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L HOMME POLITIQUE

Le Conseil d'Élat sous l'aneienue monarchie. — La magistrature. — Les hôtels du Marais. — Eloge de la religion catholique. — Les anciennes institutions de la France. — Tolérance politique de M. de Montyon. — Il ne partage pas Tengouement de son époque pour Rome et Sparte. — La monarchie constitutionnelle et traditionnelle. ■ — Les impôts. — Les lois somptuaires. — M. de Montyon et J.-J. Rousseau. — M. de Montyon libre échangiste. — Il demande la suppression des prestations en nature.

M. de Montyon appartenait à cette compagnie si considérée que l'on appelait le Conseil d'État.

Le Conseil d'Etat, sous l'ancien régime, correspondait à peu près aux Conseil des ministres*, Conseil d'Etat et Cour de cassation ac-

1. L'administration provinciale avant 1780, par Ernest Auberge. Société d'archéologie de Seiue-et-Marne, 1878.

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tuels, avec ces différences que, en vertu du principe que toute justi^-e émane du roi, le souverain pouvait y faire juger les affaires qu'il lui plaisait d'évoquer, et que les diverses sections appelées Conseils des dépêches, des fluances et du commerce, exerçaient des attributions executives que le Conseil d'Etat moderne ne possède pas.

Les ministres en titre étaient ceux des affaires étrangères, de la guerre, de la marine, de la maison du roi. A côté d'eux se plaçaient le (.•hancelier, la première personne en dignité après le roi, et le contrôleur général des finances, qui, sans être revêtu du titre de ministre, avait depuis Colbert attiré à lui toutes les affaires donnant lieu à des questions d'arnent, c'est-à-dire la totalité de Tadministration. C'était le véritable ministre de l'intérieur, bien que n'ayant nominalement aucune participation à Tadministration des provinces, répartie entre les trois ministres des affaires étrangères, de la guerre et de la maison du roi. Le lot du ministre de la guerre comprenait les provinces frontières, celui du ministre des affaires étrangères le Berry, la ^'ormandie, la Champagne, le lyonnais, les Dombes et Trévoux; le reste de

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la France relevait du ministre de la maison du roi.

Tous ces personnages ministériels avaient entrée au Conseil d"Etat, qui se composait, en outre, de trente conseillers et de quatre-vingts maîtres des requêtes. C'était parmi ces derniers, chargés de rapporter les affaires devant les diverses sections, que se recrutaient presque toujours les intendants de provinces. Ainsi nous avons vu l'application de cette règle par rapport à M. de Montyon, qui, maître des requêtes, fut nommé successivement aux intendances d'Auvergne et de Provence et finit par revenir à Paris en qualité de conseiller d'Etat. L'almanacli pour l'année 1789 ' que j'ai sous les yeux indique que M. de Montyon était conseiller d'Etat ordinaire et au conseil royal des finances et du commerce. Il était également membre de la Société royale d'agriculture et demeurait rue des Francs-Bourgeois au Marais.

Le Marais comptait encore à cette époque de beaux et magnifiques hôtels ^ C'était, dans la rue même où demeurait M. de Montvon, l'hôtel

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