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84 Révérend Messire Fillon,
D'après différentes indications que nous avons pu y trouver, nous pen: sons que l’auteur a dû rédiger cet ouvrage sur l’ÆZucation des clercs et l'histoire des Æcolzs EÉcclésiastiques, entre 1830 et 1835, précisément à l'époque des grandes discussions qui eurent lieu en France, sur l'enseignement religieux ; or, ne sommes nous pas encore sous le coup des mêmes difficultés ?
M. Faillon prend cette histoire aux premiers siècles de l'Eglise, et en traitant avec détail tout ce qui se rapporte à l'enseignement des clercs, à chaque époque et dans les différents pays, on peut dire qu’il a préparé un complément tout-à-fait instructif et intéressant pour les grandes histoires de l'Eglise, lesquelles n’ont pu entrer dans tous ces faits, d'ailleurs si impor. tants en eux-mêmes. Il fait précéder cette histoire de quelques préliminaires sur l’enseignement en général; car pour faire connaître l'instruction que recevaient les clercs, il est nécessaire de montrer quel était le premier enseignement qu'ils trouvaient dans leur enfance et leur jeunesse, avant d’être appliqués aux études propremént ecclésiastiques.
On peut entrevoir de quel intérêt est cette histoire, d’après les divisions que M. Faillon lui a données.
Il distingue six époques de l’Education cléricale :
La première, qui commence aux premiers temps de l'Eglise, comprend l'ère des persécutions, et va jusqu’à Constantin-le-Grand.
La seconde s'étend depuis la paix de l'Eglise jusqu’à l'établissement des Barbares dans l’Empire : elle se termine au sixième siècle. Dans cette partie, l’auteur traite spécialement de l’origine des communautés cléricales, et des Ecoles monastiques.
La troisième époque comprend les trois siècles suivants, c’est-à-dire les temps qui se sont écoulés depuis la décadence des lettres jusqu'au règne de Charlemagne : l’auteur traite encore, en cette partie, des Ecoles monastiques et Episcopales, seul asile qu’eurent alors les Sciences dont il signale la décadence.
La quatrième époque est celle du rétablissement des Ecoles par Charlemagne ; elle finit au temps où commencèrent les Universités.
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La cinquième comprend l’espace de temps qui s’est écoulé, depuis l'ori: gine des Universités, jusqu’à l’établissement des Séminaires.
Enfin la sixième époque donne l’histoire des Séminaires depuis leur établissement jusqu’à nos jours.
En terminant cette nomenclature, M. Faillon annonçait l'intention de demander des renseignements à tous ceux qui, en France ou à l'étranger, étaient chargés de l’enseignement des clercs : la réunion de tous les documents, étant au-dessus des moyens d’un seul homme. Nous ne savons s’il a donné suite à cet appel, mais quoiqu'il en soit, ceux qu’il a rédigés forment un ensemble assez important pour servir de type à tout travail du même genre. (*)
Peut-être que, conformément à la pensée de M. Faillon, pour exécuter au complet un ouvrage sur l’enseignement des clercs, on ne pourrait rien faire de mieux que de donner ici un résumé de ses recherches, pour aider ceux qui voudraient compléter ces documents. Ce n’est pas toutefois ce résumé que nous prétendons donner ici; si restreint qu'il fut, il dépasserait de beaucoup le cadre que nous avons dû nous tracer, dans cette biographie. Nous voulons seulement recueillir quelques-uns des renseignements précieux que nous y avons trouvés, sur les mesures prises dès les commencen:ents de l’Eglise relativement à l'instruction des enfants $ ce qui nous semble avoir un grand intérêt d'actualité, dans un temps où l’Eglise fait de si grands efforts, pour sauvegarder les intérêts les plus chers de la jeunesse.
Dès le début, et en commençant l'histoire de la première époque, M. Faillon regretté que les auteurs qui ont écrit sur l’éducation cléricale, n’aient pas embrassé la matière dans toute son étendue, et n’aïient parlé que des écoles ecclésiastiques ; tandis qu’évidemment les élèves n’entrsient En te OO AN RER Re
(*) Nous avons depuis trouvé dans ce recueil deux lettres pleines de renseignements intéressants sur les écoles ecclésiastiques d'Angleterre, écrites par le Dr. Lingard, auteur
de l’histoire d'Angleterre que M. Faillon avait consulté, l'une est sur les écoles du moyenage, l’autre sur les écoles depuis la Réforme,
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dans ces écoles, qu'après avoir acquis auparavant bien des connaissances préliminaires indispensables.
En effet, on ne peut supposer qu’ils n’eussent aucune instruction avant d’être appliqués à celles qu’on, donnait dans les écoles proprement cléri* Cales. En parcourant les livres anciens qui traitent des matières ecelésiastiques et des sciences sacrées en général, l’on conçoit quelle préparation et quelle habileté il fallait avoir déjà, pour abordèr ces connaissances supérieures et en entendre l'explication. On avait besoin d’avoir reçu une éducation libérale très-complète, et une somme d: connaissances qui exigeaient qu’on eut été appliqués aux études dès ie bas âge, en d’autres écoles préparatoires,
M. Faillon nous fait considérer combien il est important de nos jours, de savoir ce qu’il en était de l’enssignement de la jeunesse.
Nous nous trouvons à une époque où, dans certains pays, au nom de la libre pensée, et en d’autres, au nom du libre examen, l’on conteste aux Chrétiens le droit d'élever leurs enfants, suivant les obligations de leurs croyances, ct la voix de leur conscience. ‘ Nous montrerons d'abord, dit l’auteur, rue les enfants chrétiens ne fréquentaient pas les écoles payennes, aux premiers temps de l'Eglise, malgré toutes les difficultés que les pères de famille pouvaient rencontrer à y soustraire leurs enfants, en ces temps de luttes et d’oppression : ensuite, nous montrerons quelles iustitutions l'Eglise avait établies dès les commencements pour instruire et former la jeunesse”?
“ Nous verrons, continuetil, l'horreur que les chrétiens avaient pour la perversité des doctrines payennes; quel soin ils prenaient pour en préserver la jeunesse ; quels prodiges ils accomplissaient pour cela, en ces tenps de persécutions et de dificultés de toutes sortes, pour l’Eglise naissante.”
M. Füuillon a traité ces questions avec cette érudition profonde qui le disting init déjà; mais ce qui frappe le plus en lui, au milieu de cette érudition même et de la connaissance la plus étendue des faits, c’est inva-
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riablement cet esprit éminemment pratique qui, parmi les matériaux de la science, lui faisait toujours distinguer ct mettre en lumière les points précisément utiles et actuels ; sachant recueillir toujours, même dans le trésor le plus ancien des traditions chrétiennes, les enseignements les plus i Ma pOr tants et les plus applicables aux temps nouveaux.
Nous avons déjà fait remarquer en lui ces qualités supérieures de l’érudit et de l’historien dignes de ce nom, lorsque nous avons dit qu’en présence des misères de l’agglomération ouvrière de Lyon, il en avait vu le remède dans les œuvres et les congrégations fondées par MM. Démia et de Lantages. Et nous devons répéter ici que lorsque de nouveau, le bruit des luttes pour la liberté de l’enseignement religieux arrivait jusqu’à lui, M. Faillon s’occupait à réunir des documents, des matériaux, où cette cause si sainte pouvait aller chercher les autorités les plus hantes et les arguments les plus convainquants.
Nous aimons à montrer les témoignages de ce ele qui l’animait pour les intérêts de l’T;lise, et il nous semble touchant, de contempler à ce moment de lutte, d'un côté les grands défenseurs de la liberté de l’enseignement réclamant à la tribune, les droits sacrés des familles, et de l’autre dans la cellule ignorée de St. Sulpice, le savant dévoué et infatigable s'associant de cœur à ces grandes luttes, en recueillant et en tirant de l'oubli les souvenirs précieux, et pleins d'enseignement du passé.
“ Les écoles payennes, nous dit Mr. Faillon en commençant, étaient ce : que seront toujours les écoles éloignées de la Doctrine divine; elles offraient un enseignement uniquement basé sur les opinions personnelles des instituteurs : la superstition ou le scepticisme, parfois le doute et partout l'erreur. Ainsi avaient-ils été élevés et enseignés eux mêmes.” N'est-ce pas ce que nous voyons encore de nos jours.
& Or, ajoute-t-il, pour rien au monde les chrétiens n'auraient voulu exposer leurs enfants à de telles influences. Ils rejettaient ces docteurs de l'erreur, et ils avaient un fs gal éloignement pour ces maîtres qui avaient la prétention de n’enseigner que les sciences et les lettres sans entrer dans