H . DE B O U G R E L O S
nent parce que je les aime, et m'obéissent parce qu'elles le savent, car l'amour seul ressuscite les morts. »
Et s'appujant tout à coup du coude dans une pose prétentieuse et inspirée à l'angle d'une des vitrines, M. de Bougrulon ôtait de l'autre main son large toquet de loutre et d'un ton déclamatoire:
Dii vieilles itoRir» (aiiécï je %uh 1c magnifique amani.
Couleurs et modes surannées Qui dira votre enchantement •
Mon Ime. qui ^'avive et souHri Adore les sourires las Et fatigués des satins saulrr.
Rayés de rose el de lilas :
100 M. DE DO U GRELON
Et c'est une aventure exquise De retrouver dans un reflet Tout un bleu passé de marquise Fleurant la jonquille et l'ceiliet.
Les vieux lampas aux tons d'agate, Lustrés sous l'ongle aigu du temps, Ont la hautaine et délicate Tristesse des lointains printemps ;
Les frais printemps de la jeunesse.
Avrils emportés sans retour.
Et dont les lys de soie épaisse S'efl'euillcnt dans les gros de Tours,
.Mais pour clianter la griserie Errante en ces luxes défunts, Volupté savante et meurtrie.
De vieux baisers, d'anciens parfums.
Il faudrait sous mes doigts dociles Les cordes d'un basson d'amour- Au long manche de bois des lies Peint de bergères Pompadour;