JETE PE M. MOI TONWET
•'.jra^", cspôniut allcindre la l)ionIieuiciisc voiture, co yqiii eiU été difficile, car la famille Moutomiet était nie Saiiit-Deirs, (lue le pauvre counnis u'était cucore (jue devant le g/aud salon de Desnoyers; mais le lijuonadicr avait été bien aise de faire courir M. Bidois.
Enfin, après avoir passé la barrière, notre coureuraperçoit une voiture : « Je les vois enfin!» dit-il; «je « vais donc me reposer... Un peu de courage, »
La vue du fiacre a doublé ses forces; il s'élance, marchant au hasard dans les ruisseaux et les mares; mais il a fait le sacrifice de ses bas. Il atteint le fiacre, qui est jaune, et c'est justement un fiacre jaune qu'on lui a dcsijiué au café. Aussitôt, et sans s'assurer s'il contient en effet les personnes qu'il cherche, Bidois court a côté du cocher: «Arrêtez!... arrêtez!» lui crie-t-il d'une voix altérée par la fatigue.
Le cocher, croyant qu'il se trompe, ne l'écoute pas. " Arrêtez donc ! » crie de nouveau Bidois; «je vous dis que « les personnes que vous menez m'attendent et que vous « aurez pour boire! — Ah! c'est différent, si ce sont de « vos connaissances, » dit alors le cocher en arrêtant ses chevaux; «en ce cas, montez, mon*bourgeois. »
Bidois ne se fait pas répéter cette invitation; dès que le fiacre est arrêté, il court ouvrir la portière... Un cri part aussitôt du fond de la voiture : « Ah ! mon Dieu ! « c'est mon mari! « dit une voix de femme que Bidois ne connaît pas. « Son mari ! » répond un homme que Bidois n'avait pas aperçu, parce que la dame le masquait presque entièrement. « Eh ! vite, en retraite !...»•
Aussitôt un mouvement s'opère dans la voiture; on ouvre la portière opposée à celle par laquelle Bidois s'est présenté; le monsieur s'enfuit en laissant son chapeau, la dame se sauve en oubliant son chàle , ses gants et son
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mouchoir, et Bidois reste ébahi sur le marchepied. «Ah! ça... quoi que tout ça veut dire, mou vieux?» dit le cocher étonné de voir se sauver par une autre portière les personnes (juMl menait. "Eh! parbleu! »> répond Bidois en descendant du marchepied, «« cela veut dire « que le ijuip;in7n me poursuit, que je me suis trompé, et « que ce ne sont pas les personnes que je cherche qui « étaient dans voire voiture. — Ah! oui-da? eh ben! « vous êtes encore joliment Colas de m'avoir joué une « farce comme ça! — Comment, Colas! croyez-vous que « c'est pour mon plaisir que je lai fait!... — Ah ben! « oui, mon homme... mais vous entendez ben que ça ne « peut pas se passer comme ça; vous avez effarouché le « couple que je menais, si ben qu'ils ont pris la clef des " champs; mais moi je ne peux pas en être pour ma «course!... Lu instant, Fih! javais pris mes particu- " liers chezPelletan, au Pavillon français, et comme c'est « hors la barrière, ils m'avaient promis un petit écu ; or « donc, c'est un écu que vous allez me donner. — Je vais « vous donner un écu, moi? — Oui, mon homme, si ça « vous est ajiréable... — Vous plaisantez, sans doute... " J'irais payer la course de gens (pie je ne connais pas!... « — Il ne s'agit pas de raisons; vous avez fait fuir mon « monde, et vous allez me payer, ou nous allons voir. »
Le cocher, craignant que Bidois ne se sauve, saute en bas de son siège ; mais le vieux commis n'a plus la force de s'échapper, il se laisse saisir par le bras.
« Allons, payez et que ça unisse. — Je ne paierai pas, »» répond Bidois d'un air décidé, «parce que je ne vous « dois rien. — Eh ben! en ce cas, retournons vers le « corps-de-garde de la barrière, et l'on va vous faire en- « tendre raison, mon petit homme. »
En disant ces mots, le cocher fait rétrograder sa voi-