LIVRE H. — CHAPITRE III
préparer une cellule pour une recluse. Quand la cellule fut prête, elle sollicita la grâce de s'y retirer et d'y vivre désormais dans une solitude absolue. On accueillit sa demande; et au milieu des chants, des cantiques et des cierges allumés, sainte Radegonde entourée de toutes les religieuses, conduisit ellemême par la main jusqu'à son asile la généreuse enfant. Elle embrassa toutes ses sœurs et entra dans la cellule. On en mura la porte; et elle y vit encore aujourd'hui, dit saint Grégoire, vaquant uniquement à la prière et à la lecture (1).
De pareils faits peuvent être dédaignés de la philosophie de l'histoire contemporaine ; pour faire apprécier les mœurs d'une époque et son degré de civilisation, ils sont aussi utiles à connaître que les crimes de Frédégonde ou les violences de Chrodielde. Us marquent les conquêtes de l'Église au milieu des désordres de la barbarie et l'influence qu'elle exerçait sur les âmes !
(1) Lib.VI, c. XXIX.