‹ M. Augustin ThierryChapitre 204 sur 206 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

de saint Anselme (1) s'est étonné de cet oubli. Il était nécessaire à l'harmonie de V Histoire de la conquête: cette lutte entre un roi normand et un archevêque reconnu de l'Eglise romaine troublait le système de l'auteur ; malgré son audace, il n'a pas osé entreprendre de faire croire que saint Anselme et le roi Henry fussent d'accord pour opprimer les consciences et les libertés saxonnes; c'était beaucoup d'avoir soutenu une pareille imagination au sujet de Lanfranc etdeGuillaume-le-Roux. Ces coups hasardeux ne peuvent pas se répéter deux fois. Le parti du silence était plus prudent et plus sage : on l'eût encore gardé sur saint Thomas et son glorieux martyr, si l'on n'avait entrepris de rattacher saint Thomas au sang saxon ; car d'imaginer que l'Eglise peut défendre la vérité, la miséricorde, la paix et la justice, il n'y faut pas penser et la philosophie le défend.

Nous n'avons pas besoin de pousser plus loin notre démonstration ; M. Thierry nous a donné une preuve complète des artifices où sont réduits les historiens qui veulent chercher la vérité sans s'aider des lumières de la foi. Ils auront beau s'appuyer sur l'étude, le travail et la science ; les emportements des systèmes et les conclusions de la philosophie les conduiront toujours à falsifier sciemment les textes. Il n'y a qu!une vérité dans le monde, c'est la vérité révélée :

(i) M. de MontalemberU

elle éclate à travers les annales des choses humaines. Ceux qui étudient ces annales ne peuvent pas ne la point reconnaître ; ils ne peuvent pas l'oublier ; ils peuvent la nier. 11 n'y a qu'une manière de nier la vérité. L'esprit des ténèbres est l'esprit de mensonge. Il reste le même sous tous les déguisements. Les ornements de style, de grâce, d'esprit ou de talent ne le changent pas, non plus que toute la sagesse et toute la gloire que le monde peut lui conférer.

Page 1