‹ M. Augustin Thierry: son système historique et ses erreursChapitre 99 sur 214 · LIVRE II. — CHAPIThE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPIThE II

trahisons (i). On pourrait aussi ciier, diaprés saint* Grégoire, les noms d'évéques qui ne furent pas seulement objets ou témoins, mais bien auteurs euxmêmes des plus graves violences (2). Nous examinerons plus tard par quels moyens ils s'étaient introduits dans les dignités de TÉglise.

Ainsi les mœurs, au vi*" siècle, apparaissent empmiltes d'une extrême brutalité : M. Thierry s'est particulièrement appliqué à la mettre en relief; mais au milieu de cette barbarie devenue générale, le pouvoir royal revêt une certaine magnificence relative ; il jette un éclat que Thistorien a amoindri alliant que possible. La cour de Clovis est à ses yeux un bivouac; et il accuse amèrement les évêques d'une indigne flatterie, parce qu'ils appellent aula Tégia ce bivouac du fils de Childéric. Nous avons peu de renseignements sur la cour de Clovis; et les splendeurs déployées à son baptême peuvent être mises tout aussi bien sur le compte de l'Eglise de Reims que sur celui de la royauté franque. Mais les petits-fils de ce roi ne doivent pas être tousjugés d'après 'Chilpéric et sa femme Frédégonde. Ce barbare, demi-lettré, voulant régler la foi et la grammaire, cédant aux instigations et aux artifices de sa femme pour faire périr ses enfants, n'est pas le plus noble

(4) Lib. X, c. XIX.

(2) Entre autres Salone et Sagittaire, évoques de Gap et d^EmbruD, Badegisile, du Mans, etc.

des rois méroYingiens. Je ne veux pas citer comme type de ces monarques Dagobert, qui gouverna avec tant d'éclat et de splendeur que les documents historiques parlent de lui avec une admiration et dans des termes qui rappellent involontairement à la mémoire le gloire de Salomon, dont il renouvela aussi les désordres (1). Son règne est l'apogée de la puissance mérovingienne. Dans son palais de Clichy, entouré d'un admirable cortège de saints, il recevait les soumissions des peuples les plus éloignés et les plus indépendants de la Gaule; les Bretons et les Basques imploraient sa protection et reconnaissaient son empire (2); Frédégaire sort de sa concision habituelle pour célébrer la sagesse et la puissance de Tami de saint Ëloi. Il y a loin de tout cet éclat au tableau que fait M. Thierry du roi ce Hilpéric », qu'il compare si volontiers à un animal sauvage.

Sans s'arrêter à rechercher si Chilpéric ne présentait pas quelques côtés un peu moins barbares que ceux mis en relief par M. Thierry, on peut voir dès le VI* siècle, au temps du grand père de Dagobert, quelque chose dans les Gaules qui se rapporte un peu plus à la grandeur de ce dernier roi. Le royaume d'Austrasic semble celui où se manifesta le mieux l'éclat de la majesté royale. Autour du fils de Thierry, nous voyons une garde royale où se rangeait et s'ex-

[\) Fredeg. Chron^, c. LViii.

(2) Fredeg, Chron.y LXXVUI.

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