‹ M. de MontyonChapitre 25 sur 33 · Duclos, Histoire de France · texte numérisé non relu

Duclos, Histoire de France

■2. Julie fi'Olmont, par Mme do Fourqueux.

avec d'autres du même genre, comme Le portier des Chartreux.

Cet écrit de M. de Montyon sur le xviii'^ siècle est empreint de ce cachet d'impartialité qui est le propre de son talent. Pour lui, comme pour Mme de Staël, l'humanité grandit en spirale, mais elle grandit.

En 1806, M. de Montyon publia un traité sur Y Influence qu'ont les diverses espèces d'impôts sur la moralité, Vactivité et Vindustrie. Ce titre n'est point sans analogie avec celui de l'ouvrage d'Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse.

Gomme Adam Smith, M. de Montyon pense que tous les citoyens d'un Etat doivent contribuer à l'impôt dans la proportion la plus juste possible avec leurs facultés respectives. Mais tandis que l'économiste anglais, pour définir et résumer sa pensée, assimile le gouvernement à une vaste entreprise commerciale et déclare que les dépenses gouvernementales sont aux individus d'une nation ce que les frais d'administration d'un grand étabhssement sont aux actionnaires de cet établissement, chacun de ces derniers étant tenu de supporter une part de frais proportionnelle à l'importance des

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intérêts qu'il a dans l'entreprise, le philanthrope français donne à ses opinions une tournure plus philosophique et plus humanitaire.

« L'impôt, dit-il, est une institution louable: c'est un sacrifice qui tourne à l'avantage de celui de qui il est exigé ; bien ou mal dirigé, il électrise ou paralyse l'espèce humaine; il crée des vertus ou des vices.

(( Les impôts peuvent subir une classification toute naturelle ; dans la première se trouvent ceux qui sont justes et moraux : les uns sont destinés à donner des secours à la misère ; les autres répriment les jouissances vicieuses et corruptrices ; les premiers ont un caractère religieux, les seconds un caractère moral ; ceuxci portent sur les abus de la richesse, ils sont philosophiques : ceux-là pèsent sur l'opulence pour alléger la médiocrité, ils sont équitables ; enfin ceux qui donnent à la consommation ou au travail indigène une préférence sur l'étranger sont une prérogative nationale et peuvent être considérés comme des bienfaits de l'état social.

« Dans la seconde classe sont les impôts injustes, qui portent sur les besoins et non sur les jouissances, qui exigent de la pauvreté ce qu'on

ne devrait demander qu'à la richesse : ceux qui forcent les contribuables à recourir à l'usure et grèvent les objets nécessaires à la vie, de façon à renchérir toutes les productions du travail ; ceux enfin qui forcent les hommes à « contribuer à des jouissances qu'ils ne partagentpas. »

En un mot, pour Adam Smith l'impôt est un fonds de roulement à l'aide duquel on fait fonctionner la grande machine gouvernementale. Pour M. de Montyon c'est une sorte d'engin qui, suivant l'emploi que l'on en fait, sert à corrompre ou à améliorer l'humanité.

En 1808, V Éloge de Corneille, proposé par l'Institut de France, inspira à M. de Montyon quelques pages éloquentes ; mais ce mémoire avait été déposé par le comte Staremberg à son départ d'Angleterre; c'était trop indiquer qu'il provenait de la plume d'un émigré ; aussi fut-il écarté du concours *.

V Exposé statistique du Tunkin , que fit paraître M. de Montyon dans le courant de l'année 1811, peut presque servir de modèle à ceux qui s'occupent de recherches relatives à l'économie civile des Etats.

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