DÉTAILS DOMESTIQUES, IMÉRIELR DE MÉNAGE
La Saint-Eustache était une époque bien impatiemment attendue dans la maison du passementier. Ce jourla tout était en mouvement chez M. Moutonnet ; sa femme même permettait que Ton prît un air joyeux. Eugénie apprenait une chanson nouvelle , qu'elle chantait a son cher père en lui offrant ou une bourse qu'elle avait brodée, ou un rond de serviette, ou une tabatière, et le bon Moutonnet ne recevait jamais le petit cadeau de sa fille sans que de douces larmes ne vinssent humecter ses paupières.
Madame Moutonnet faisait aussi un présent à son époux ; mais comme l'ordre et l'économie dirigeaient toutes ses actions, son offrande consistait ordinairement en paires de bas, mouchoirs ou gilets.
Quel que fût le cadeau, M. Moutonnet était ravi, enchanté; sa femme ne lui aurait offert qu'une prise de tabac, qu'il aurait témoigné le même ravissement. Le bon homme avait ses raisons pour paraître toujours content.
M. Bidois ne donnait rien , il réservait ses petites économies pour la Sainle-Baibe, patronne de madame Moutonnet. Le vieux commis était courtisan, car, tout en complimentant Eustache, il avait encore l'adresse de parler des qualités et des grâces de madame Moutonnet.
Pour le récompenser, on l'emmenait a la campagne, et c'était lui qui était chargé de porter deux énormes paniers remplis de provisions, parce que madame Mouton-