‹ M. Augustin ThierryChapitre 14 sur 206 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

torien, il croyait utile de renvoyer ses lecteurs à mes pages. « Ce précieux travail sur l'historien « delà conquête, disait-il, en désignant mon petit « livre, je me permets de le recommander comme « étant à la fois une introduction et un supplé- « ment à ma Défense de V Église : une introduc- « tion par les questions générales qui y sont « traitées ; un supplément par la justification si (c lumineuse qu'on y trouve de l'archevêque de ce Gantorbéry, Lanfranc('l). »

Le prix queM.Gorini voulait bien mettre à mon travail n'empêcha pas M. Thierry de s'honorer en félicitant l'auteur de la Défense. Il admirait qu'un ouvrage de recherches aussi considérable ait pu être exécuté dans un presbytère de village. Mais il tenait à distinguer et à séparer ce que M. Gorini avait voulu unir :

« Je fais à vos critiques, écrivait-il, une atten- « tion d'autant plus sérieuse que pour la vraie fi science et la parfaite convenance, elles se dis- « tinguent bien heureusement de la polémique « soutenue dans la même cause par d'autres per-

(1) défense de VEglise, t. I, p. 251. — Seconde édition, t. 11, p. 538.

PREFACE. XXi

« sonnes (1). » La presse parlementaire, fusionniste et cocardière de ce temps s'empara de ces paroles et en tira un long chapelet d'aménités pour V Univers. Elle ne cherchait pas d'ailleurs à distinguer entre les divers écrivains, ni à en viser l'un plus que l'autre. L'école entière recevait les coups.

En même temps qu'il jugeait aussi sommairement notre travail, M. Thierry confirmait un bruit public, et annonçait son entreprise déjà commencée delà correction de V Histoire de la conquête. « Je soumets, disait-il à M. l'abbé Gorini, « cet ouvrage bien des fois remanié partiellement « à une révision d'ensemble, à une collation avec « les textes originaux non dans une vue particud lière, mais dans l'intérêt général de la vérité « historique. Toutes les erreurs que j'ai pu com- « mettre et qui m'ont été signalées consciencieud sèment seront corrigées par moi, selon ma « conscience d'historien (21). »

Il faudrait examiner et éprouver de bien près

(1) M. l'abbé Gorini. Défense de l'Eglise. 2« édit., t. I. Averlissement. Lettre de M. Thierry: 4^' septembre 1855.

(2) Ibid.

Page 1