‹ M. Faillon, prêtre de St. Sulpice [microforme]Chapitre 26 sur 42 · L’APOSTOLAT DE STE. MARIE MADELEINE · texte numérisé non relu

L’APOSTOLAT DE STE. MARIE MADELEINE

La vie de M. Olier eut tout le succès que l’on pouvait désirer ; la presse religieuse en fit le plus grand éloge, les évêques la rcommandèrent, elle fut prise comme sujet de lecture aux retraites ecclésiastiques, les éléves des séminaires y trouvèrent un fond inépuisable de réflexions et d’édification, et les Supérieurs des plus grandes congrégations religieuses témoignèrent leur admiration, quelques uns même exprimèrent le regret de n’avoir rien de coraparable dans les biographies de leurs fondateurs.

M. Faillon bénit Dieu, en pensant qu’il avait pu être utile au bien des âmes, et qu’il avait contribué à répandre l'estime et l’amour des vertus ecclésiastiques, ensuite il se remit à ses chères études avec un nouveau courage.

Nous voyons par son propre témoignage, que c’est vers ce temps qu’il conçut l’idée d’un grand travail sur les premiers Apôtres de la Provence. En effet la vie de M. Olier avait paru en 1841, or aux vacances suivantes M. Faillon s'étant rendu en pelèrinage à la St. Baume, ainsi qu’il nous le dit au Tome ler. page 456 des monuments de Ste, Marie Madeleine, et ayant considéré les tombeaux des St. Apôtres qui se trouvent à St, Maximin, il fut tellement frappé de leurs caractères d'authenticité qu’il conçut aussitôt nous dit-il, l’idée du grand ouvrage auquel il résolut de se donner tout entier.

Il est vrai qu’il s'était déjà occupé de ce sujet et qu’il avait publié quelques pages sur les amis du Sauveur, mais nous verrons bientôt, comme les cirçonstances le portèrent à donner à son nouvel ouvrage, les proportions les plus étendues,

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Il commenca dès lors ses recherches, il réunit un certain nombre de matériaux, lorsque l’exécution de ses projets vint trouver un grave obstacle dans une décision nouvelle des supérieurs. Ceux-ci lui firent connaitre, qu’ils aimeraient à lui voir entreprendre une biographie aussi complète que possible de M. Emery.

C’est lui qui avait été le restaurateur de la compagnie après la Révolution, et l’on trouvait que l'existence qu’il avait accomplie au milieu de si grandes épreuves, offrirait bien des exemples utiles pour les temps actuels qui se ressentent eucore si vivement de toutes ces grandes pertuba tions que le digne supérieur a si noblement traversées.

M. Faillon qui pouvait prévoir les difficultés de cette tâche, et qui gémissait de différer indéfiniment ses études sur les premiers Apôtres de la Gaule, se soumit néanmoins avec la plus entière déférence, et prit dès lors tous les moyens que pouvait reclamer une si grande entreprise,

Il commenca ses recherches dans les grandes Bibliothèques et chez les libraires, il ne négligea pas les marchands des livres les plus vulgaires, il se mit aussi en devoir de recourir aux membres du clergé comme aux membres de la Compagnie qui avaient pu connaitre M. Emery, il s’adressa aussi à ceux qui avaient eu l’idée de recueillir déjà d'importants documents sur la Révolution, et sur les persécutions qu’elle avait exercées contre l'Eglise et ses ministres.

On s’empressa de lui donner tous les renseignements possibleset c'est avec la plus vive satisfaction que l’on voyait l’auteur de la vie de M. Olier entreprendre une histoire de ces jours néfastes où le clergé avait joué un rôle si grand et si magnanime, tandis qu'il n’avait trouvé jusque là dans les différents historiens de la Révolution que des narrateurs prévenus, malveillants, et si odieusement infidèles.

La réunion des matériaux demandait un temps considérable. M. Emery, par la force des circonstances, avait dû prendre la part la plus grande aux événements de Son temps, ayant eu à administrer plusieurs diocèses vacants, ensuite ayant du travailler à la reconstitution de différente sémi-

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bre de naires, enfin ayant eu à s'occuper des négociations du concordat, et ensuite betacle de la direction du clergé, lors des regrottables entreprises de l'Empereur » qu'ils contre le Chef de l'Eglise.

7 Mais aucune difficulté n’arrêta le zèle de M. Faillon, et au bout de cinq : années environ, il avait réuni une bibliothèque, a-t-on dit, de mille volumes ; la deplus il avait rédigé trois volumes in folio de documents, qu’il avait mis en milieu ordre et qui n’avaient plus besoin que d’un dornier travail de rédaction, temps lorsque se présentôrent des difficultés qui l'obligèrent à suspendre son rtuba - œuvre.

En rédigeant ses documents, il s’apperçut qu'il ne pourrait donner 6 qui une histoire complète des faits qu’en faisant des citations qui déso- . de bligeraient un nombre considérable de personnages encore vivants, ou it dès des familles dont les chefs avaient eu en ces temps une célébrité fâcheuse ; mais, © inme il était persuadé qu’on ne pourrait faire connaître M. Emery 7. les sans produire la plupart de ces faits, il résolut d’attendre des temps plus res, 1] favorables. Il mit bien à profit ce retard, en continuant à s'occuper de ds l’œuvre de Marie Madeleine, ce qui l’entraîna dans des recherches qui dressa prirent bientot un développement immense. ments Nous avons dit qu'il s'en était déjà occupé; d’abord il avait fait "eur un résumé de tout ce qu'il avait trouvé dans les Bollandistes et dar; les traditions de la Provence, et il avait réuni de quoi remplir un : es volume d’une centaine de pages qu’il avait fait paraître en 1835; Olier il lui semblait, nous a t-il dit, avoir donné tout ce que le sujet comportait, ué un et que quelqu’envie qu’il put en avoir, il ne pourrait rien y ajouter, Das mais dans le voyage qu'il fit à la Ste. Baume en 1841, comme bn nous l’avons rapporté, il découvrit à l’Eglise de St. Maximin un sarcophage | dont il ne soupçonnait pas l’existence et qui le plongea dans l’étonnement sd le plus profond. Il avait devant les yeux dans les reliefs qui accompagnent le os je tombeau, un témoignage incontestable de la mission de St Maximin, et il pos “0 pouvait comprendre comment un pareil document était demeuré, jusque sémi-

;À inapercu et complètement ignoré. La vue de ce bas relief lui fit conclure

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