‹ M. Augustin Thierry: son système historique et ses erreursChapitre 100 sur 214 · LIVRE II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE II

erçait la jeunesse guerrière des familles qui lui étaient attachées. Dans Tinlérieur du palais il y avait une école, où tlorissaient les lettres et la piété, et d'où sont sortis un grand nombre d'hommes saints et illustres. La vie de saint Maur, écrite par un de ses compagnons (interpolée, il est vrai, au ix® siècle), la vie de saint Maur rapporte les détails d'une visite de Théodebert au monastère de Glannefeuil, et montre dans toute la conduite de ce roi une douceur, une aménité, une grâce de paroles et de discours, une politesse de formes enfin bien remarquables au milieu des brutalités de l'époque. C'est la piété qui était tout à la fois la cause et l'objet de ces douces manières. En abordant la communauté, le roi , revêtu de ses vêtements royaux, s'était d'abord mis à genoux et avait demandé, avec larmes, qu'on voulût bien prier pour lui. Causant ensuite gracieusement avec le saint, il lui disait :

« — L'illustre nom de votre maître Benoît est venu à ma connaissance, et je me réjouis grandement de ce que les merveilles de sainteté et de vertu, que nous avons apprises de lui , s'accomplissent chez vous chaque jour. »

Il demanda à jouir du bénéfice des prières des firères et à voir son nom inscrit parmi les leurs. Il parcourut les bâtiments et les dépendances du monastère, louant les constructions, entrant dans les oratoires et y priant. Faisant partout admirer à son

fils, Théodebald, la sainteté du lieu oh ils se trouvaient, et lui recomoiandant avec force d'être toujours le soutien el le défenseur de la congrégation. Il pria saint Maur de lui désigner, parmi les quatre cents religieux, qui les entouraient, ceux qui étaient venus avec lui d'Italie. Les tirant à part, le roi les considéra avec respect, les embrassa et voulut connaître le nom de chacun d'eux. C'étaient Constantinien, Antoine, Simplice et Faust, l'auteur de ce charmant récit. Reconnaissant parmi les frères le jeune Bertulf, fils du comte Florus, le roi l'attira aussi à lui, l'embrassa avec tendresse et le recommanda à saint Maur, le priant, à cause de l'amour qu'il portait à son père, de veiller chèrement sur cet enfant et de l'élever à la piété avec le plus grand soin (1).

Il me semble que cette scène montre un petitfils de Clovis, sous un jour que M. Thierry n'a pas fait connaître. Ces traditions de bienveillance, de majesté et de dignité royales se perpétuèrent à la cour d'Austrasie. L'esprit et le cœur de Sigebert étaient pour les conserver, et Tinfluence deBrunehaut ne put que contribuer à les entretenir et les développer au sein de la cour de Metz : elles s'épanouirent, comme nous avons vu, sous le règne de Dagobert.

Celte royauté mérovingienne n'était donc pas défi) Acta SS. Ord.,S. Bened. Siec. 1.

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