Tableau des progrès de l'esprit liumain, deuxième époque
l'homme politique 177
M. de Montyon était libre échangiste, et en cela il partageait la doctrine de Henri IV, qui écrivait à la date du 12 mars 1595 :
« La liberté du trafic est l'un des principaux moyens de rendre les peuples aisés, riches et opulents. »
Aussi ne craint-il pas de traiter d'insensé le régime introduit par Golbert '. « Ce ministre causa au pays un préjudice essentiel en tolérant une police absurde sur le commerce des grains, en souffrant que les cours de justice réservassent à la consommation de leur territoire les blés produits dans ce territoire, et qu'elles défendissent de faire des magasins qui sont évidemment nécessaires pour transmettre la surabondance d'une récolte à la stérilité d'une mauvaise année. Il tomba encore dans une erreur pernicieuse en ce qu'il ne permit point l'exportation des grains dans les années d'abondance, ce qui priva le cultivateur du produit de ses peines et découragea la culture. »
M. de Montyon se déclare en faveur de la suppression des corvées. Cette suppression , dont rhonneur remonte à M. Turgot, est loua-
1. Rapport au roi Louis AT///, par -M. Au^el de .Moutyou. Londres, n06.
ble en ce qu'elle fit retomber sur les propriétaires de la terre la charge de la construction et de l'entretien des chemins qui portaient en grande partie sur les manouvriers.
« Que le manouvrier, dit M. de Montyon ^ , qui est sans propriété foncière, soit affranchi d'un travail dont l'objet n'est directement utile qu'au propriétaire du sol , c'est une disposition dont la justice est évidente; mais, comme cet affranchissement ne peut avoir Lieu qu'en en rejetant la charge sur les propriétaires de terres , la conversion d'un travail en nature en une rétribution pécuniaire est susceptible de considérations qui méritent d'être étudiées.
« Il faut observer comment cette conversion doit être opérée ; si elle est également avantageuse pour tout genre d'ouvrages, confection ou entretien des chemins ; si elle est également convenable dans tous les pays, dans ceux où le genre de culture laisse pendant quelque temps les hommes et les animaux destinés à la culture sans occupation, et dans ceux qui offrent un objet de travail continuel; dans quelle proportion la contribution doit être répartie ; si
1. Rapport à S. M. Louis XVIII, par M, de Moutyon. Londres, 1796.
elle doit peser sur les produits du sol seulemont, et également sur les terres qui sont à la proximité du chemin, et sur celles qui, par leur distance, en tirent peu d'avantages ».
A coup sûr, ces excellentes réflexions sur la prestation en nature, impôt sans cesse critiqué et encore maintenu de nos jours, nous mènent loin de ces phrases sonores que nous citions tout à l'heure. C'est qu'ici c'est l'homme pratique qui reparaît, l'administrateur utile ; et celui-là est vraiment hors de conteste.
Le xviii" siècle ne répugnait pas à ces maximes humanitaires, qui abondent dans les écrits de M. de Montyon, et c'est par là môme qu'il plaisait à ses contemporains. Notre époque , plus sobre dans l'expression, saura reconnaître que les idées émises par M. de Montyon sont souvent empreintes d'un rare bon sens et qu'elles méritent qu'on s'y arrête.
GHAPÎTRE VI
Eloge du chancelier de L'Hôpital. — Recherches et considérations sur la population de la France. — Mémoire présenté au roi au nom de messieurs le comte d'Ai'tois, le prince de Coudé et le duc de Bom'bon. — Les conséquences c[ui ont résulté pour l'Europe de la découverte de l'Amérique. — Rapport à S. M. le roi Louis XVIIL — M. de Montyon et les Français émigrés en Angleterre. — Progrès deslumièi^es au xviiie siècle.
— Influence des diverses espèces d'impôts sur la moralité, l'activité et l'industrie. — L'éloge de Corneille.
— L'exposé statisticfue du Tunkin. — Particularités et observations sur les ministres des finances les plus célèbres depuis 1660. — Le système de Law. — ■ Les ministres des finances de Louis XV et de Louis XVI sont plus honnêtes que ceux de Louis XIV. — Utilité de maintenir les ministres en place.
Le 24 août 1822, M. le comte de Ségur, parlant devant l'Académie française de M. de Montyon, disait * : ce On se rappellera quelquefois qu'il a
1 . Institut de France, Acatlémie française, recueil 1820-1820.
fait de bons livres, mais on se souviendra toujours qu'il a secouru beaucoup les malheureux. »
Ces paroles sont fort justes. J'ai l'intention de me conformer à l'idée indiquée par le spirituel académicien en ne donnant pas à ce chapitre un développement qu'il ne comporte pas. Ce n'est point que je pense que M. de Montyon soit sans mérite littéraire ; mais j'estime que là il n'occupe qu'une place secondaire, tandis qu'il est au premier rang comme administrateur, et tout à fait hors de pair comme bienfaiteur de rhumanité.
La gloire des grands hommes a plusieurs aspects, et cTiaque époque peut y trouver son point de vue \ C'est sous l'aspect du plus grand philanthrope du siècle que notre génération envisage M. de Montyon; je croirais diminuer ce grand homme de bien si j'accordais à ses œuvres littéraires cette importance hors ligne qui n'appartient qu'à ses bonnes actions.
C'est en 1777 que M. de Montyon fit paraître son premier ouvrage 2, l'éloge de ce grand chancelier de L'Hôpital, qui, dès le xvf siècle, avait si
l. Saiut-Marc Girardiu.
■2. Elo'je de Michel de U Hôpital. Pari;5, 1777.
nettement indiqué aux magistrats leurs devoirs en leur disant qu'ils étaient « les juges du pré et du champ et non des mœurs, non de la religion. »
M. de Montyon adresse un curieux reproche à L'Hôpital : c'est celui d'avoir tenté la suppression des épices qu'il voulait remplacer par une augmentation du traitement des magistrats. « La haine vigoureuse que L'Hôpital porta à l'intérêt sordide l'entraîna même, dit M. de Montyon, au delà des fonctions de sa charge. C'est le seul reproche qu'on peut lui faire. Eu supprimant les épices, on pensa que le chancelier cherchait à leurrer le peuple, et, en augmentant les honoraires des juges, on crut qu'on voulait affaiblir leur pouvoir. Mais le Parlement résista. Le chancelier céda; les épices furent maintenues. » M. de Montyon admire tout à la fois la courageuse résistance du Parlement et la soumisson du chancelier.
L'œuvre de M. de Montyon fut honorée des suffrages de l'Académie. Gela prouve jusqu'à un certain point que le jugement porté par M. de Montyon sur L'Hôpital était partagé par ses contemporains. Il y a là une circonstance atténuante.
L'année suivante, M. de Montyon ût paraître les Recherches et considérations sur la population de la France '. Bien que cet ouvrage ne porte pas le nom de M. de Montyon, mais celui de M. Moheau , son secrétaire , le Journal des savants de mai 1779 dit que cet ouvrage est de M. de Montyon. Girault de Saint-Fargeau, dans sa bibliographie de la France, n'est point de cet avis. L'opinion du Journal des savants a toute-fois prévalu. Je la partage et j'estime l'avoir définitivement assise sur des bases certaines.
Au cours dos recherches que j'ai opérées aux Archives nationales, dans les papiers séquestrés, sur les émigrés et les condamnés, j'ai retrouvé -, au milieu de baux , quittances et papiers de toutes sortes ayant appartenu à M. de Montyon, des feuillets épars, couverts de chiffres et d'appréciations, se rapportant à l'ouvrage en question, le tout écrit de cette écriture fine, peu lisible, à peine achevée, qui est celle de M. de Montyon. Le doute n'est donc plus possible. Sur le recto, on trouve un bail ou un projet de bail, et sur le verso les chiffres de « la statis-
1. Recherches et considërations sur la population de la Frayice, par M. Moheau. Paris, 1776.
2. Archires nationales. Émigréâ et eondamués, papiers séquestrés, IV, t. 1 et 2.
tique ». Pour qui connaît la parcimonie habituelle de M. de Montyon, la chose n'est pas étonnante.
Ce livre obtint un succès qu'on a quelque peine à comprendre aujourd'hui. 11 est en efîet d'une lecture difficile et sans bases certaines. Le comte Daru en faisait cependant quelque cas, et, dans un discours prononcé au sénat, il reprocha aux commissaires nommés pour estimer la population de ne s'être pas conformés aux principes établis dans cet ouvrage pour les évaluations et les classifications. En mettant ce livre à l'actif de M. de Montyon, nous ne pensons pas avoir accru sa renommée, mais seulement avoir rendu hommage à la vérité.
Dans le courant de cette même année M. de Montyon rédigea pour le comte d'Artois , le prince de Coudé et le duc de Bourbon, un mémoire adressé au roi \ Les princes au nom desquels il écrivait n'étaient certes pas à la tête du grand mouvement libéral de l'époque; c'est ce qui explique la phrase suivante , qui est comme le résumé du travail sans être pour cela l'expression de l'opinion personnelle de M. de Montvon :
1. Mémoire présenté au roi au nom de MM. le comte rf Artois, le prmce de Condé et le duc de Bourbon. Paris, 1778.
« Qui peut dire où s'arrêtera la témérité fies opinions? Les droits du trône ont été mis en question ; les droits des deux ordres de l'Etat divisent l'opinion ; bientôt les droits de la propriété seront attaqués ; l'inégalité des fortunes sera présentée comme un objet de réformes; déjà on a proposé la suppression des droits féodaux comme l'abolition d'un système d'oppression, reste de la barbarie. »
Le dernier prix que donna au xviii= siècle l'Académie française échut à M. de Montyon. Pendant cinq années de suite^ le prix avait été remis. Le sujet était : « Les conséquences " qui ont résulté pour VEurope de la décou- « verte de V Amérique, relativement à la poli- « tique , à la morale, au commerce. » C'était, l'ait justement remarquer M. Feugère ' , une question dont la gravité réclamait les plus hautes lumières unies aux plus vastes connaissances.
C'est en 171JG que se place la publication de Tœuvre capitale de M. de Monlyon au point de vue politique, son Rapport au roi Louis XVIII -,
1. Élor/n de M. de Montijo)i, par .M. Léon Feugère. Paris. 1834.
■2. Rapport à S. M. le 7-oi Louis Wlll, par JI. Aiiget de .Moutvoii. Londres. 1796.
réponse à l'ancien ministre de Galonné, qui venait de publier à Londres, son Tableau de l'Europe. Cette publication eut un grand retentissement. « Je me souviens, dit M. Lacretelle \ de l'impression que produisit en France en 1796, pendant la domination du Directoire, la lecture du rapport adressé à Louis XVIII par M. de Montyon. Nulle chose ne fut plus propre à donner des forces au royalisme renaissant. Le cœur du roi proscrit et du magistrat, son interprète, s'étaient admirablement rencontrés dans cet écrit conciliateur. »
Mieux que tout autre, Lacretelle était à même d'apprécier l'effet produit au sein du gouvernement français par la publication de M. de Montyon, car il était alors en relations continues avec Fouclié. Quatre ans avant, Mallet du Pan avait fait paraître à Bruxelles son fameux ouvrage Considérations sur la nature de la Révolution. On sait la colère que cet ouvrage suscita parmi les émigrés. La publication du Rapport au roi coïncida avec celle d'un ouvrage de M. de Montlosier intitulé Effets de la violence et de la modération dans les affaires de France^ qui
1. lustitut de France, Académie française, discours sur M. de Moutvon, 25 août 1821.
attira également à son auteur des haines implacables.
Assurément l'œuvre de M. de Montyon ne souleva pas une polémique aussi vive, mais elle causa un profond mécontentement parmi les royalistes purs. Je ne veux pas ici établir un parallèle entre les opinions politiques de Montlosier et celles de M. de Montyon. La fougue du premier était grande, et, comme le disait avec esprit Cazalcs, « il est vraiment étonnant qu'un homme aussi violent ait jugé à propos de parler de modération. » Le même reproche ne peut à coup sur être adressé à M. de Montyon, esprit calme et modéré; cependant peu s'en fallut que cette société de l'émigration, si nombreuse à Londres depuis que les revers des Autrichiens l'avaient accrue des gentilshommes de l'armée de Gondé, ne fît un mauvais parti à M. de Montyon.
Sans doute M. de Montyon défendait l'ancien régime, qu'il avait servi loyalement mais il en reconnaissait les abus. « Or les abus, comme le disait naïvement une émigrée, Mme de Monregard, c'est ce qu'il y avait de mieux '. »
1. Le comte de Monthsier et les constitutionnels, par M. lîardoux. Pari?, 1880.
Toule rémigration est là: société insouciante et frivole, qui puisait dans son insouciance et sa frivolité même une certaine apparence de force. Le matin, chaque émigré recevait comme subside le schelling voté par le Parlement. Le soir on se réunissait entre soi ; on trouvait le moyen de s'amuser; on dansait même, quand le temps était froid et qu'on n'avait pas de quoi se chauffer. On faisait des jeux de mots sur« ces affreux monarchiens ». M. de Lally était « la lie du })euple. » Enfin on suivait la tradition de ce gai xviii^ siècle : on continuait à se divertir, non pas autant qu'on l'aurait youIu, mais autant qu'on le pouvait.
On ne récriminait pas contre le passé; bien au contraire, on espérait le voir renaître un jour ou l'autre. C'est précisément parce que le Rapport cm roi signalait les réformes à introduire qu'il fut mal accueiUi par ces émigrés désœuvrés qui plaçaient tout leur espoir dans l'accroissement du mal. On condamna l'ouvrage, comme n'étant pas assez monarchique.
Le mécontentement se serait traduit par des actes, et Tintolérance des royalistes purs se serait donné une libre carrière sur M. de Montyon, en l'obligeant à quitter l'Angleterre, tout comme
on avait fait pour MM. de Lameth et de Lusignan, si l'on n'avait appris que le roi Louis XYIII avait reçu communication du manuscrit et que l'impression en avait été faite par ses ordres. Ce fut pour les royalistes purs un coup d'autant plus difficile à supporter que le comte de Provence venait de traiter avec une certaine dureté M. de Montlosier, et qu'ils espéraient bien qu'un même traitement serait inffigé à M. de Montyon. M. le comte de Provence fut qualifié de jacobin. L'attitude de M. le comte d'Artois, qui ne prit même pas connaissance de l'œuvre de son ancien chancelier, fut jugée beaucoup plus correcte.
M. de Montyon se consola facilement de l'hostilité des royalistes et de l'indifférence de son prince. Pour lui, l'exil n'était pas une ré-anion de causeurs élégants, mais un lieu d'épreuves où l'on prépare l'avenir en méditant sur les fautes du passé. Ces fautes du passé M. de Montyon les connaissait bien et il osait les signaler. Il ne craignait pas de proclamer hautement ({ue les lois les plus solennellesavaient été enfreintes.
« Il est donc nécessaire, disait-il ', que Pem-
1. Rapport à S. M. le roi Louis XVI II, par M. Auget de Montyou. Loudres, 1796.
ploi des revenus de l'État soit tellement déterminé, que le citoyen soit assuré que non seulement il ne paye pas la plus légère somme dont il n'ait consenti la levée, mais même que chaque portion de cette somme aura l'emploi auquel lui-même Ta destinée par l'organe de ses représentants.
a Une constitution ainsi organisée, continuait M. de Montyon,, est évidemment la seule qui puisse convenir à la France et la faire jouir avec stabilité des grands avantages qui sont le produit de l'état social. Une telle constitution est exactement conforme aux principes généraux des sociétés politiques ; il y existe division des pouvoirs législatif et exécutif, et combinaison de deux genres de pouvoirs ; en sorte que la nation ne peut produire une loi que par la volonté du roi, et le roi ne peut la donner sans le consentement de la nation. La nation n'est point appelée à gouverner, mais le roi ne peut gouverner sans l'assistance de la nation, parce que la finance est un moyen indispensable de gouvernement : les pouvoirs législatif et exécutif, étant ainsi en présence et en opposition, et sous divers rapports dans une dépendance réciproque, les entreprises illégales de l'un ou
de l'autre trouvent des obstacles; cependant ces deux pouvoirs sont obligés de se rapprocher et de se concerter pour donner au corps politique le mouvement sans lequel il périrait : malheur dont l'un et l'autre pouvoir seraient les victimes. Dans un tel équilibre et dans une telle combinaison des pouvoirs réside essentiellement la liberté : et il n'est pas un publiciste, si son suffrage n'est pas corrompu par quelque vil intérêt, qui ne reconnaisse dans un tel ordre de choses ces barrières tutélaires de l'humanité qui contiennent la monarchie qui tendrait à la tyrannie , et la liberté qui dégénérerait en licence. »
On comprend que des doctrines si profondément libérales n'aient point été du goût des royalistes purs. On laissa entendre que M. de Montyon avait des fréquentations avec le prince de Poix et autres gentilshommes amis des constitutionnels ; mais on n'osa pas aller jusqu'à le mettre lui-même aux rangs des monarchiens. D'ailleurs il avait le roi pour lui, roi habile et prudent, auquel M. de Montyon pouvait dire sans craindre de lui déplaire que « l'intérêt du peuple avait créé les rois et que là où finissait cet intérêt finissait la puissance des rois ».
Ce rapport, comme on l'a fait justement observer, est un modèle de dialectique calme et puissante, de clarté dans l'expression des idées, de justesse dans le raisonnement, de sincérité dans la discussion et en même temps de cette convenance, qui absout la conscience en condamnant les opinions. Jamais M. de Montyon, et c'est là son honneur, ne commit cette faute de n'attrilmer à ses adversaires politiques que des vues basses et criminelles.
En 1801, M. de Montyon obtint le prix, proposé par l'Académie de Stockolm, sur la question de savoir quel jugement devait être porté sur le XVII i<^ siècle.
Qui mieux que M. de Montyon connaissait ce xviii" siècle, dont il avait partagé les idées généreuses et jusqu'à un certain point les illusions ? Ne faisait-il point partie de cette société charmante, où l'élégant savoir-vivre du maréchal de Richelieu était pratiqué par les gens de bonne compagnie et oîi, cependant, la rusticité affectée de Jean-Jacques Rousseau ne déplaisait pas aux femmes du grand monde, comme une exception qui confirme la règle. Yoltaire, Rousseau, Montesquieu, Rufi'on, d'Alembert, Duclos, Mably, Condillac, Beaumarchais, Bernardin de
Saint-Pierre, Turgot, pliilosophes, légistes, naturalistes, mathématiciens, historiens, administrateurs, M. de Montyon connut tous ces grands artisans du progrès des lumières au xviii^ siècle. 11 rendit service à Voltaire. Il pensait avec Turgot, dont il était l'ami, que les citoyens ont des droits sacrés, que la société doit respecter parce qu'ils existent indépendamment d'elle. Il admettait, comme Montesquieu, que les institutions humaines ne sont point immuables. Il approuvait fort Duclos ' lorsqu'il disait que « rien n'était si embarrassant pour un gouvernement que les magistrats qui ont leur honneur à conserver, peu de choses à perdre et rien à prétendre, quand ils se renferment dans leurs devoirs. »
Ce que n'aimait pas M. de Montyon c'étaient ces gravelures et ces crudités que les maîtres de l'esprit public eux-mêmes introduisaient jusque dans leurs ouvrages. Aussi eut-il peine à dissimuler son mécontentement lorsque sa propre sœur Mme de Fourqueux écrivit ce romanMont nous avons parlé ailleurs et dont la publication n'a pas d'excuses, si ce n'est celle de coïncider