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I? Apostolat de Ste. Marie Madeleine.
tent complètement les assertions des novateurs, tandis qu’ils confirment les antiques souvenirs et les pieuses croyances des populations si ardentes mais si intelligentes de la Provence. Sans doute que quelques unes de ces observations avaient déjà été faites, mais M. Faillon a eu non seulement le mérite de les recueillir, mais de les appuyer de toutes les appréciations de la critique moderne.
Il passe ensuite à Marseille, et là malgré les dévastations des Sarrasins, il recueille un grand nombre de témoignages. D’abord il reconnaît l’emplacement de la petite chapelle que l’on voyait éncore au XVXIIe siècle, et il constate la dévotion des Marseillais à fixer leur église principale à l’endroit même où la tradition reconnaissait la première arrivée des Saints Apôtres. Il est à remarquer que c’est là que se trouverala Nouvelle Cathédrale. Il donne ensuite la description des souterrains de l’abbaye Saint Victor dont les autels et les sanctuaires se rapportent si merveilleusement aux premiers travaux de Saint Lazare, et à son ensevelissement après son martyre ; il vérifie le siège de Saint Lazare, son image dans la crypte et enfin son tombeau, qui a été l’origine d’un cimetière vers cet endroit et dont le musée de Marseille conserve les tombes si antiques et si caractérisées ; il constate que le souvenir de ce site funéraire, est gardé encore actuellement dans le nom de la rue de Paradis qui passe aux environs de ce quartier. Il décrit aussi la forme de la prison du Saint Martyre, et en fixe la date en montrant comme elle a conservé complètement le caractère des prisons romaines du temps des premiers empereurs, il relève les points de ressein blance si frappante qu’elle avait avec les prisons Mamertines, où furent enfermés les Saints Apôtres de Rome, et il montre comme la pieuse croyance des fidèles s’accorde avec les recherches et les affirmations des archéologues les plus autorises. Il compare ensuite les souvenirs de l’Eglise de Marseille avec les traditions de l’Eglise d’Autun et il fait voir comme ils s’accordent sur le fait de la translation des restes de Saint Lazare pendant les incursions des Sarrasins, enfin il assigne la date et l’auteur de cette translation, au moyen de recherches laborieuses, mais dont on peut constater la complète exactitde.
Révérend Messire Faïllon,
A Aix, M. Faillon recueillit encore bien des souvenirs qui viennent confirmer les traditions des premiers siècles. Dans la Cathédrale il y avait une chapelle voûtée et supportée par des colonnes, que l’on avait attribuée de toute antiquité à St. Maximin et à Ste. Marie Madeleine, elle avait été épargnée par la révolution française et subsista jusqu’en 1808, époque à laquelle, elle fut détruite pour cause d’amélioration par l’autorité diocésaine, mais les ornements qui en furent conservés dans la nouvelle construction permettent d’en constater l’antiquité. Enfin il signale que
I une des colonnes de ce sanctuaire en marbre précieux, a été transportée a la colline Bonaparte à Marseille, où on lui a assigné une destinée bien différente de son premier emploi (1).
A Tarascon, M. Faillon a pu décider que l’oratoire de Ste. Marthe était la crypte inférieure de l’Eglise, enfin nul plus que lui n’était capable de recueillir les vieilles traditions du pays qu’il avait habité si longtemps, il a pu aussi donner toutes les explications qui se rapportaient aux cérémonies et à la procession immémoriale de la Tarasque, il reconnaît qu’il est fait mention de cet événemont dans les plus anciennes vies de Ste. Marthe, dans la vie de Raban Maur, dans les sculptures de l’Eglis6 qui remontent aux premiers siècles, dans plusieurs peintures, dans le sceau de la ville, sur les anciennes monnaies, etc., etc. Il signale à la Major de Marseille une très ancienne statue de Ste. Marthe la représentant avec le monstre à ses pieds.
M. Faillon visita aussi plusieurs fois la Ste. Baume, et en examina les souvenirs avec le soin éclairé qu’il apportait en tous ses travaux.
II vit ce mur de rochers qui s’élève à plus de trois mille pieds au-dessus du niveau de la mer et qui offre aux deux tiers de sa hauteur cette caverne, où Madeleine alla se réfugier, lorsqu’aucun sentier n’était encore tracé et que l’accès en était presqu’inabordable ; il vit comme suivant la tradition l’eau suintait de toutes parts, excepté à l’endroit où la Pénitente se tenait toujours absorbée dans la prière ; il visita à quelques
!• Cette colonne supporte le buste de Napoléon.
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cents pieds plus haut l’endroit consacré par une petite chapelle, où l’on assure que les anges la transportaient, pendant ses pieuses extases ; enfin il reconnut le pilier commémoratif près de St. Maximin, à l’endroit où la légende rapporte qu’elle vint recevoir la dernière fois la communion des mains du St. Evêque.
M. Faillon admet aussi la tradition du séjour de Ste. Madeleine en d’autres solitudes. Ste. Madeleine se livrait en differents temps a 1 instruction et au soin des âmes, puis elle allait se réfugier dans les solitudes les plus proches, c’est ainsi qu’après avoir séjourné quelque temps dans les cryptes de St. Victor, puis à l’oratoire de St. Sauveur, à Aix, elle alla d’abord à la grotte des Aygalades, près de Marseille, puis à la Baume de Béton près de Gémenos à cinq lieues plus loin, jusqu’à ce qu’elle se fut résolue de se réfugier dans un désert encore plus inaccessible, c’est-à-dire au désert de la Baume. M. Faillon admet les différentes traditions dont il a vu le témoignage dans les plus anciennes relations, tandis que quelques-unes de ces affirmations des anciens auteurs sont maintenant tombées dans l’oubli.
M. Faillon en ses recherches eut beaucoup à recourir aux études qu’il avait faites sur les antiquités et mit à profit les progrès de l’Archéologie dans les derniers temps, mais c’est surtout dans 1 examen des tombeaux, qu’il fit les observations les plus importantes et les plus fécondes en résultats. Il put établir pur des preuves multipliées que ces tombeaux appartenaient aux temps même de la persécution et aux siècles qui ont précédé l’avénement de Constantin, et la paix de l’Eglise, et ainsi il confirme le sens des anciennes légendes qui affirment que ces tombeaux ont été élevés immédiatement après la mort des amis du Sauveur.
Les critiques des XVIIe et XVIIIe siècles n avaient pu assigner exactement la date de ces tombeaux, et n’avaient pas vu quel témoignage ils apportaient à l’ancienneté de la tradition.
Ils n’avaient pas les données que fournit la critique moderne, d ailleurs ils étaient inclinés à rejetter systématiquement tout ce qui serait venu infirmer leurs idées contre les traditions de la Provence.
198 Révérend Mess ire Faillon,
Pitton, un critique du XVIIIe siècle, avait cru avoir tout dit en affirmant que ces sépulcres étaient gothiques, et qu’ils ne pouvaient être plus anciens que le Ve siècle, et c’est ce qu’avaient adopté après lui, même différents apologistes de l’apostolat des amis du Sauveur ; mais M. Faillon constatant que les bas reliefs présentent des sujets payens ; de plus des vetements des premiers siècles de l’Eglise, ensuite des ornements qui n’avaient aucun signe formel du christianisme, a très bien établi qu’ils devaient appartenir à ces temps de la persécution, où les chrétiens dérobaient les restes de leurs Saints aux persécuteurs ; craignaient d’attirer 1 attention sur leurs tombeaux ; et dissimulaient leurs croyances et leurs enseignements. M. Faillon commence par examiner le tombeau de St. Maximin, et il remarque ces signes de l’antiquité la plus reculée, il est revetu de ces ornements exécutés suivant cette forme serpentine que l’on désignait sous le nom de Strigiles et que l’on retrouve dans les tombeaux payens des commencements de l’empire, ensuite il est surmonté de dau* phins qui sont les attributs de Neptune et qui ont une signification payenne : Enfin N. -S., St. Maxmin et les Apôtres n’ont aucun ornement qui puisse les faire reconnaître comme ministres de la religion chrétienne ; or ces caractères, lorsqu’on les retrouve dans les tombeaux des Catacombes à Rome, sont regardés par les savants comme signes des temps de persécution. On doit donc leur donner ici la même signification qui du reste leur avait déjà été attribuée dès le commencement de ce siècle par le célèbre Millin, membre de l’institut, conservateur des médailles, à la Bibliothèque Nationale ; mais M. Faillon qui cite son témoignage avec les appréciations de M. Raoul Rochette, etc., etc., va plus loin, et dans ses recherches, en parcourant les représentations des tombeaux des Catacombes, dans les ouvrages de Bozio, d’Arringhis et de Bottari, il a découvert avec la dernière évidence que les tombeaux des Apôtres de la Provence étaient de vraies reproductions des sarcophages des Catacombes qui ont toujours été reconnus à Rome comme appartenant aux siècles de persécution. B ne s est pas contenté de cette assertion, mais il a pris soin de donner le dessin
L' apostolat de Ste. Marie Madelaine.
des uns et des autres et l’on peut ainsi se convaincre par soi-même du rapport qui existe entr’eux.
Au tombeau de St. Maximin, il y a trois panneaux séparés par des strigiles et couverts de personnages ; au centre N. -S. et St. Maximin, aux extrémités deux personnages qui, suivant Millin, représentent St. Pierre et St. Paul, or M. Faillon donne le dessin d’un tombeau célèbre des catacombes, composé aussi de trois panneaux de la même dimension, séparés aussi par des strigiles de même disposition. Aux extrémités deux personnages tout à fait semblables pour l’attitude et le costume à ceux de St. Maximin, et enfin le centre occupé par un personnage principal ayant le même costume et semblant aussi donner une mission à deux autres personnages inférieurs.
Le tombeau de Ste. Madeleine offre de même un type que l’on retrouve aux Catacombes pour les dispositions principales et aussi pour les détails. Il est composé de cinq compartiments séparés par des colonnes, les unes cannelées et les autres au nombre de deux, au centre chargées de personnages, c’est ce que l’on trouve dans l’autre tombeau reproduit par M. Faillon. Au premier compartiment à gauche du tombeau de Madeleine, l’on voit près d’un arbre un personnage ayant les bras attachés derrière le dos et conduit par un soldat, au second et au quatrième, l’on voit le meme personnage entre deux gardes, enfin au cinquième, un personnage assis se lave les mains dans un bassin qui lui est présenté par un serviteur, or l’on voit les mêmes détails dans le tombeau reproduit des catacombes. Le tombeau de Ste. Marthe représente différents sujets, Moise tirant 1 eau du rocher, ensuite la multiplication des pains, puis la chaste Suzanne entre les deux vieillards, et enfin a l’extrémité N.-S. ayant à ses pieds Marie Madeleine et ressuscitant Lazare, or M. Faillon reproduit un tombeau des Catacombes, ayant les mêmes sujets, dans le même ordre et avec des personnages dont les attitudes et les costumes sont absolument semblables.
On ne peut pousser plus loin l’analogie, mais comme ces monuments
Révérend Messire Faillon,
des catacombes ont toujours été attribués aux premiers siècles de l’Eglise, on doit en dire autant, suivant M. Faillon, de ceux qui en sont l’exacte reproduction.
On voit avec quel soin M. Faillon a recueilli tant de faits si concluants, et aussi avec quel art il les a réunis de manière à en former un faisceau si fort de preuves, quelles s’appuyent et se correspondent exactement.
En parcourant ces pages si remplies, on est frappé de ce fait remarquable, o’est de voir ces différentes localités qui constatent les différents incidents d’un même événement et qui bien que distinctes et peut être même divisées d’intérêts sur d’autres questions s’accordent si parfaitement sur le même point de la mission des Saints Apôtres ; elles présentent un ensemble harmonique de preuves, sans entrer en divergence, ni en compétition sur aucun point ; Marseille reconnaissant aux autres villes la réalité de leurs traditions particulières, et celles-ci ne lui disputant par l’honneur du siège du fidèle ami du Sauveur.
M. Faillon après avoir cité les documents écrits et les monuments traditionels passe à un autre ordre de preuves qui confirment le3 premières ; il expose les dévotions locales ou universelles dont ces localités ont été l’objet ; il montre ces sanctuaires élevés par la piété des fidèles entourés de la dévotion la plus fervente ; honorés par le concours des pèlerins de tous pays, enrichis des indulgences et des privilèges des Souverains Pontifes, proclamés par les témoignages de la munificence des souverains, exaltés par les célébrités de tous les siècles.
Ainsi il nous montre le séjour des Anachorètes à la St. Baume dès le 2ème siècle ; ensuite les établissements de Cassiea à St. Maximin ; les tombes des fidèles auprès de la crypte de St. Lazare, la construction d’une ville près de l’oratoire du Sauveur à Aix, la décision des évêques de la province au Ve siècle, le pèlerinage des rois de France depuis le Ve siècle, les légendes des martyrologes les plus anciens ; les monuments des liturgies primitives d’Italie, d’Espagne, des Gaules et de la Germanie ; ensuite il enumère les bulles
JJ apostolat de Ste. Marie Madelaine.
des papes ; Boniface VIII, Clément VII, Benoit XI, Jean XVII, Innocent VI, Grégoire XI, Clément VII, Nicholas V, Sixte IV, Léon X, les actes des rois de France depuis Clovis : Charlemagne, Charles le Chauve, St. Louis, Charles VIII, Louis XII, François Ire, Charles IX, Henri IV, Louis XIII et ses successeurs jusqu’à la révolution française ; enfin les honneurs rendus par les comtes de Provence.
M. Faillon a discuté tous ces documents, il en donne les textes, et enfin il les appuyé par des dessins et des facsimiles au nombre de plus de 150 ; dont on ne peut trop admirer l’exactitude.
M. Faillon compléta son travail par une dissertation sur les origines des Eglises des Gaules. Dans cette oeuvre remplie de découvertes et d’observations nouvelles, il nous fait voir comment, au même temps, où St. Lazare et ses soeurs évangélisaient la Provence, des envoyés de Rome vinrent occuper différents points dans les Gaules : Trophyme à Arles, Paul à Narbonne, Austremoine à Clermont, Martial à Limoges, Front à Perigueux, Georges au Pay, Gatien à Tours, Denys l’Aréopagite à Paris, etc., etc. Il présente des preuves nouvelles de ces premières missions et il réfuté avec la plus grande clarté, les difficultés alléguées contre l’authenticité de ces fondations Apostoliques.
On n’a jamais pu opposer aux traditions des anciennes Eglises de France qu’un seul et unique texte de Grégoire de Tours qui reporte la mission des premiers envoyés de Rome au 3e siècle, mais M. Faillon en exami nant les documents sur lesquels Grégoire de Tours a appuyé son assertion, à facilement découvert et complètement démontré comment il avait pu prendre le change sur certains actes, et comment il l’avait pris en effet.. Ce qu’il a exposé sur ce sujet a paru si fort et si concluant que son travail a servi de point de départ à une multitude de recherches en plusieurs diocèses de France, et depuis Mgr. Darboy, quia adopté les mêmes concluions dans un grand travail sur la mission de St. Denys l’Aréopagite à Paris, nous avons eu les travaux de M. Arbellot sur St. Martial, de Dom Piolin sur St. Julien du Mans, de M. l’abbé Frugère sur St. Georges du Fay, de
Révérend Messire Faillon,
l’abbé Blanc, de Messieurs Jules Corblet, Georges Gandy, Chs. Salmon, Cbs. Rolland, qui suivent les mêmes principes. Enfin ce qui est particulièrement remarquable c’est que tandis que quelques pieux ecclésiastiques ont cru devoir prendre la défense des légendes défigurées dans certains nouveaux bréviaires, des hommes spéciaux et de la plus haute autorité en histoire tels que M. Augustin Thierry et M. Paulin Paris, continuateur des œuvres des Bénédictins ont acquiéscé hautement aux assertions inaugurées si savamment par M. Faillon. (1)
En même temps que les travaux de M. Faillon étaient ainsi adoptés par les plus remarquables représentants de la critique historique, ils parurent si concluants aux évêques de France qu’ils firent demander à M. Faillon de continuer ces recherches, et de doter les Eglises primitives d’un travail semblable à celui qu’il avait consacré aux sanctuaires de la Provence. Cette demande fut depuis renouvellée avec tant d'instances que le pieux savant se crut obligé de s’y rendre, et nous verrons plus tard comme cette nouvelle œuvre a été consciencieusement et laborieusement exécutée.
Nous ne ferons pas d’autres observations sur les Monuments inédits, nous terminerons en faisant remarquer la portée et l’heureuse influence qu’a eue ce grand ouvrage. Cette œuvre immense faite avec un luxe de recherches qui la met au niveau des plus fameux travaux des communautés savantes de l’ancienne France, a relié les habitudes sérieuses de l’ancienne érudition avec les efforts de la science moderne qui a hérité de tant de trésors à consulter et à mettre en œuvre.
De plus, ce grand travail, si bien appuyé, si fort et si concluant est venu restituer à l’autorité doctrinale des Pontifes de Rome, le respect qui lui est dû, il est venu aussi contribuer au rétablissement de la liturgie romaine, en justifiant l’une des légendes les plus attaquées. Enfin en apportant un complément nécessaire à ce grand mouvement d’études histo-
(1) Voir une lettre de M. Thierry citée par M. le Chanoine Arbellot, et une lettre de M. Paulin Paris reproduite dans la dissertation sur St. Georges du Puy par M. l’abbé Frugère.
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riques qui a occupé ce siècle mais qui n’envisageait les origines de la société moderne qu’au point de vue politique, il a éclairé la piété des fidèles en montrant sur quelles bases inébranlables reposent les enseignements des vieilles traditions.
Et d’abord ce travail est venu restituer à l’autorité doctrinale des Pontifes de Rome, le respect qui lui est dû. M. Faillon a soumis aux règles de la critique, cet amas de préjugés accumulés dans les derniers siècles contre les vieilles traditions de l’Eglise et il comprenait quel honneur il pouvait ainsi lui rendre. Il savait bien qu’en attaquant la mission des Apôtres de la Provence, les sectaires du Protestantisme n’avaient pas d’autre intention que de ruiner le crédit de l’Eglise. En faisant retomber sur elle la honte de ces prétendues erreurs, ils voulaient la rendre aussi ridicule qu’odieuse, en la dénonçant comme crédule et ignorante, et ils avaient même si inespérément réussi sur ce point que des écrivains catholiques d’un grand poids n’avaient pas craint d’adopter ces inculpations sans preuve, sans discussion, sans examen ; M. Faillon a donc eu le mérite de faire cesser ce scandale également outrageux à l’Eglise, et humiliant pour quelques uns de ses plus estimables défenseurs.
— Nous pouvons ensuite ajouter que ce travail a paru aussi opportunément que possible dans un temps où de toutes parts on rétablissait la liturgie romaine. Il est venu montrer sur quels documents incontestables reposent les légendes même les plus merveilleuses, et les plus attaquées du Bréviaire et du Martyrologue romains.
En effet il ne faut pas oublier que dans l’adoption des derniers propres des diocèses, on s’est appuyé sur les derniers travaux dus à l’impulsion donnée par M. Faillon à l’érudition en France. Ce n’est pas le moindre bien qu’il avait désiré, et ce résultat seul s’il l’avait prévu, l’auuait récompensé amplement de ses travaux et de ses fatigues.
Mais ce n’est pas le seul avantage que nous voyons en ces travaux ; il en est d’autres qui ont aussi leur importance et qui ne sont pas sans intérêt pour la gloire de l’Eglise : ce siècle s’est fait remarquer par d’iin.
Révérend Messire Faïllon.
menses recherches sur les origines de la société moderne ; d’admirables travaux historiques ont été publiés et qui bien que redevables aux recueils édités par les Oratoriens, et les Bollandistes, font le plus grand honneur à leurs auteurs ; mais on doit reconnaître qu’ils n’avaient pas envisagé complètement la question de nos origines. Ils nous montrent la part qui a été prise par différentes nationalités, la civilisation romaine en présence du génie particulier des peuples venus du nord, mais ils ne nous parlent pas assez de l’élément religieux introduit par les apôtres venus de Rome et qui a fini par tout dominer.
M. Faillon, avec les documents les plus nombreux et les mieux appuyés est venu compléter cette immense lacune, et son livre devient indispensable à tous ceux qui voudront étudier la grande question de nos origines.
Enfin en justifiant la foi de nos ancêtres et l’enseignement constant de l’Eglise, il a rendu un service signalé à la piété de notre temps . et désormais tous les pieux pèlerins qui se dirigeront vers les sanctuaires de la Provence, qui sont les plus anciens établissements de la Religion en France, sauront que leur dévotion est appuyée sur les bases les plus inébranlables et qu’elle ne peut plus être attaquée par les assertions d’une fausse science.
PHAFITF^E XI.