vain infirmer une telle déclaration et insinuer que M. Thierry, « moins réservé « dans ses paroles que dans ses actes et ses écrits, « dépassait quelquefois en conversation l'exacte « mesure de sa pensée (2).» Le curé de St-Sulpice, expert en hommes, avait reconnu le cri de la conscience. Il ne se dissimulait pas d'ailleurs que les désirs peuvent être vains ; et il souhaitait lever le dernier obstacle qui sevrait M.Thierry des sacrements.
Il avait été question entre eux des travaux de l'historien. M. Thierry s'était, à ce propos, entretenu des critiques dont ils avaient été l'objet; et tout en reconnaissant ses erreurs, s'était montré mécontent et scandalisé d'avoir été repris sans charité, disait-il, par un cathohque qui avait imputé à une hostilité malveillante contre l'Eglise ce qui n'était qu'un effet de l'ignorance (3). Une se borna pas
(1) Vie de M. Hamon, p. 247.
(2) M. Renan, p. 137.
(3) Vie de M. Hamon, p. 236.