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cations au iiuil plus ardentes que jamais dans notre société actuelle, qui ne désire leur donner ces convictions religieuses seules capables de leur servir à la ibis d'abri et de rempart. Il ne s'agit pas de faire une nation de dévots ou de saints, d'anéantir les faiblesses inhérentes à notre nature déchue; il ne s'agit pas de l'impossible, mais il s'agit de déposer dans les jeunes âmes certaines semences que les passions pourront bien étouffer pendant un temps, mais qui ne soient pas oblitérées complètement par un scepticisme précoce. A cette œuvre-là la science la plus raffinée ne suffira jamais. Les peuples comme les individus peuvent être très-savants au sein de la plus grande corruption et du plus profond abaissement. {Marques d'approbation.)
(( La religion seule, vous le savez, peut redonner au cœur humain ces deux principes essentiels à toute société, qui disparaissent graduellement parmi nous, la discipline et l'abnégation. [Nouvelle adhésion.) Or, ce remède souverain et unique de l'éducation religieuse, vous pouvez l'applic^uer aux dangereuses maladies de l'état social, sans aucune contrainte, sans aucune ruse, sans blesser aucun préjugé, aucune défiance, en laissant à ceux qui ont peur de la religion tous les moyens d'en préserver leurs enfants, si bon leur semble. Vous pouvez tout cela, en restant simplement fidèles à la lettre et à l'esprit de la Charte, en l'observant littéralement et consciencieusement. Et vous ne le voulez pas ! Pourquoi? parce que vous avez plus peur du remède que du mal ; parce que vous avez peur de l'Église; parce que la salutaire indépendance de la foi et de la pensée catholique répugne à votre orgueil philosophique. Or, il y a deux choses également démontrées par l'histoire de dix-huit siècles : la première, c'est que l'Église n'a jamais refusé son concours efficace, loyal et sincère, au pouvoir qui le réclamait, ou qui le tolérait seulement, cruelle que fût l'origine, la nature de ce pou-
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voir; la seconde, c>^:t (|iie l'H-j-lise n'a jamais sacrilié à aucun pouvoii', quelle <[ue tVit son origine ou sa nalure, celle indt'iiendance souveraine de son enseignement et de son autorité qui constitue son caractère universel et sa fécondité éternelle. Vous voulez bien de sou concours, mais vous ne voulez pas de son indépendance. Or, l'un sans l'autre ne se peut; el, cela étant, au lieu d'opposer la liberté du bien à la liberté du mal, vous vous consolez de ne pouvoir répi'imer ]o mal en encbainant le bien.
» Et vous croyez vraiment que vous encbaînerez le Iton el le mauvais -renie de la France , ([ue le conseil de rUniver.sité saura toujours tenir entre le bien et le mal, entre la vérité et l'eireur, la balance d'ime impartiale indiiïérence. Vain espoir! l'esprit d'inqjiété et de révolte , (jui vous menaçait l'autre jour en plein Collé^^e de France de cbasser dix dynasties , si on le contrariait , se li'^ucra volontiers à vous pour écarter l'Kgli.se; mais quand il verra sa victoire complète contre nous, il se retournera contre vous , et vous verrez avec quel succès.
» En résumé, nous voulons la liberté, et vous nous donnez l'arbitraire; nous voulons arriver par la liberté à la religion, et vous nous conduisez par l'arbitraire au scepticisme. Votre loi est une loi de réaction contre les progrès religieux de la Fi-ance, une loi de suspects contre le clergé, une loi infidèle à tout ce qu'il va eu de généreux dans les instincts de 178!) et dans les promesses de 1830. •le la re|M)usse de la triple énergie (!<■ ma (conscience, de ma foi et de mon pati'iotisme. (Miirtjiii's noinhrcKsea il^'issentiment.) « (I)
De ce discfjurs , «hi une éloquence soutenue el lerme , et une logi(pu' inq)lacable s'unissent à une science liistorique étendue , jaillit une lumière que M. Villemain .s'eJVona en vain d'obscuicir sous ses épi -
1; Discours sur (a Ubirli d'Iyatiujni;ini-i(l. — Œuvres. Tome 1.
grammes épaisses. L'embarras du Ministre fut extrême, et son échec complot.
(( Non-seulement, dit un des auditeurs, il n'a pu trouver une parole, mais même les mots, chose étrange, lui ont manqiié ! — Il les cherchait au fond du verre d'eau et les appelait, en frappant du poing la tribune : vains efforts ! Les subjonctifs étaient rares ; la phalange des adjectifs, d'ordinaire si docile et si abondante, n'arrivait pas (1). »
Le jeune homme inexpérimenté avait vaincu le maître vieilli dans l'exercice de la parole, et il y avait entre les deux discours la distance qu'il y a entre la rhétorique fatiguée et l'éloquence, toute frémissante de force et de jeunesse.
La cause de la liberté de l'Enseignement fit, en ce jour, un grand pas dans l'opinion publique. Mais la lutte n'était point terminée : de nouveaux combats attendaient le vaillant et désormais redoutable champion de la liberté.
Le projet de loi présenté par M. Villemain, si mal défendu par lui, exigeait « des citoyens qui voudraient avoir des établissements d'Enseignement secondaire, l'affirmation écrite et signée de n'appartenir à aucune congrégation religieuse non légalement reconnue en France. »
Un amendement fut présenté pour faire disparaître cet article, qui était surtout dirigé contre les jésuites. Le soutenir, c'était, en défendant les ordres religieux, défendre la liberté la plus sacrée, celle de la conscience et de la vertu.
M. de Montalembert reparut donc une troisième fois sur la bx'èche. Personne n'était mieux que lui préparé à soutenir la lutte sur ce terrain et à dissiper les préjugés qui régnaient à cette époque dans les Chambres contre
(1) M. L. Veuillot.
les Ch'dros ivli^unix. Depuis dix ans déjà il Iravailluil au ;;:ran«l ouvraj^e tlonl nous avons aujouririuii ciiKi ina^uilit|uo> voluinos (1 ).
Dans un tableau Lrrandiose, où réiévalion du lan^^ayu le dispute à la noblesse des idées, il trace à j^rands traits le rùle des Ordres religieux dans la société, et bientôt, attinjuant de Iront son sujet et le rapetissant aux baine.s inesquines de ses adversaires, il rassemble les traits épars de son argumentation pour les diriger tous à la l'ois contre les ennemis des seuls jésuites.
En bon Ui<ticien, M. de Montalembert conmieiice par établir ses positions, et ensuite il bombarde sans pitié la place dans huiuelle son adversaire se croit en sûreté. Et il est curieux de voir avec quelle line raillerie, quelle courtoisie malicieuse il se joue des accusations injustes et étourdies, pour les faire tomber ensuite sous le poids de son dédain :
« Je ne viens pas ici relever toutes les accusations injustes dont les jésuites ont été l'objet. Mais il en est deux qui, ayant été tout l'écemment portées à votre tribune. ont acquis par cela même un degré d'autorité (ju'il importe de leur (Uer.
<( I^ première est celle que j'ai été stu[)érait, je l'avoue, de retrouver sons la plume de M. Cousin : il a dit l'autre jftur devant vous, non plus dans la cbaleur de l'improvisation t|u"il manie si bien, mais dans son discours écrit, que les constitutions des jésuites pre.scrivaient, en fait d'études philo.sophiques, de pa-sser toutes les questions sur Dieu : Pro'lereantur qurcstiones de Deo ! Or, savezvous, Messieurs, ce qui se trouve dans le texte même des constitutions invoquées par M. Cousin? le voici: je le prends dans un exemplaire qui n'est pas suspect, car c'est celui mérne qui a servi au parlement de Paris pour (be-ser son arrêt de \1&2. Non pas du tout; *( (,)u'on >1; Les Moines d'OccicktiC.
passe toutes les questions sur Dieu ; » et rien de plus : mais, (( que dans la métaphysique on passe celle des questions sur Dieu et sur les esprits, qui dépendent en tout ou en partie de la révélation : In metaphysica qiiœstiones de Deo et intelligentiis, quœ oriinino aut magnopere pendent ex veritalibus divina jide traditis, prœtereantur (1). » C'est-à-dire que l'on suit la règle tracée, vantée, défendue, par l'honorable M. Cousin lui-même, tous ces jours-ci devant vous ! que l'on enseigne une métaphysique, non pas contraire à la révélation, mais en dehors d'elle, mais indépendante d'elle, et apportant au secours de la vérité révélée les démonstrations auxquelles on arrive par la seule raison !
A coup sûr, j'absoudrai l'honorable M. Cousin du soupçon même d'avoir voulu mutiler ou l'alsilier des textes pour combattre ses adversaires : mais je lui reprocherai, à lui, qui n'est pas seulement un très éloquent philosophe, mais encore un très habile philologue, je lui reprocherai d'avoir emprunté sans la vérifier, pour la portera votre tribune, une citation à un pamphlet calomnieux, où presque tous les textes cités sont falsifiés, comme vous venez de le voir. Et puisque nous sommes sur le terrain d'Escobar, on m'avouera qu'ici, du moins, l'escobarderie n'est pas du côté des jésuites. {Hilarité générait'..) »
Sans excuser les fautes de ceux qu'il défendait, M. de Montalembert démontra victorieusement qu'on en avait exagéré le nombre et la gravité, et que les jésuites approuvés par l'Eglise et dont la prosciiption avait été pour un pape la source de tant et de si cruels remoi'ds, étaient dignes de rattachement des catholiques.
Leur existence, d'ailleurs, comme celle des autres Ordres religieux, loin d'être incompatible avec la liberté, s'allie avec elle dans les trois pays les plus libéraux du inonde : l'Amérique, la Belgique et l'Angleterre ; et du
(1) Inst. Soc. Jes., l. Il, p. lU t; édit. de I^rayue, 17o7.
rps:to, en le> oxiliianl du druit tonimun , narrive-l-oii poinl à dos rtsullals d'iim' absurdité révollanle.
« Dai^Miez encore , Messieurs , dit le noble orateur, remarquer ce qui se passe autour de vous. La chaire chrétienne a toujours été une des «iloires de la Franet', même sous le point de vue intelleclnel et littéraire. Eh bien ! quel est le |ibénoint'ne qu'elle vous i)résente aujourd'hui? DtMix hommes, rivaux par rélo((uence, mai^ profondément unis par leur alVection n-cipioipie, par le but de leurs travaux, par l'analogie des révolutions lie leur vie : l'un, dont la i)arole bondit comme un torrent impétueux, entraîne et terrasse par des élans ini- [)révus et invincibles; l'autre, (pii comme un Meuve majestueux, répand les Ilots de son éloquence, toujours harmonieuse et correcte : l'un (jui domine (^t ébranh; par rentliousiasme. [)ortant jusqu'au fond des conus les plus lebelles des éclairs de foi, d'humilité et d'amour ; l'autre qui pei"suade cl émeut autant par le charme (|U(? par l'autorité, et qui redresse les intelli|Tenccs en purifiant les âmes ; tous les deux, le dominicain et le jésuite, enchaînant successivement d'année en année, au pied de la plus haute des tribimes, des milliers d'auditeurs attentifs, charmés, surtout étonnés de s'y trouver ; tous les deux rendant ainsi à la chaire française un éclat, une popularité et une gloire qu'elle n'avait pas connues depuis le"< jours de Mas<ill(jn. K\\ bien ! ces deux honnues, l'honneur <le la France catholif[ue, ces deux lu»iiimes dont je chercherais dildcilement les rivaux et surtout les supérieurs à aucune autie tribune, soit politii|ue, soit httéraire, ces deux homjnes, vous les proscrivez, vous les déclaie/ incapable«^ d'être maîtres d'étude, vous leui' refusez le droit que vous livrez au dernier de vos bacheliers, et cela flans une loi (pii s'appelle une loi de liberté! ^'ous les excluez de cet enseignement auipiel se livrenl impunément tels hommes que je ne veux pas nonuner
à côté d'eux, et qn'i ont ,>oulevé lant de scandales; vous les excluez, eux seuls: je me trompe, eux et les cou})ables llétris par la justice criminelle du pays, ou ilétris au jugement de leurs concitoyens par leur immoralité notoire! Et pour quelle cause les excluez-vous? Leur capacité ne saurait être douteuse ; et d'ailleurs ils ne reculeraient eux et leurs frères devant aucune condition de capacité. Est-ce donc leur moralité qui vous inquitHe ? Ont-ils commis quelque délit? sont-ce des conspirateurs, des ennemis du repos public ? Non, leur vie est aussi irréprochable que leur éloquence est éclatante : ils ont passé partout en taisant le bien. Leur crime, le voici ! c'est d'avoir senti qu'il fallait mettre leur talent, leur énergie, leur dévouement, leur désintéressement même sous la sauvegarde d'un lien sacré ; c'est d'avoir juré à Dieu de rester chastes, pauvres et obéissants ; c'est d'avoir renoncé aux trois grandes tentations de l'humanité, la chair, l'or et l'indépendance de la volonté : leur crime, c'est de s'être engagés, par des obligations spéciales et inviolables, et jusqu'à la mort, au service de Dieu et du prochain. Voilà leur crime ! voilà pourquoi des législateurs d'un pays civilisé, qui se disent chrétiens, et qui se révoltent quand on les qualifie d'incrédules, déclarent ces hommes dont je parle, eux et leurs pareils, incapables de veiller sur l'enfance.
:») Je ne crains pas de le dire, on n'en ferait pas autant en Turquie. Non, si le père Lacordaire ou le père de Ravignan allaient ouvrir une école en Turquie, on ne la fermerait pas sous le seul prétexte qu'ils se sont voués à Dieu par ces trois vtieux qui depuis quinze siècles ont enfanté tant de merveilles.
» Et qui donc a dit aux auteurs de cette exclusion que ces hommes n'ont pas derrière eux d'autres honnnes qui leur ressendjlent ? Ils appartiennent tous deux à des ordres qui ont rempli le monde de leurs vertus, de leui'
^éuie cl «le leurs iiiarl\Ts. ()ii a-l-oii donc pris le dioil de larir k? dévouement, l'énerpe, le talent, à leur source la |>lus pure et lu plus féconde ? Où donc a-t-on pii>> le droit de dire au nom de la France : .l'ai assez de rorce, assez de talent, assez de dévouement comme vehi ; je n'ai plus besoin de lien : on dit que ces hommes ont tout cela ; mais peu m'impoiU^, je ne veux pas même en eseayer : ils sont Français aussi ; peu m'importe encmc ; que le sein de la patiie leui- demeuie fermé ! Ils réclament la liberté et l'é^'alité : (pie la liberté soit pour eux une chimère, la liberté un mensonge; ou plutôt, qu'ils soient libies conmie les Ibnats libérés, et égaux aux repris de justice. [Réclamations.) Oui, Messieurs, c'est bien cela ; les forçats, les repris de justice et les moines : voilà les trois seules cctégories que vous excluez. »
Restait la question des petits séminaires : elle fut pour les catholiques le signal de la retruite. Ils n'avaient plus de place dans la discussion, car ils se trouvaient en présence de deux opinions incompatibles avec leurs principes et avec leurs afléctions.
L'une d'elles, en effet, demandait, avec le projet de loi au profit de ces établissements déjà restreints et gênés de mille manières, certaines exemptions qui avaient l'apparence d'un privilège; l'autre réclamait le droit commun et, en astreignant les petits séminaires à toutes les prescriptions de la loi actuelle amendée par la Commission, devait détruire les dernières ressources de l'éducation religieuse en France.
En abandonnant la lutte sur ce terrain, M. de MonUilembert, donna au Gouvernement un de ces avis qui ne peuvent '^oitir que d'une bouche oi d'un CdMir catholiques.
" Le droit des évéques, riisait-il, de préparer une portion de la jeunesse au sacerdoce est un droit sacré,
imprescriptible, inséparable de leur autorité, indispensable à leur ministère : il leur a été imposé comme im devoir par le concile de Trente, et il a été reconnu par tous les gouvernements de la France, excepté par le décret de 18H, rendu lorsque le pape était dans les fers, et qui n'a d'ailleurs jamais pu être complètement exécuté.
» Or, quoi qu'il arrive, les évèquesn'y renonceront pas: rEij;lise ne se courbera jamais sous le joug de l'Université. Il n'y a pas de loi, pas de violence, pas de ruse, pas de faveur qui puissent l'y réduire; car autrement il lui faudrait devenir infidèle à ses traditions et à ses propres lois, et c'est un spectacle que l'Eglise catliolique n'a jamais encoie donné au monde.
» Vous voudrex peut-être l'y contraindre; vous essaierez de forcer la volonté des évèque'^; vous ferez beaucoup d(i mal à l'Eglise; mais vous en ferez beaucoup plus encore à l'Etat. (Mouvement.) Et, en outre, vous ne réussirez pas. Ce que vous ferez, le voici : vous exciterez contre vous, au sein de la portion la plus honnête et la plus tranquille du peuple français, une de ces résistances lentes à se former, mais Lien plus lentes encore à disparaître, et qui deviendra peu à peu votre plus redoutable obstacle ; une de ces résistances dont on ne vient pas à bout avec la force matérielle, mais qui survivent à toutes les violences comme à toutes les finesses de la politique. Oui, sachez-le, au fond de chaqvie presbytère, au pied de chaque autel, devant chaque foyer domestique, où se réuniront des catholiques, auprès de chaque berceau où veilleia une mère chrétienne, vous armerez contre vous les sentiments les plus profonds et les plus énergiques (|ue le cœur humain puisse nourrir. Et vous aurez fait tout cela, uniquement par peur de la liberté, et par complaisance pour des passions vieillies et pour les traditions des plus mauvais temps de notie histoire.
» Vous courez droit sur un écueil que nul n'a jamais
— Uil —
;il»or«lt* sanr» |iè!il,<'t où se soûl liiisécs dos piiissam.'cs Wwii autreiiienl fortes cl lucn aulrcnient lial)iles nue n'imitorli' i|m.'l ptuivoir (l'anjoiutrimi : nous vous lo signalons. Si nous no !•• faisions pas, nous serifuis inlitIMes à notre devoir et à ce serment de bons et loyaux pairs de France; ipie nous voulons inviolablenient tenir. {Agitation.) »
I^i lutte avait été longue, laliorieuse, noMe et belle.
M. de Montalenibert, vaillaniinent soutenu dans sa campagne contre le monopole par MM. le marquis de BiirlhcWnnii. le comte Beugnot , le duc d'Harcourt, lo baron de Brigode , le marquis de Gabriac , 1(> baiou Séguioi'. le baron de l' réville, et lo mai-quis do (lourtavel, avait rencontré des adversaiies nombreux et lodoutables. à la tète destjuels maicliaicnt trois bornmes qui à eux setds valaient une armée.
(l'étaient :
M. (iidzot . bisturien érudit , lilléralour élégant ol cbàtié, logicien implacable, administrateur expérimenté, oratetir plein de vues profondes et d'aperçus nouveaux, babile à dégager de leurs accessoires les questions les plus complexes, armé dans la discussion d'un sang froid inébranlable et bautain, et recouvrant une argumentation puis.sante d'une diction majestueuse, nette, précise, forte, légèrement colorée, et parfois, dans la léplicjue, vive et jtiquante.
M. Villemain , dont l'esprit puli , insinuant et railleur prodiguait l'épigramme et revêtait ses fréciuents sarcasmes d'une élocution ricbe et barmonieuse; véritable fils de Voltaire, formé à l'école de Cicéron.
M. Cousin^ qui cacbait une baine tenace et froide contre l'Eglise derrière les masques de protestations sans cesse renouvelées du plus pur catholicisme, se perdait dans l'idéal, mais était habile à manier l'improvisation, très exercé dans la pulémiipie, et souvent, malgré les nuages dont il s'entourait, impétueux et entraînant.
Malgré la noblesse de leur cause et l'énergie de leur courage, les partisans de la liberté furent battus, mais leur défaite était une victoire. Le projet de loi ne tut voté qu'avec une majorité de 18 voix. Depuis 1830, on n'avait point vu ^encore une si forte minoi'ité s'élever contre une loi si importante. A ce triompbe s'en ajoutait un autre. Plus d'une fois, dans l'ardeur de la lutte, M. de Montalembert et ses nobles compagnons avaient forcé leurs adversaires, à rendre hommage à la religion et à la liberté.
« Ils ont été battus, disait à cette époque un célèbre jouteur qui prit dans le journalisme une part importante au combat, ils ont été battus par le nombre; ils ont triomphé par le caractère, par le talent, par les idées, (i)»
(( On peut les croire vaincus, ils ne le sont pas; ils ont creusé le sillon et déposé la semence ; ils s'éloignent du champ encore stérile, connue le laboureur qui s'en va quand son œuvre est accomplie, laissant à la Providence de faire croître ce germe nécessaire arrosé . de sa sueur. Ce que l'homme n'a pu faire. Dieu le fera; le germe croîtra, parce que Dieu ne veut pas que ses créatures meurent. Quand la moisson sera mûre, ceux qui seront appelés à en jouir, n'oublieront pas, dans leurs louanges et dans leurs prières, les premiers partisans de cette moisson si laborieusement préparée et si longtemps attendue. (2) »
Ces espérances se sont eu partie réalisées et nous jouissons aujourd'hui d'une liberté, qui, sans doute n'est point complète, mais vaut mieux que la senitude. C'est la main du glorieux Montalernbert qui en a planté le germe; c'est sous les auspices de son glorieux nom que ce germe s'est développé et a donné sa fleur, en 1850 ; espérons qu'il lui sera donné, comme récompense de sa noble et généreuse carrière, d'en oflVir bientôt le fruit en pleine maturité <à son pays.
(1-2) L. Veuillol, Mélanges, 1" série, lomcs i, puB^s "àl'J et o'X".
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