‹ M. Faillon, prêtre de St. Sulpice [microforme]Chapitre 13 sur 42 · LA VIE DE M. DE LANTAGES ET DE M. DÉMIA · texte numérisé non relu

LA VIE DE M. DE LANTAGES ET DE M. DÉMIA

Nous avons maintenant à parler de deux ouvrag composés dans le temps de son séjour à Lyon. Ia et la vie de M. Démia. Nous avons déjà dit qu présenter aux ecclésis.üiques ces deux grands mod répondait ainsi aux inspirations qu’il avait reçues, solitude.

M. Mollevaut, d’après la Connaissarce

misères, avait été vivement frappé de l'excellence de certains livres, au point de vue du besoin des âmes de notre temps: ainsi Ze Miroir du clergé, la Méthode de Besançon, l'rylication des Sts. Evangiles par le P.

“quesne, ce qui convient à toutes les conditions dans le P, Rodriguèe, les écrits de M. Boudon, enfin les ouvrages de M. Olier destinés aux paroissiens de St. Sulpice.

Il recommandait aussi la vie des saints, d’après le tait souvent “ verba movent, exempla trahunt,”? l'étude de ces saints personna idées protestantes, parce qu’i que de nos jours comme la co siècle,

Suivant lui, les prêtres destinés à combattr réforme, n’ont pas

es que M. Faillon a vie de M. de Lantages el attrait il trouvait, à êles; mais d’ailleurs, il pendant son séjour à la

qu'il avait du monde et de ges

principo qu’il répéeb il proposait surtout ges qui ont eu à lutter contre l'invasion des :

e ces déplorables résultats de Ia de meilleurs modèles à ge Proposer, que ces saints éminents qui ont les premiers jeté le cri d'alarme, et su prendre des moyens si sages et si efficaces Contre la contagion du mal.

60 Révérend Messire Faillon.

Il voulait, du reste, qu’on ne se bornât pas à connaître ceux qui ont brillé par des talents hors ligne, et qui se sont trouvés dans des circonstances extraordinaires, comrre les saints cardinaux et évêques du XVIe et XVIIe siècle: ainsi le cardinal Bellarmin, le cardinal Baronius, St. Charles Borromée, St. François de Sales, et les grands fondateurs d’ordres: St. Ignace de Loyola, St. Philippe de Néri, M. de Condren, St. Vincent de Paul; mais il pensait que pour réussir dans le saint ministère, il fallait étudier avec soin et amour, la vie de ces bons prêtres, qui ont été employés dans les fonctions les plus humbles mais aussi les plus essentielles des paroisses; tels que M. Le N obletz, le P. Grignon de Montfort, le P. Maunoir, lé P. Eudes, le pauvre prêtre Bernard, le P. Yvan; sans omettre ceux qui, dans la cure annexée au Séminaire de St. Sulpice, ont laissé des exemples si précieux dans la tradition paroissiale : M. Olier, M. de la Chetardie : M. Joly, célèbre par ses prônes, depuis évêque d'Agen ; Fénélon, d’abord vicaire à St. Sulpice avant d’être appelé à l’éducation du Dauphin ? M. de la Salle, instituteur des Frères des Ecoles Chrétiennnes ; les deux MM. Languet, l’un curé de St. Sulpice, l’autre, depuis Archevêque de Sens,-et auteur d’un admirable catéchisme, si bien connu en Canada sous le nom de Grand Catéchisme de Québec.

C’est dans cette pensée d’utilité pour les jeunes prêtres, que M. Faillon rédigea la vie de M. de Lantages et de M. Démia, qui offraient de si grands et de si pratiques enseignements. ,

Depuis le renouvellement de l'Eglise de France, un grand nombre de Jeunes gens appartenant aux premières familles, touchés des malheurs des temps, et des grandes pertes que le clergé avait éprouvées pendant la tourmente révolutionnaire, avaient tout quitté pour se consacrer à évangéliser les âmes privées si longtemps, de tout secours religieux.

Pour soutenir leur zèle, c’était un exemple très-opportun de détachement à leur proposer que la vie de ces deux hommes de bien qui avaient quitté les avantages que leur promettaient leur naissance et leurg biens, ur venir en aide à l’humble clergé des paroisses,

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La vie de M. de Lantages et de M. Démi. 61

C'était aussi un exemple plein d'actualité que cette préférence qu'ils avaient donnée aux œuvres populaires, et aux classes ouvrières, renonçant aux dignités de l'Eglise, auxquelles les appelaient leur crédit et leurs talents, pour travailler à évangéliser les populations les plus abandonnées,

Enfin il est une circonstance considérable qui mérite que nous nous y

nconvénients

qui accompagnent r.… résultats, et qui les rendent si inquiétants pour la

moralité et l’avenir de la société.

dangers de lagles efforts les plus multiis en attendant qu’on y : les ministres du Sanctuaire ont

glomération des classes ouvrières dans les villes, pliés ont été tentés pour arrêter ce courant, ma réussisse, ce qui est plus qu’incertain

De nos jours, des politiques même les plus étran religieux ont été touchés de ces maux, ont pr mesures prohibitives, des règlements de police sûr Ce point comme en beancoup d’antres il a fallu r l'Eglise avait depuis longtemps pris Yinitiative et avec une efficacité qui dépasse bien les résultats obtenus par les règlementations civiles.

‘€ Nous nous croyons des hommes de progrès, dit un politique moderne ‘et quand il s’agit d'améliorations morales, l’Eglise nous montre presque “toujours des réalisations plus que sécutaires d'idées qui chez nous ne ‘* sont tout encore qu’à l'état de projets. ?’

C’est ce que nous Voyons ici ; Ainsi même quand il serait société puisse trouver un remète aux maux de l’industrie, il faut reconnaître qu’il y a deux Cents ans, ces dangers et ces Maux avaient déjà

rencontré des adversaires, en deux humbles enfanis de St, Sulpice, M. de Lantages et M. Démia.

econnaître que

vrai que la

62 = Révérend Messire KFaïllon.

L'un, en s’occupant de la manière la plus fructueuse, des miliers de bras consacrés dans le Velay à l'industrie de la dentelle, l’autre, dans la grande ville de Lyon, pourvoyant aux besoins spirituels de la population ouvrière

à la dentelle, dans le Velay, et la soie occupe près de 90,000 âmes dans le Lyonnais.

M. de Lantages et M. Démia avaient étudié à St. Sulpice et exercé le ministère dans l2 paroisse, ils avaient été témoins des changements prodigieux qui y avaient été opérés. Ils avaient assisté M. Olier et son successeur dans leurs travaux etils avaient vu comment, en peu d'années, un faubourg abandonné au désordre, lieu de promenades et de duels des grands seigneurs de la cour, séjour des étudiants des Universités, refuge des hérétiques, des bohémiens, des cabaretiers et des magiciens chassés par la police du centre de la ville, était devenu un lieu de régularité et de ferveur et un modèle pour toutes les paroisses, grâce à l'application par M. Olier, des règlements paroissiaux suggérées var le St. Concile de Trente et le grand Cardinal Borromée.

Mr. de Lantages et M. Démia avaient vu cette admirable organisation paroissiale qui est le chef-d'œuvre du génie de M. Olier et la marque si éclatante de son dévouement aux prescriptions de. l'Eglise ; ils avaient donc pu contempler ces institutions, qui s’adressaient à tous les âges, à toutes les conditions et à tous les besoins ; les plus riches réunis en associations pour secourir les plus pauvres ; les plus capables instruits à des

3 examens de controverse pour éclairer les ignorants ou ceux qui étaient séduits par la sophistique perfide des Réformés ; les enfants et les jeunes gens excités non-seulement à s’instruire des vérités de la foi, mais à devenir de vrais apôtres qui après s'être nourris le Dimanche, de la substance de la parole divine, se rendaient ensuite dans tout le quartier ‘et s'appliquaient pendant la semaine, à répandre dans leurs familles, dans leurs relations ou dans les boutiques et les ateliers, la lumière qu’ils

avaient reçue, allant ainsi atteindre partout la brebis qui négligeait le bercail,

surabondante dans l’industrie de la soie ; 70,000 ouvrières sont employées

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La vie de M. de Lantages et de M. Démia: : 63

Ils avaient vu, par suite de ces institutions, de simples ouvriers qui s’étaient fait un nomde controversistes et qui s’étaient rendus redoutables aux plus subtils propagateurs des idées protestantes, et aussi de simples Jeunes filles qui étaient de véritables missionnaires de la foi parmi leurs compagnes.

C’est de 1à que vint sans doute l’idée à M. de Lantages et à M. Démia de fonder des foyers d'instruction parmi les jeunes filles qui recouraient à eux, afin d’atteindre, les populations ouvrières, afin de les entourer de toutes les ressources de la religion et puisqu'elles étaient continuellement retenues loin de l'Eglise, d’aller les chercher À où elles étaient, c’est-à-dire au foyer de l'industrie, où la population restait désormais attachée.

Mais si ces saintes industries du zèle apostolique étaient nécessaires du temps de M. Olier et de M. de Lantages, combien sont-elles devenues encore plus indispensables à-notre époque qui voit un si grand développement de l'industrialisme avec son cortége de misères et d'épreuves.

Or, elles durent frapper tout particulièrement l’esprit de M. Faillon, fixé vers 1830 dans la ville la plus laborieuse de France, où des cent milliers de bras réunis dans un but tout matériel, peuvent offrir comme un obstacle inexpugnable au zèle sacerdotal, et à une époque d’effervescence telle, que le gouvernement eut à lutter pendant dix ans contre ce foyer d’insurrection, le Comprimant à grande peine bien qu'ayant transformé la ville en une forteresse, occupée par une armée de 100,000 hommes.

Maintenant, pour bien comprendre les œuvres de ces deux humbles prêtres, voyons au moins en quelques pages ce qu’ils ont accompli, nous Commencerons par le pl.3 ancien en date :

M. de Lantages naquit à Troyes en l’année 1616, son père était seigneur de la terre de Lantages à quelques lieues de Troyes et sa mère fille du seigneur de Romilly ; il annonça dès l’enfance d’heureuses dispositions

pour la piété et l'étude, et il eut les plus grands succès au collége des Jésuites de Nevers où il passa quelques années,

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