‹ M. Augustin ThierryChapitre 63 sur 206 · LIVRE I. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE III

faite, la vérité n'y est pas aussi exquise, l'imagination y tient grande place ; une imagination fertile et féconde qui, sous bien des rapports, pourrait soutenir la comparaison avec celle de M. Alex. Dumas. La différence est que M. Alex. Dumas, se contente, pour soutenir ses inventions, des premières données historiques qu'il rencontre, M. Thierry, au contraire, a la patience de recueillir des renseignements de tous côtés : mais ce premier travail accompli, le procédé des deux romanciers est identique : ils complètent, embellissent et retranchent à leur gré, selon le besoin des combinaisons dramatiques et les exigences de la narration. Il est inutile de multiplier nos preuves : si le lecteur en désire de nouvelles, nous l'engageons à comparer les récits de saint Grégoire, avec ce que M. Thierry raconte de l'accusation de Platon et de Gallien (1) et surtout de la dramatique histoire des juifs Priscus et Phatir (2). On pourrait en désigner davantage. Il nous reste à examiner si les prétentions philosophiques et l'engagement de soutenir un système préconçu n'ont pas porté M. Thierry à abuser des textes et à leur faire subir des altérations plus fortes encore que celles où l'a entraîné le souci littéraire.

(1) Récits des temps mérov., lom. II, p. 249 et suiv. — S.Grég., liv. V, c. L.

(2) Récits des temps mérov., tom. II, p. 352 et suiv. — S. Grég., liv. VI, c. XVII.

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