‹ M. DupontChapitre 10 sur 75 · LE BOIS PE ROMAINVIIJ.E · texte numérisé non relu

LE BOIS PE ROMAINVIIJ.E

Eugénie respire, ef Adolplie espère; en courant les uns après les autres, ils se rencontrent souvent. Adolphe, pour attraper Eugénie, saisit sa main, son bras entoure quchpiefois sa taille charmante. Eugénie ne retire pas sur-le-champ sa main, lorsqu'elle rencontre celle d'Adolphe qui la presse tendrement : ces moments sont pour eux les plus doux de hi journée!... Profitez-en, jeunes amants ; les riens sont beaucoup en amour, et c'est souvent avec desjiens que se compose le bonheur.

L'ami Dupont veut aussi courir après les dames, et surtout après mademoiselle Moutonnet; mais l'épicier n'est point leste, il court mal, il est bientôt essoufflé... «Vous allez trop vite, mademoiselle,» crie-t-il a Eugénie, « vous vous ferez du mal ; vous vous donnerez « une fluxion de poitrine. »

Eugénie ne l'écoute pas, et n'en court que plus fort ; elle sait bien qu'il y a quelqu'un qui l'alleindra.

M. Gérard propose de jouer a cache-cache ; on ne demande pas mieux. ««C'est moi qui le serai , " dit Duj)ont, <« et vous verrez que je vous aurai lùentot liouvés. »

On accepte. L'épicier va s'asseoir près de madame Moutonnet, en attendant qu'on lui crie : C'est fait.

JM. Bernard entraîne madame Gérard ; le petit garçon grimpe sur un arbre ; madame Bernard s'est déjà éclipsée avec Estève, et M. Gérard reprend le bras de mademoiselle Mimi, avec laquelle il va se cacher.

Eugénie et Adolphe resteirt seuls ensemble ; ils se regardent quelques instants et ne bougent point. «« Mais ««cependant, » dit Adolphe, « il va revenir... Il faut «nous cacher... — Oui, monsieur," dit Eugénie en baissant les yeux. « — Venez, mademoiselle, je vois la- « bas un endroit charmant ! »

Le jeune homme prend la main d'Eugénie, qui la lui

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abandonne. Il l'eiilraîne : ils courent, il s'sonfuncont dans le plus épais du bois. « Mais nous allons bien loin, » dit Eugénie. «« — Est-ce que vous voulez que M. Dupont «« nous trouve tout de suite ? — Oh ! non : j'en serais bien « fâchée ! »

Et Eugénie rougit de ce qu'elle vient de dire. Elle se tait, mais s'uit toujours Adolplie. Des buissons, des branches d'arbres leur barrent le passage ; ils sarrétent enfin. Eugénie regarde alors derrière elle, mais ne voit plus personne ; le feuillage des chênes qui l'entourent lui dérobe même une partie du bois.

« Je crains que nous ne soyons bien éloignés. » dit-elle, en reportant les yeux sui' Adolphe , et en les rebaissant bien vite, parce qu'elle rencontre ceux du jeune homme, qui ont beaucoup d'expression.

Adolphe ne répond pas. mais il lient toujours la main d'Eugénie, et la presse encore plus tendrement , puis la porte a ses lèvres, et la couvre de baisers ; et Eugénie le laisse faire, elle ne dit plus rien... mais son cœur bat d'une force... On est si heureux en recevant les premières caresses de la personne que l'on aime, surtout quand la pudeur, la crainte, les convenances ont longtemps retardé ce momeut-la.

Alais ce silence ne pouvait durer. Eugénie brûlait du désir d'entendre Adolphe, et n'osait parler la première. Adolphe cède enfln à tout ce qu'il éprouve : « Ah ! made- « moiselle. » dit-il en fixarft sur Eugénie les plus doux regards, «depuis bien longtemps je désirais me trouver un «•moment seul avec vous, et vous avouer mon amour... «Vous allez vous fâcher peut-être!... mais excusez-moi, «« plaignez-moi plutôt; il est si difllcile de vous parler!... «je n'aurai que ce moment!., et depuis que je vous ai «vue. je vous aime, je vous ;i(l(in'... je j)ense "a vous a

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