DLI'O.M
« Obéissance ! . . . Ah ! monsieur le commissaire , ma « femme aura oublié cet article-la ! . . .
LE commissaire.
« Enfin l'article 2i 4 , où il est dit formellement : La <^ femme est obligée d'habiter avec le mari et de le sui- « vre partout où il juge à propos de résider...
ni PONT.
«Pour habiter, nous habitons bien le même loge- «ment... mais pour me suivre, elle n'en fait rien, mon- « sieur le commissaire, car je sors très souvent, et elle « ne veut pas quitter sa chambre.
LE COMMISSAIRE
« Le mari est obligé de la recevoir et de lui fournir « tout ce qui est nécessaire pour les besoins de la vie, « selon ses facultés et son état.
"Tout cela veut-il dire qu'elle doit cohabiter avec «' moi ?
LE COMMISS.AIRE.
«Eh! sans doute, monsieur, n'cntendez-vouspas! La u femme est obligée d'habiter avec son mari.
« Bon , bon , j'entends... Alors , monsieur le commis- « saire, que me conseillez-vous ?
LE COMMISSAIRE
« Lisez le Code civil a votre femme, article 2 M.
DUPOjNT.
«Cela suffit, monsieur le commissaire... je le lui
321 M. DLPONT.
« lirai ilès aiijoiircl'lnii. Mais ccpendani , si cela n'y fài- «sail rien...
LE COMMISSAIRE
"Alors, monsieur... je ne sais Irop comment... Mais «ce nVsl sans donle qu'un caprice de madame votre "épouse... elle peut avoir des motifs... C'est fort sin- «gulier, monsieur!... Est-ce une veuve que vous avez « épousée ?
nrpoNT.
" Non , monsieur le commissaire , c'est une demoi- «selle...
LE COMMISSVIUE.
" Et elle n'a point de difformités?
niPONT.
«Elle est jolie comme vous et moi, monsieur le com- «missaire.
LE COMMlSSAinE.
«Il ne faut pas se fier aux apparences, monsieur; « quelquefois les beautés les plus séduisantes caclient des " disgrâces de la nature !
«*Ah! mon Dieu! monsieur le commissaire, est-ce que «ma femme aurait une disgrâce?...
LE COMMISSAIRE
«Je ne dis pas, monsieur... mais... Lalet anguis in « herbâ.
DIPONT.
«Je ne sais pas si elle a la léle aw^Mi's, monsieur le « commissaire, mais elle est furieusement eiilétée. Enfin «je vais lui lire le Code civil... et si elle ne me caclie « l)as (|uelque... disgrâce, comme vous disiez fort bien " tout a riif^ure. je me flotte que... D'ailleurs vous pour-