‹ M. de La Colombière, orateurChapitre 11 sur 12 · AMEN · texte numérisé non relu

AMEN

I3US INCHRISTO FIDELÎBUS SALUTEM ANNA DE! GRATÎA MAC. BRITANNL4Î FRANCIiE ET HlBtRNî/E REGINA ' TOTfCSQUE AMERICvE SEPTENTRJONALÏS D0Mf5îA, FIOEI DfcFENSOR, &c.

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|K ANNO SALUTiS

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timent de tristesse infinie envahit soudain tout notre être, pénètre Tâme et noie le cœur. Puis, à cette impression d'angoisse, aiguë comme un cri de désespoir, succède une pensée de commisération profonde qui vous étreint, elle aussi, vous navre à son tour, au point de vous faire oublier de sourire à la lecture de cette pompeuse et ridicule inscription latine proclamant la reine Anne, non seulement souveraine d'Angleterre, de France, et d'Irlande, mais encore maîtresse absolue de toute l'Amérique du Nord : totitcsque A7nericae Septentrionalis Domma.

Au lendemain de l'effroyable naufrage de l'Ile-aux-Œufs, et sur l'avis

d'un conseil de guerre, Texpédition dirigée contre Québec fut abandonnée.

On donna rendez- vous à la flotte, pour le huit septembre, à l'Ile du Cap Breton, à l'embouchure de la Rivière des Espagnols. Ce qui fut fait.

Au Cap Breton, les discussions recommencèrent ; ce qui amena une perte de temps considérable. Walker, qui voulait absolument combattre, proposa d'attaquer Plaisance. Beaucoup d'officiers l'appuyaient dans cette vaillante résolution, mais le général Hill s'y opposa avec une telle opiniâtreté que l'amiral céda et consentit à retourner en Angleterre sans coup férir.

Toutefois, Sir Hovenden Walker

SIR HOVENDEN WALKÉR. 291

crut prudent de prendre officiellement possession de l'Ile du Cap Breton au nom de la reine Anne, et remplaça les armes de France, qu'il fît abattre, par le monument dont une photogravure reproduit ici le fac-similé. .

Par une de ces ironies sanglantes, particulières à la politique et aux diplomates, le traité d'Utrecht — (ii avril 171 3) — restitua l'Ile du Cap Breton à la France. Deux ans ne s'étaient pas même écoulés depuis l'érection du monument commémoratif de Walker.

Cette orgueilleuse inscription gravée sur bois — c'est le côté modeste de ce superbe obélisque — servit au feu de joie que les Canadiens allumèrent

lorsqu'ils relevèrent les armes de France sur l'île rétrocédée. En cela ils eurent tort. Au lieu de brûler cette prétentieuse épitaphe, il eût suffi d'en effacer seulement l'inscription latine. On l'aurait ensuite. transportée au bon endroit du cimetière, sur l'Ile-aux-Œufs, puis un graveur l'eût marquée du traditionnel Requiescant. En la datant du 2 2 août 171 1 on restituait à cette planche de cèdre toute sa valeur historique. C'était bien le moins que l'on reconnût à l'Angleterre un droit exclusif de possession sur cet écueil

célèbre !

Ernest Myrand.

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