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, letan de savoir lire, nous lui demandons de lire intel-
diligemment, de ne pas s'en rapporter avec servilité
la lettre des théories, et de pénétrer le langage
j faits. Les faits, que M. Thierry raconte, ont leur
Dquence ; et ils contredisent les déductions de
'^historien. Aufait de Tintervention du clergé dans
'établissement des communes et de la guerre achar-
e qu'il aurait entretenue contre les bourgeois, la
mtradiction est flagrante.
M. Thierry a traité de l'émancipation de onze uimunes. Au Mans, Févêque participait au mouvement de la bourgeoisie; il marchait, ainsi que les )rêtres des diverses paroisses, .avec l'armée que la commune leva contre Hugues de Sillé, et fut fait sonnier dans cette guerre. A Noyon, Tévêque Baudry de Sarchainville donna de son plein gré aux bourgeois une charte de commune qui fut ratifiée par le roi de France Louis-Ie-Gros. A Beauvais, la charte de commune, conflrmée par Louis-le-Gros eu 1116, s'était d'abord établie tumultueusenxent; elle donnait aux habitants de la .ville des garanties contre les exactions du châtelain, et était appuyée par révêque Ancel, homme pieux, de mœurs douces, dit M. Guizot, qui parle aussi des sentiments de bienveillance, d'humanité et de justice de cet évé-^ que envers les bourgeois de sa ville épiscopale dont il était suzerain. A Saint-Quentin, la commune fut octroyée par le comte de Yermandois et jurée par le
dei^. SùnM] Amiens, elle fi ment par-I'évAq que et lacomb et couentireiil se fit pendant nous ne faisons hors de ses réi H. GaiK^ BUT I Selon l'inBo commune m , identique. H i pensée qu'il en d'aujourd'hui, mune était, une salent de cerlû fréquent élût U des élus de l'ai sait pas nécessai il n'y entrait pa ou des roturien En tout cas, ellE pouvait en pai été admis par ^on s'acquérai quelquefois à ainsi, dans lei nouvelle juridic
avec les anciennes juridictions des évéques, des mo- ' Qj sres ou des châtelains. On comprend dès lors beaucoup de contestations eurent lieu entre ces ^ diverses puissances. Les communes n'instituaient, en nme, qu'un droit politique, sur l'utilité duquel, le bon gouvernement d'un royaume, toute opin est permise. Elles étaient animées de cet esprit corps, jaloux, entreprenant et dominateur qui se etrouve dans toute assemblée politique ; aussi en rlnrent-cUes bientôt à contester les droits qui s'exerçaient autour d'elles, et, comme le disait Louis Yll IX gens de Reims : a Pensant que le droit des églit ses n'est point un droit et que les coutumes était blies en leur faveur ne sont pas des coutumes, « vous envahissez par violence les prérogatives et a les possessions des églises. » Cela était d'autant plus facile aux gens de la commune de Reims que ge, comme nous avons dit, était alors vacant. Saint Bernard eut recours au pape Innocent II pour lui signaler l'état déplorable où se trouvait cette église et l'engager à presser le Roi de faire promptement élection d'un archevêque. Le saint estimait que c'était là le seul moyen d'arrêter les violences et les entreprises contre les hommes et les droits de la juridiction métropolitaine. Le Pape demanda aussi au Roi de dissiper les compagnies des gens de Reims et de rétablir les choses dans l'état où elles étaient du temps du roi Louis YI et de l'archevêque Renaud.
Rien n'était plus simple qu'une pareille den et il était difficile à un autre que M. Pelletai trouver dans ces lettres de saint Bernard et du 1 Innocent une preuve de l'opposition du clci^ l'émancipation 4es communes. Il était juste q suzerain fût présent et intervînt librement à la q sion de ses droits, quand l'établissement d'une cet mune devait les atteindre. Mais on sait comment l beaux esprits du jour raisonnent; il y a longten qu'ils sont d'avis que les droits de l'Ëglise ne son pas des droits.
A Cambrai, la commune, établie en l'absence de révoque, voulut lui interdire l'entrée de la ville; il n'est pas étonnant que l'évêque y fut opposé : to tefois, il intercéda pour son peuple auprès de FEmpereur. De toutes les communes dont M. Thierry a raconté l'histoire, il resterait donc Sens, Laon et Vézelay pour appuyer la thèse de M. Pelletan. H dit rien de Sens; mais à propos de Laon, il triomphe. Le siège de cette ville était alors occupé par un de ces hommes, trop fréquents à cette époque^ n'a, d'évùque que le nom et traînant dans tous les dales et toutes les guerres le titre qu'ils d4 noraient. Ces évoques, condamnés et réprîi constamment par les Papes et les Saints, sont n dont la Presse est habile à tirer parti. On sait déjà comment ce journal sait employer certains prêtres dont il voudrait imposer la théologie à l'Ëglise entière.
Il voudrait aussi reporter sur cette Eglise la responsabililé des méfaits des évéques indignes. A ce titre, l'évêque de Laon, Gaudry , était tel que pouvait le désirer ce journal. L'historien contemporain qui a raconté les aventures de la commune de Laon, dit que les désordres de cet évèque et ceux de ses prédécesseurs furent la première cause des tumultes. En réprouvant leurs scandales, il faut aussi reconnaître que le parti de la commune était loin d'être sans reproche. Les commotions populaires mettent toujours en avant des hommes souillés et perdm qui deviennent l'effroi des honnêtes gens. M.Thierry avoue, en diverses circonstances, que les communes aient pour défenseurs des hommes de rapines et de violences, des pillards, des meurtriers et des voleurs (1). 11 eût été juste d'éclairer ce côté de la question de l'histoire des communes au douzième siècle; il ne faudrait pas que l'énumération des torts et des tyrannies des seigneurs fit oublier les brigandages des partisans de Fémancipation. Presque partout, même dans les villes où les évéques avaient bénévolement concédé des chartes de commune, elles donnèrent lieu à des violences telles que les écrivains du douzième siècle étaient bien en droit de traiter ces mouvements popu-
(f ) La commune de Reims notamment était soutenue par un prêtre condamné par les tribunaux ecclésiastiques et déclaré sacrilège. Lettres sur rhisteire de France,