‹ M. Faillon, prêtre de St. Sulpice [microforme]Chapitre 39 sur 42 · Ses jugements dogmatiques ne sont pas irréformables · texte numérisé non relu

Ses jugements dogmatiques ne sont pas irréformables

L'on trouve dans les papiers de Colbert des dénonciations contre la Compaguie de St. Sulpice, et en particulier contre les membres aui faisaient partie de la Sorbonne, comme M. Leblanc, M. de Poussé, M. Lebreton, M. de la Barmondière, On les représente comme <xtrêmes pour l'autorité du Pape,—se déclarant pour Rome avec emportement, allant. jusqu’à des protestations séditieuses contre les mesures du gouvernement, ce qui est d'autant plus à considérer “que cette communauté élève des jeunes gens des plus gran les familles, qu'elle possède plusieurs maisons, qu'elle a de l'influence dans toute la France, etc.” Cette animosité contre St. Sulpice était si grande que suivant le P. Rapin, plusieurs pensèrent que la pièce de Tartufe avait été particulièrement dirigée contre les associés des congrégations laïques fondées-par la maison de St. Sulpice, avec M. de Renty, M. de Fénlon, etc, etc.

Outre les papiers de Colbert, nous voyons un témoignage éclatani des sentiments de la: Compagnie, dans une relation écrite à St. Sulpice des événements de 1682, que l’on'peut croire d'autant plus conforme aux sentiments de:la Compagnie, qu'elle n'était pas destinée à limapression et.que l'on savait qu’on n'aurait pu la publier. Cette relation remarque sec raison “que les Evêques -i ont rédigé les 4 articles, oublient qu'ils ont juré obéis-

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M. l’abbé Millot, Supérieur de la Communauté des Clercs de St.

Sulpice dont la résidence se trouve à Issy, près de la Solitude, vint le voirle 24 octobre, veille de sa mort ; il le trouva bien faible et lui dit en quul-

ques wots, qu’il le priait de le bénir, il pensait qu’accablé par le mal il se contencerait de prononcer les paroles de la bénédiction ; mais quelle fut s surprise d’entendre le vénérable malade dire d’un ton solennel et recueilli: “Je bénis Notre Seigneur de vous avoir inspiré la pensée de ressusciter la petite communauté; ce sera un lumignon qui d'ici à quelques temps, ne donnera pas une vive lumière; mais ne vous découragez pas, elle est destinée à faire un grand bien dans l'Eglise. Je vous bénis, je bénis vos chers enfants. Je demande qu’ils croissent de plus en plus dans la connaissance de Notre Seigneur. Jn nomine Patris..”” Cette dernière bénédiction, et ces derniers souhaits ont été pieusement recueillis et religieusement conservés par M. l'abbé Millot,

qui aime à les considérer comme la prophétie d’un Saint entrant dans la lumière de Dien. *

° Note de Mr. l'abbé Millot.

sance au Souverain-Pontife, et qu’ils sont aussi coupables que les Evêques d'Angleterre qui ont transmis à leur Prince le droit de suprématie qui n’appartient qu’au Pape, que leur devoir n’était pas d'animer le Roi contre le Pontife, et de se prononcer contre celui-ci pour obéir au Souverain.”

On craignait tellement l'influence du Séminaire, que l'autorité supérieure défendit aux: Messieurs qui étaient docteurs en Sorbonne de sortir de leur maison, le jour où l’on déférerait les 4 articles à l’enrégistrement des docteurs de la Sorbonne; mais malgré ces mesures et toutes les menées des gens du gouvernement, 167 docteurs seulement sur 700 souscrivirent lenrégistrement. Cet échec ne fit qu'irriter encore plus les adversaires du Séminaire, L’affection et l'attachement de St. Sulpice pour Rome ne s’inquiétèrent point de ces ressentiments. :

Vers la fin du XVIIe siècle on établit, sur les demandes du Nonce, une maison dans: les Etats du Pape à Avignon ; le Séminaire y voyait un moyen d’avoir plus de relations avec le St. Père et de pouvoir rendre plus de témoignages de respect envers la Cour de Rome. L’Archevêque de Paris ayant exigé que la Paroisse de St. Sulpice qui était sous sa juridiction, adoptât le rite parisien, le Séminaire continua à réciter l'office romain, ce qui fut même conservé à la Solitude jusqu’à la fermeture de la Solitude à la Révolu--

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La nuit du 24 au 25 octobre, qui fut celle de sa mort, M. Faillon fut gardé par un de ses confrères, qui avait sollicité cette faveur, ce fut lui qui recueillit les dernières. paroles du pieux mourant, et qui dans ce moment suprême, l’aida à passer à Dieu en faisant près de son lit, les prières des agonisants et en lui donnant au dernier moment l'Indulgence plénière.

Ce fut immédiatement après l'avoir reçue qu’il rendit le dernier soupir le 25 octobre à 33 heures du matin. C’était le septième jour de l'octave de l'Intérieur de la Très Sainte Vierge, mystère pour leqr.el il avait toujours eu une dévotion particulière, et pur lequel il avait eu l'honneur non-seulement de travailler, mais encore de souffrir.

tion : on a repris cet usage depuis 20 ans. En même temps la Compagnie était pleine de vigilance contre les nouvelles doctrines. On renvoyait tout Séminariste qui témoignait de l'opposition aux décisions de Rome, ou qui aurait apporté quelque livre infecté de la nouvelle doctrine ; ces mesures étaient si strictes qu’elles s’étendirent même à des Directeurs qui avaient enfreint les défenses : et toute proposition contraire aux décisions de Rome était formellement redressée par les Supérieurs. Dès que l’on s'aperçut que l'Histoire de l'Eglise de Fleury était entachée d'erreurs, on en arrêta pour toujours la lecture que l’on avait commencée au réfectoire. Lorsque le livre des réflexions morales du P. Quesnel eût été condamné par la bulle Unigenitus, en 1713, le Séminaire, malgré toute contradiction, soutint la Bulle dans son enseignement; et le gouvernement, en 1758, ayant voulu obliger la Sorbonne à garder le silence sur cette bulle, M. Bourachot, de St. Sulpice, combattit cette mesure avec tant de force qu’il fit déclarer contre elle tous les docteurs de la Sorbonne.

Il ne faut donc pas s'étonner que ces sentiments connus de la Compagnie l’aient exposée à bien des blâmes. Le Duc de St. Simon, en ses mémoires dit : “ qu'à la cour on n’aimait pas St. Sulpice, à cause deson obéissance aveugle pour Rome et ses maximes.* (Sc. Simon, Tome ler., page 312.). Le rédacteur janséniste des Nouvelles Ecclésiastiques dit ‘Que St. Sulpice est haï à cause de sa doctrine ultramontaine,” et parlant d'un prêtre élevé au Séminaire de Viviers, il dit, que “tout ce qu'il a appris en fait de religion se réduit aux maximes ultramontaines les plus outrées. Tout ce que décide le Pape, ex-cathedr& surtout, est à ses yeux, règle de foi.”

Ces ressentiments furent bien près d’avoir toute satisfaction : lors de la suppression des Jésuites par le Parlement, un des conseillers provoqua une mesure semblable contre St. Sulpice, attestant que le Séminaire suivait la même politique que les PP. Jésuites.

Cette suggestion n'ayant pas eu d'effet, on se tourna vers l'autorité elle-mèms; et bientôt les persécutions vinrent du côté où l’on devait le moins s'y attendre: le Séminaire fut prévenu de la résolution que l'archevêque avait prise d'enlever l'Education des Clercs à la Compagnie ; cette mesure fut conjurée. Oa n'eut pas le même succès dans un des centres les

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Sa mort a été douce comme celle des Saints; ses traits après le trépas sont restés comme l'expression du calme de son âme. C’est ce qu'écrivait M. Icard en spprenant cette mort à M. le Supérieur-Général. C’est ce dont furent témoins tous ceux qui eurent la consolation de prier autour de ce corps vénéré. Les demoiselles de la Petite-Œuvre obtinrent, à cause des circonstances, la permission de monter à sa chambre, où elles demeurèrent longtemps en prières.

L’impression générale de ceux qui s’en approchaient était plutôt de le pner que de prier pour lui.

Le service funèbre eut lieu le lendemain à l'église de St. Sulpice, et son corps fut déposé, vû le blocus, dans un caveau de l'Eglise. Si

plus importants de la Compagnie, à Lyon où Mgr. de Montazet persécuta St. Sulpice, dé. tournant les sujets du Séminaire, lui enlevant les subventions, et faisant tout affluer aux Communautés favorables aux nouvelles doctrines. Ceci eut lieu depuis l’intronisation de Mgr. de Montazet, en 1758, jusqu’à sa mort, en 1788, à la veille des épreuves de la révolution.

Arrivé à cette période, nous pouvons faire remarquer quel enseignement le clergé recevait dans les Séminaires ; nous n'avons qu'à rappeler avec quelle unanimité le serment à la Constitution civile fut refusé. Mais les Sulpiciens ne se contentèrent pas de l'enseignement des principes, ils donnèrent aussi l'exemple ; aucun des prêtres de la Compagnie ne voulut le prêter et l’on compte près de vingt Swpiciens qui payèrent de leur vie leur attachement au St Siège. Allant au-devant du danger, M. Emery élevait la voix, et, dans deux écrits quise répandirent dans toute la France, il soutenait que l'Etat ne pouvait imposer aucun des points de cette constitution civile ; la déclarait erronée et proclamait, “que les seuls successeurs des Apôtres sont établis par le St. Esprit pour aouverner l'Eglise de Dieu” I] répandit ses décisionset ses encouragements tandis qu’il rest:iit intrépidement à son poste au milieu même des plus grandes violences révolutionnaires : enfin lorsque le calme se rétablit, M. Emvry seconda l’exécution du Concordat en éclairant tous les Evêques qui avaient des rapports avec le Séminaire ; même on sait qu’il ne s'arrêta pas devant l'autorité souveraine et que consulté par l'Empereur dans la réunion des Evêques, il ne craignit pas de contredire la majorité presque unanime de l’assistanee, pour résister au souverain, et cela au moment même où il venait de recevoir le décret de la suppression de la Compagnie à qui l’on enlevait les Séminaires, parce qu'on le: trouvait trop attachés aux maximts de Rome et aux décisions du St. Siège. Ce résumé nous semble suffire pour montrer quels ontété invariablement les sentiments de St. Sulpice pendant les temps de difficultés et de révoltes ouvertes contre le St. Siège.

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ce caveau n'est pas celui où fut déposée Marie Rousseau, le 6 Août 1680, il en est du moins bien rapproché comme on peut le conclure de ce qui est dit par l'auteur des Remarques Historiques, sur l'église de St. Sulpice,

Le corps de M. Faillon fut transféré au cimetière de la Compagnie, à Issy, à l'occasion de la mort de M. Cahier. Cette translation se fit sans grande pompe, le 9 Mars 1871, à cause des circonstances, les deux Séminaires n'étant pas encore rentrés. Quelques solitaires cependant grossirent le cortège que formaient les Directeurs présents à Paris.

M. Faillon a succombé au moment où les désastres avaient déjà dépassé les plus sombres prévisions, mais les paroles de confiance qu’il a adressées à M. l'Abbé Millot, rapprochées de ces paroles qu’il répétait souvent : “ils ne nous ôteront pas Jésus-Christ !” ne sont-elles pas les signes d’une conviction nette et profonde qu’il avait d’un triomphe de la cause de l’Eglise et des destinées de la fl'e aînée de l'Eglise toujours unie à ses victoires comme à ses épreuves.

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