‹ M. Augustin ThierryChapitre 57 sur 206 · LIVRE I. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE III

lion (1), il en donne sur les assassins envoyés par Frédégonde (2). C'est vraiment un historien précieux et qui connaît le secret des choses. 11 sait que Hilpérik ne se rendait pas un compte exact de Timportance des cités des Gaules (3). Quand Branehaut •vint à Paris, M. Thierry sait qu'elle s'y montra « magnifique dans sa parure (4) . » Il sait encore que les gens de Paris sortirent en foule à la rencontre de cette princesse (5) ; que le clergé des églises et les gens de famille sénatoriale s'empressèrent d'aller la saluer ; et que l'évêque de Paris, saint Germain, n'y alla pas. 11 était malade, « le découragement avait « altéré sa santé (6). » Celte maladie et cette abstention de saint Germain donnent occasion de supposer qu'il écrivit à la reine Brunehaut. M. Thierry cite alors de longs fragments d'une magnifique épître, que saint Germain adressa en effet à cette reine, lorsqu'elle était encore dans son royaume d'Austrasie. un an avant qu'elle ne vînt à Paris (7).

S. Grégoire rapporte encore que le saint évêque Germain donna à Sigebert les avis qu'autrefois saint

(2) Id., p. 39, 60.

(3) ld.,p. 11.

(4) Id., p. 48 et suiv.

(5) S. Grégoire se contente de dire : Brunechildis cum filiis venit. Liv. IV, c. Lii.

(6) Récils des temps mérov., tom. 11, p. SO.

(7) Dom. Bouquet. Hist. de France, lom. IV, p. 80.

o4 M. AUGUSTIN THIERRY.

Avit avait donnés à Clodomir partant pourcombatlre le roi Sigismond : « Si tu pars sans intention de tuer « ton frère, avait dit saint Germain, tu reviendras « vivant et vainquenr ; si tu as une autre pensée, tu « mourras (1). » La maladie supposée de saint Germain permet à M. Thierry de dramatiser cette parole. « Au moment du départ, lorsque le roi se « mit en route, escorté de ses cavaliers d'élite , « tous régulièrement armés de boucliers peints et de tt lances à banderolles, un homme pâle, en habits <( sacerdotaux, parut au-devant de lui. C'était l'évê- « que Germain qui venait de s'arracher à son lit de c( souffrance pour faire une dernière et solennelle « tentative : Roi Sighebert, dit-il, etc. (2). n On voit l'effet : l'homme pâle, les habits sacerdotaux, les^ cavaliers en banderoles, tout cela constitue une excellente mise en scène (3). Les politiques trouveront que l'évêque prenait singulièrement son temps ; et les critiques s'étonneront de rencontrer cet appareil théâtral chez l'historien, qui voyait un scandale historique dans la popularité du fait de Philippe- Auguste posant sa couronne sur l'autel le jour de la bataille de Bouvines ; ils lui rappelleront qu'il est

(1) S. Grég.,liv. IV, c. LII.

(2) Recils des^temysmérov.,\OTt\. II, p. 53.

(3) « Rex properare deliberans, » dit simplement S. Grégoire. « Gui, ajoute-t-il, immédialemenl, S. Germauus episcopus dixii: Si abieris... » Liv. IV, c. Lii.

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