XVI II PRÉFACE
« disait-il, mais je sens que Dieu me demandé
« autre chose, qu'il faut me réconcilier avec Ivâ « par les Sacrements; je vous le promets, je mei « confesserai, je communierai (1). i> i
M. Renan veut en vain infirmer une telle décla-j ralion et insinuer que M. Thierry, « moins réservé 3 « dans ses paroles que dans ses actes et ses écrits, « dépassait quelquefois en conversation l'exacte ! « mesure de sa pensée (2).» Le curé de St-Sulpice, I expert en hommes, avait reconnu le cri de la cons- ] cience. Il ne se dissimulait pas d'ailleurs que les désirs peuvent être vains; et il souhaitait lever le der- j
nier obstacle qui sevrait M.Thierry des sacrements, i
Il avait été question entre eux des travaux de l'historien. M. Thierry s'était, à ce propos, entrete- | nu des critiques dont ils avaient été l'objet; et tout i en reconnaissant ses erreurs, s'était montré mécontent et scandalisé d'avoir été repris sans charité, disait-il, par un catholique qui avait imputé à une hostilité malveillante contre l'Eglise ce qui n'était qu'un effet de l'ignorance (3). Une se borna pas .
(1) Vie de M. Hamon, p. 247. j
(2) M. Renan, p. 437. i
(3) Vie de M. Hamon, p. 236.
PRÉFACE. XïX
s'épancher sur ce point dans le sein du bon curé de Saint-Sulpice et à le charger de m'exprimer sa peine et son grief; il saisit l'occasion d'en faire part au public en des termes mesurés et discrets, il est vrai, malgré leur énergie, mais tels que les peut tenir un personnage éminent à l'égard d'un
connu.
1 1 853, un humble ciïré de la Bresse, M. labbé Gorini avait publié sous le titre de Défense de V Église contre les erreurs historiques^ deux volumes qui furent comme un coup de justice. Ils réfutaient les écrivains les plus illustres de ce temps et aussi toute la troupe servile qui, à la suite de ces beaux-esprits, fourrageait le domaine de l'histoire. 11 n'y eut qu'une voix sur cet ouvrage, exécuté de main de maîj;re, d'une sûreté d'érudition et d'une fermeté de raisonnement imperturbables. Personne ne songea à répliquer. Le juge compétent et sagace, mais beaucoup trop modeste, qui se révélait de la sorte, voulait bien m' exciter à partager, il disait même à compléter sa grande entreprise. Il me demandait des travaux analogues à mon volume sur M. Thierry; et après avoir signalé diverses énormités.decet his-