‹ M. Faillon, prêtre de St. SulpiceChapitre 10 sur 21 · PREMIER VOYAGE DE M. FAILLON EN AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

PREMIER VOYAGE DE M. FAILLON EN AMÉRIQUE

L’œuvre de Ste. Marie Madelaine était mise à l’impression dans le «courant de l’année 1847, lorsque de graves événements vinrent éprouver la compagnie. La nouvelle arriva que la maison de St. Sulpice à Montréal était visitée par un terrible fléau. Dans les derniers temps l’émigration irlandaise avait pris des proportions considérables et elle amena sur les rives du St. Laurent des milliers d’infortunés qui, entassés, sur les navires* y avaient contracté le typhus. Malgré toute les mesures prises pour concentrer le mal dans les stations de quarantaine, la contagion se répandit bientôt jusqu’à Montréal où elle fit comme à Québec des ravages désastreux ; on réunit les malades au nombre de plusieurs milliers dans des hôpitaux bâtis à la hâte aux extrémités des faubourgs, mais le mal menaçait de franchir ces limites.

Alors on vit les Evêques, à Québec et à Montréal, remplis du plus noble dévouement, s’en aller avec leur clergé, sur le théâtre de la maladie, et se consacrer assidûment au service de ces infortunés, au milieu des plus grands dangers-

Nuit et jour, les prêtres s’employaient comme les derniers des infirmiers à des soins aussi pénibles que périlleux; ils changeaient les vêtements des malades, renouvelaient la paille des lits, lavaient le linge, et s’en allaient puiser à la rivière l’eau dont les pauvres victimes étaient altérées.

Un pareil dévouement eut l’effet qu’on pouvait prévoir ; près de cinquante prêtres et autant de sœurs furent atteints, et l’on comptait parmi les malades le coadjuteur de Québec, Mgr. Baillargeon, l’Evêque de Montréal, Mgr. Bourget, ainsi que son coadjuteur, Mgr. Prince, le Supérieur du

Révérend Messire Faillon,

Séminaire de St Sulpice, M. Billaudèle. Au bout de trois semaines quatorze prêtres et treize soeurs avaient succombé. Dans de telles extrémités il fallut appeler de New-York les PP. de la Compagnie de Jésus, et même les religieuses cloîtrées de l’Hôtel-Dieu de Montréal. (*)

Dans ces circonstances, la maison de Paris fut remplie de la plus vive douleur et se mit en mesure d’envoyer des auxiliaires à la maison de Montréal qui comptait cinq de ses membres parmi les victimes.

En attendant, M. Faillon, qui avait souvent été chargé des intérêts de la maison de Montréal, reçut du Supérieur la mission d’assurer les confrères de ses sentiments de sympathie, et de leur offrir les consolations que la foi et la piété devaient lui suggérer.

Nous allons citer la lettre qu’il écrivit à ce sujet et qui mérite d’être conservée en souvenir des consolations 7 qu’elle apporta. Les vues de la foi si admirablement exprimées par M. Faillon remplirent d’une force et d’un courage inébranlables, ces coeurs si tristement éprouvés.

* Voici les noms des victimes du fléau :

Du clergé de Québec:

MM. A. Robson,

H. Paisley,

E. Montminy,

P. Roy,

G. S. Bondy,

Du clergé de Montréal :

MM. H. Hudon. V. G. ) , . , ,

A. Rey, ’ j de 1 eveche- John Richard, 1

RiCaroT,'1’ [du Séminaire.

P. Morgan, )

E. Gottofrey, mort par accident.

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