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exaltent le service qu'il rendit en cette circonstance à toute l'Eglise. Longtemps après sa mort, la mémoire des hommes lui en était reconnaissante; et, selon Mathieu Paris, qui écrivait au xiii** siècle, l'Eglise de France comme celle d'Angleterre profitait des lumières de cette correction et s'en réjouissait. Malgré les soins recommandés et apportés à la collation des manuscrits, on comprend que les erreurs des scribes devaient aller toujours se multipliant à chaque copie, et l'histoire de l'Église montre des saints personnages appliqués, à diverses époques, à comparer plusieurs exemplaires et à retrouver le texte véritahle et authentique des saintes lettres. Une pareille correction était surtout nécessaire en Angleterre où, au dire de tous les historiens, le clergé saxon était depuis longtemps à peu près complètement étranger à la connaissance de l'idiome latin. Avec ses visions de luttes nationales et sa manie de reconnaître en tout la conquête, M. Thierry n'a garde d'avouer cet état de choses : ce serait faire injure à sa science de croire qu'il puisse l'ignorer. Il a su reconnaître dans la conversation de Lanfranc et de saint Anselme, que nous rapportions tout à l'heure, le mystère de « la haine que le clergé por- K tait aux indigènes, s'étendant jusque sur les saints ft de race anglaise (1). » Il a démêlé le même rays-
(4) Ilist, de la conq. d'Angl. Tom. II, p. 450.— Noay. édiU Tom. II, p. 434.
tère dans celte simple parole de rhislorien de la vie de Lanfranc : Libros veteris ac novi testamenti correxit. Nous ne priverons pas M. Thierry du bénéfice du cQvveQ,\Ài peut-être qu'il a mis à son assertion. Ce fut donc (c peut-être par des vues analogues et pour c( donner une nouvelle direction à l'esprit des Ance glais que Lanfranc fit saisir par toute FAngleterre '< les exemplaires des Écritures et les corrigea de sa <i main, sous prétexte que l'ignorance saxonne en c( avait anciennement corrompu le texte; mais tout ( le monde ne crut point à cette assertion hautaine, « et Lanfranc, malgré sa renommée de vertu et de <( science, encourut dans son temps le reproche d'ace voir falsifié les livres saints (1) »
Eli preuve de celte assertion, M. Thierry nomme Edouard Brown, Fasciculi rerum expetendarumyin Anglia sacra . A la page 55 du tome I de VA nglia sacra nous trouvons en effet, non pas le Fasciculus rerum expetendarum^ mais une note à son occasion ; les éditeurs de T^/z^/Zza^acm, publiée en 1691, disentquc la mémoire de Lanfranc vient d'être dernièrement, dans la nouvelle édition du Fasciculus, Tobjet d'une attaque de la part du savant Edouard Brown (2).
(1) Hist. de la conq, d'Angl. Tom. II, p. 151. Tout le passage avec ses aulorilés frelatées ou du moins aventurées a dispiru de la nouvelle édition.
i'^; « Grave crimen Lanfranco nuper intenlavil vir doctus Edwirdus Brown in prefalione sua ad nuperam Fasciculi .. edilionem. »