X PREFACE
fera M)ir aux plus aNciigh'S (jue le llauilK'aii, deiiose par le Clirist entre les mains de l'Eglise il y a clix-liiiit siècles, n'a perdu aucune de ses clartés.
Oui, soyons fiers de notre mère ; jamais elle n'a été plus lieurouseraent féconde. Apres avoir traversé les épreuves du dernier siècle et les épreuves non moins redoutables ([u'elle a subies de nos jours, elle a encore eu assez de force pour enfanter des croisés.
Et quels croisés ! Les ennemis de l'Efilise ont été forcés, tout en leur [)rodiguant d'injurieuses épitliètes, de reconnaître la vaillance de leurs bras, la générosité de leur sacrifice, la grandeur de leur courage, l'héroïsme de ii>ur charité, la vigueur indomptable de leur foi.
L'histoire redira avec admiration l'invincible énergie de cette poignée de braves, allant, poursuivis par les plates railleries de vils calomniateurs, mourir, sous les enseignes du Pape-roi, leur pontife et leurpèi'e. Déjà le monde est rempli de leurs exploits et leurs adversaires farouches et pleins de jactance, portant au dos les mart|ues indélébiles de la lâcheté et de la félonie, ont reconnu eux-mêmes par la rapidité de leur fuite ce que [)eut dans le cœur du guerrier le courage qui puise sa force dans la foi.
Ne craignons pas de le dire: les croisés modernes ont vaincu leurs ancêtres. Ils paraîtront devant la postérité, portant sur leurs fronts d(; vingt ans les lauriers des combattants illuminés par la douce auréole de la sœur de charité.
Mais, outre les soldats de l'épée, il y aies soldats de la parole et les soldats de la plume.
Ils n'ont pas, de nos jours, fait défaut à l'Église. Au commencement de ce siècle, Chateaubriand la pare des charmes enchanteurs de sa riche imagination; de Maistre, de Bonaid et un peu plus tard l'infortuné
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(II' la M«Min;us,(lt'l»l;iiont sa route dos débris anioiiceh's par le siècle matérialiste de Voltaire, et de Jean-Jaeques. Lorsque le temps des luttes arrive, cette reine incomparable continue sa marche triomphale , précédée, entourée, par les \ aillants champions de de l'école cath(di(jue, à la tète de la(|uelle marche, comme nn géant, le chef de ces croises d'un nouveau fîenre, l'intrépide comte de Montalembert. A mesure que les dangers se multiplient, (|ue les adversaire: de l'Eglise deviennent plus nombreux, le Iront de bataille de cette année d'élite se (h'ploie et ré|)ond à toutes les .■itta(}ues. Du Parlement, du Journalisme, de l'Institut sortent de courageux et habiles soldats. L'histoire, la [)liilosophie, la science, la poésie, les arts eux-mêmes deviennent, entre les mains de ces vaillants, des armes puissantes avec lesquelles ils défendent leur mère, dans le passé, dans le présent, lui préparent l'avenir et tlagellent ses ennemis.
Ur, toutes ces admirables gloires de l'Eglise Catholique sont-elles connues ?
Nous ne le pensons pas, et il est dur de le dire, il est des catholiques même dévoués, (jui connaissent les aventures des héros fabuleux des romans impurs qui inondent notn^ littérature; les chants lubriques des poetcreaux (jui la salissent; les drames cyniques (|ui déroulent leurs scènes immondes sur les tréteaux di' nos ignobles théàtnîs, et qui ignorent non-seu- Itiiient les oeuvres et les écrits de nos célébrités catholiques eontemporaines, mais qui savent à peine leur nom.
Etrange anomalie ! Ils ont du temps et de l'admiration pour les eiuienu's de l'Eglise ; ils n'en ont |)as |)Our ceux qui la delendenl.
Avouons-le, c'est fuir la famille pour aller à l'étranger. C'est faire comme le prodigue; (|Millei' les bons
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exemples et les excellents conseils du loyer, pour courir après les folles aventures ; c'est aller dissiper son temps, son ar^'-ent, ses facultés, au profit de 'ses plus perfides ennemis; c'est renoncer aux plus nobles Jouissances, aux plaisirs les plus purs et les plus féconds^ pour courir après de volayes distractions, après des plaisirs qui laissent le \ide dans l'intellificnce et déposent dans le cœur de mortels poisons,
11 est du devoir des catholiques de combattre cette fatale tendance. Chacun de nous doit s'elJbrcer d'attirer ceux qui l'entourent à la source où est la vie. La vie se trouve où est la vérité et la vérité n'apparaît fj;uère aujourd'hui que dans les œuvres catholiques. C'est à l'école des fidèles enfants de l'Eglise qu'un chrétien doit aller chercher les principes capables de diriger sa conduite. C'est en les étudiant, eux et leurs œuvres, que l'on apprendra à fouler aux pieds le respect humain, ce redoutable ennemi des lâches; que l'on trouvera la force de résister aux basses passions de la nature îdéchue ; que l'on fortifiera son caractère contre les déceptions de la vie : en un mot que l'on deviendra plus homme (vir), en devenant plus chrétien.
C'est dans le dessein de contribuer, selon la faiblesse de nos forces, à cette œuvre, que nous avons entrepris la galerie des gloires modernes de l'Eglise, dont nous donnons aujourd'hui le premier volume.
Convaincu que le plus sur moyen de connaître les hommes, les contemporains surtout, est de les entendre parler, de les voir a l'œuvre, d'entrer dans leurs pensées, de mettre la main sur leur cœur, nous avons multiplié les citations. Ces citations ne seront peut-être pas toujours approuvées par les gens de lettres, et ceux qui connaissent les œuvres que nous analysons, trouveront que nous aurions quel-
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(jiii'lois pu mieux choisir. L'obligation jjue nous nous sonnni's imposée de donner une idée aussi compli'te (|ue possible de leurs anivres, nous ser^ ira d'excuse.
Nous tenons, du reste, a le dire. Nous ne lai.-ons pas œuvre de polémique. Tous les hommes (jui ont mis leurs t dents au service de l'Éfi^lise, ont droit a notre amour, a notre respect et à notie reconnaissance. Nous les aimons, nous les vénérons, et c'est pour les faire vénérer et aimer, (|ue nous écri\ons. Entin, nous n'avons aucune peine a l'avouer, pour faire ce li\re, nous nous sommes plus servi de noire mémoire et di> nos lectures, (|ue de notre pi'opre tonds.
Pourquoi avons-nous pris .M. de .Montalembert [)Our sujet de début?
(>e Noiume repondra.
Hyravestif s, iOjiiilIel l>ifiî).