‹ M. de La Colombière, orateur historique d'un sermon célèbre [microforme]Chapitre 13 sur 27 · M. DE LA COLO\{BIÈRE · texte numérisé non relu

M. DE LA COLO\{BIÈRE

lui répétait, à sa manière, l’épais brouil-

lard venu de l'Atlantique, ouvrit insolemment les cent voiles de sa flotte au vent de la colère de Dieu, soufflant en foudre. Aussi, la Nouvelle - France, toute à l'ivresse de son bonheur, renvoyait-elle uniquement à we femme, à la sainte Vierge, la cause et l'honneur d'une si providentielle victoire.

J'observerai de plus que M. de la Colombière a non seulement gardé un silence absolu sur les personnes, mais encore qu'il n'a nullement tiré parti, dans son discours, de nombreux épisodes, d'une multitude de circonstances historiques qui donnaient occasion à

de superbes développements oratoires.

Imaginez Monsabré traitant un pareil sujet ! Croyez-vous qu'il eût négligé d'exploiter toute la richesse d'une veine aussi féconde ? Car, véritablement, c'était bien le serwon de la déli vrance que La Colombière prononçait à Notre- Dam de Québec, le 23 octobre 1711.

Peut-”:.2 bien devons -nous voir dans cette sobriété oratoire, dans cette réserve historique du prédicateur de 1690, quelque chose des habitudes littéraires du grand siècle. On ne cherchait pas alors à éblouir par Île piquant et l'actuel, mais on s'appliquait plutôt à développer des idées géné-

rales, universelles, qui fussent accep-

tables et intéressantes pour tout le

monde. Lorateur apercevait en quelque sorte toute l'humanité derrière son

auditoire, et c'est pour les hommes de

tous les temps et de tous les lieux qu'il

faisait son discours. Cette méthode, appliquée à tous les genres, fut, comme on le sait, un des principaux éléments de la fortune littéraire du siècle de Louis XIV. M. de la Colombière a-t-il voulu obéir à ces lois austères de la rhétorique classique quand il s'est abstenu de toute allusion aux exploits militaires du siège de Québec, se renfermant tout entier dans le développement raisonné de ses propositions ? À la rigueur on le pourrait croire. Mais encore il me

semble avoir dépassé la note et poussé

le scrupule plus loin que Bossuet lui-

même, D'ailleurs, la nature même du

sujet qu'il entreprit de traiter—et ceci

pourrait être une autre explication— l'éloignait de tout récit et de tout détail historiques.

Quoi qu'il en soit, il est assez difficile d'expliquer, à de si longues distances, les intentions d'un orateur. Je n'ai, qu'à titre de libre curiosité, soulevé ces questions, et la solution qu'on voudra bien leur donner ne diminuera en rien l'importance d'un document que j'ai voulu tirer de l'oubli et recommander à l'attention de mes compatriotes soucieux de connaître par le détail l'in-

comparable histoire du Canada francais,

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