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156 ; Révérend Messire Faillon.
manière à mettre en lumière toute la portée de ce mot de Fénélon : ‘“ Je
4 ne connais rien de plus vénérable et de plus apostolique que Saint Sul- .
“pice.”
Quant à la forme de l'ouvrage, elle mérite, il nous semble, plus d’un éloge; le style est abondant, mais sans excès, simple mais digne et noble, et il se rattache à la grande école historique ; il est varié comme il convient suivant les détails, et les différents personnages mis en scène sont présentés avec un grand naturel et une remarquable vérité d’expression. Tout ce qui se rapporte à M. de Condren, à St. Vincent de Paul, au cardinal de Berulle, et à ces âmes d’élite qui, dans le secret de la vie religieuse, accomplissaient de si grandes choses, est exprimé avec un ton de gravité et d’onction, qui inspire les sentiments de la piété la plus douce et la plus pénétrante.
Lorsque le sujet amène des détails de la Cour, de la vie politique, l’auteur les expose avec brièveté et autant qu’ils rentrent dans la narration, mais même quand ils ne sont qu’effleurés, ils sont nets, caractéristiques, pleins de sentiment et conformes à la plus rigoureuse critique historique.
On voit alors quelle juste connaissance de l’époque M. Faillon avait puisée dans l’immense quantité de documents qu’il avait analysés ; on voit de plus quel exact sentiment il avait de l’importance des faits extérieurs, car pour juger des évènements religieux d’une époque, il faut savoir aussi donner la connaissance des intérêts du siècle, sur lesquels ils ont pu avoir la plus décisive influence.
T1 nous parle des Princes de Condé, du Maréchal de Rantzau, du Marquis de Fénelon, ete., ete., avec cette fidélité qui donne aux différentes conditions leur vrai caractère. Enfin les descriptions de Paris, des monastères, des missions, du Faubourg Saint Germain, sont tracées de main de maître, c’est-à-dire avec cette distinction qui peut satisfaire les esprits les plus délicats, et avec cet intérêt, cette vie qui sont si nécessaires, pour soutenir l’attention du grand nombre.
Du reste, tout le soin que M. Faillon a pris pour composer cet ouvrage
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politique, narration, éristiques, historique.
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Vie de M. Olier. 157
est bien justifié par l’importance du sujet, il s’agit de l’un des plus grands personnages de l'Eglise en France, à cette illustre époque du XVIIe siècle ; bien moins connu il est vrai que Saint François de Sales et Saint Vincent de Paul, mais qui bientôt va être l’objet d’un procès de canonisation et qui a eu tant d’influence sur les événements de son temps ; influence qui se prolonge jusqu’à nous et peut encore prendre plus d’importance par le développement toujours croissant des œuvres, dont il a conçu la pensée, ‘et auxquelles il a mis la main.
Sa gloire n’est pas seulement de son époque et du souvenir de ses actions, mais de la perpétuité et du développement inouï de ses fondations.
Aïnsi l’œuvre des séminaires en France et en Amérique, qui forme chaque année les membres les plus distingués du clergé, et fournit aux paroisses et aux missions tant de dignes ouvriers évangéliques.
De plus, la paroisse de Saint Sulpice qu'il a réformée, aujourd’hui l’une des plus belles paroisses du monde catholique et qui servira peut-être un jour de digne modèle, suivant les vœux pressants des Evêques, pour la vie en commun dans le ministère paroissial.
La fondation merveilleuse de Ville Marie qui a déjà dépassé cent mille âmes, qui envoie chaque année des colonies de catholiques dans tout le continent, et qui devient en se développant un puissant boulevard de la foi en Amérique.
Ajoutons aussi les écrits dont M. Olier a enrichi l'Eglise et où les Prêtres et les fidèles trouvent une nourriture si solide, si abondante. Mais que sera-ce quand ces écrits seront mis au jour dans toute leur étendue, grâce aux travaux et aux recherches de M. Faillon, quelle gloire nouvelle et inattendue pour ce XVIIe siècle déjà si grand; et enfin que sera.ce lorsque les institutions de M. Olier auront à s’incliner devant leur fonda-
teur, comme devant un saint nouvellement canonisé par l’épouse de Jésus Christ.
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FHAPITRE IX.