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12 Révérend Messire Faillon.
quence, il déclara qu’il se proposait de rester dans le monde, de s’y préparer à un état, tout en cherchant à connaître sa destinée. Sa bonne mère se soumit en silence, ,..suadée que Dieu ne l'avait pas trompée, et qu’il saurait faire connaître sa volonté, en son temps et À son heure. M. Faïllon employa ces instants à fréquenter deux foyers d'instruction qui, plus tard, lui furent très-utiles, la Bibliothèque de la ville et l'Ecole de dessin du Gouvernement, A la Bibliothèque, il put s'initier aux sources principales des connaissances humaines, et c’est sans doute à cette époque que l’on peut rapporter ces vastes notions qu’ilavait sur les grands maîtres de l’histoire religieuse et profane, les historiens de la Gaule édités par les Bénédictins, les ouvrages de Mabillon, les grands auteurs de Numismatique et d'Archéologie, tous ouvrages familiers aux lettrés et aux amateurs éclairés d'Avignon, parmi lesquels il comptait plusieurs de ses anciens professeurs. Enfin, aux Ecoles de dessin du Gouvernment, il put mettre à ses premiers essais et ses premiers efforts, cette perfection
qui en firent ce qu’il fût vériteblement, un artiste et un homine de métier consommé.
Lorsqu’üne année environ fût ainsi écoulée, M. Faillon revint vers sa mère, et lui déclara que ses idées étaient tout-à-fait fixées, qu’il pensait connaitre la volonté de Dieu sur lui, et qu’il lui semblait certain qu’il était appelé à l'Etat ecclésiastique. Alors sa mère bénit Dieu, voyant ses propres idées confirmées, et les plus puissants désirs de son cœur comblés. Elle envisageait, il est vrai, avec quelque peine, les séparations que cette destinée si grave allait imposer à son cœur de mère, mais élle remerciait Dieu du bien qu'il accomplirait par son enfant. Plusieurs années après, elle aimait à s’entretenir de ces années d'épreuves, et elle bénissait toujours Dieu d’avoir accompli ses désirs, en voyant tous les fruits qui accompagnaient le ministère de son fils ; mais elle s’applaudissait de n’avoir pas cherché à prévenir les dispositions de la Providence.
M. Faillon entra au séminaire d’Aix vers 1815, et il commença sous la conduite de pieux Directeurs, cette vie du séminairequ’il ne devait plus jamais abandonner et dont il pouvait si bien dire :
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Ses premières études.
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Cette vie de retraite, de recueillement convenait bien à son Âme ; cet enseignement de la doctrine sainte lui paraissait bien supérieur aux essais de la science et de la philosophie humaines. Nous l'avons entendu plusieurs fois parler du bonheur qu’il avait éprouvé en comparant les notions si hautes et si précieuses que donnent les maîtres de la Théologie avec les assertions si vagues et parfois si inconsistantes des docteurs, même es mieux intentionnés, de la Philosophie humaine. Quand il était sur ce sujet il était inépuisable en citations, en comparaisons, en arguments présentés avec une vivacité et une verve qui charmaient presqu'autant que la soli. dité de la critique qu’il savait si bien établir,
Enfin, dès les premiers jours, l'esprit du séminaire captiva tellement son cœur qu'ils’y appliqna tout entier, y trouvant constamment un nouvel aliment pour sa foi et sa piété,
Nous avons entendu raconter à un vénérable Directeur de Saint Sulpice, qui était alors à Aix, les commencements de M. Faillon au Séminaire. On peut dire que par sa piété, son amour der saintes règles, son esprit d’obéissance qui parurent alors, il jeta les premières bases de cette vie intérieure et de-cet esprit ceclésiastique, qui firent l'admiration de tous ceux qui ont connu ce vénérable enfant de M. Olier.
Toujours simple et calme, recueilli et uni à Dieu, mais accessible en tout temps et à tous, fervent dans les pratiques de piété, il était dévoué au travail, y mettant le plus vif intérêt, sans jamais paraître absorbé ; au contraire, plein d’une douce gaieté, d’une aimable ouverture de cœur avec ses maîtres et ses confrères,
Cela venait de ce que dans ses étuues, ni à profiter aux yeux du public de ce qu'i avait une si grande idée de l'étendue de la était surtout frappé de ce qui lui manquait p
ii ne cherchait ni à paraître l'acquérait chaque jour. Il science ecclésiastique, qu’il our y arriver ; etil en a tou-
14 | Révérend Messire Faillon.
jours été ainsi, ne se reposant jamais sur le passé, mais tendant continuellement à agrandir le cercle de ses connaissances.
Ce goût qu'il avass pour le travail, loin de songer à le mettre en lumière,
il ne cherchait qu'àle surnaturaliser en l'offrant à Dieu pour le bien des ; âmes, et n’y voyait que la loi que Dieu a imposée à l’homme, loi d’épreuve et de souffrance. Embrassant avec bonheur la peine qui accompagne tout
labeur sérieux et continu, disposition qu’il a portée jusqu’à l'héroïsme, ‘il se montrait toujours de, plus en plus infatigable, même lorsque l’âge
êt les infirmités lui avaient rendu le repos nécessaire.
Avec ces dispositions :l conserva toujours une faible opinion de ce qu’il
avait acquis, et cette opinion, il disposait les choses de manière à la
faire partager aux autres. M. Faillon n’entrait dans aucune discussion, ne
songeait pas à faire dominer ses . idées, et il se comportait avec tous ses interlocuteurs de manière à laisser, même les moins instruits, libres de
penser, qu’ils étaient des puits de science en comparaison de lui.
Nous l'avons aussi entendu parler de ses premiers temps. Il avait -vencontré.au séminaire d'Aix, parmi les Directeurs, d'anciens Confesseurs de la‘Foi, et il garda toujours pour eux une profonde vénération.
Ces prêtres, qui avaient passé par les angoisses de ia Révolution, avaient senti profondément les malheurs de l'irréligion, et avaient conservé .de tristes souvenirs de ces terribles événements. : Ils racontaient les persécutions qu'ils avaient eues à supporter, chassés, exilés de leur: pays, obligés de. quitter l’ancien séminaire d'Aix pour s’en aller sur une terre étrangère ; et entr'autres faits caractéristiques de l'esprit qui les animait ils racontaient, nous dit M. Faillon, que pendant toute la durée de ieur voysge, Étant réunis au Supérieur que: M. Emery leur avait donné, ils pratioue ct la règle corame s'ils avaient été au séminaire. Le supérieur réglait.ia durée du voyage de chaque jour, les villes où l’on devait s’arré- . ter, les hôtels où l’on devait séjourner, le temps et le mode du trajet et du repos, sans que jamais un seul des Directeurs songea à faire non seulement aucune observation, mais même aucune suggestion, soit la veille
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Sea premières études. 15
sur ce que l'on ferait le lendémain, soit le: mat? sur ce qui arriverait dans la journée. C’est ainsi que s'accomplit tout ce voyage, avec là même: régularité qu'au séminaire et avec la mêmé indifférece sur tout ce qui pourrait s'y passer,
Avec les goûts qu’il mam. esdit pour l'étude, et les dispositions qu'il montrait pour la science, ses Maîtres pensèrent qu'il devait suivre les” grands cours de Théologie ; il fut envoyé à Paris, vers l'année 1818.
Il est resté dans les papiers dé M. Faillon un touchant souvenir de ce premier voyage vers Paris. C'est un cahier dé dessins qu'il faisait pendant” son voyage ; On voit que son goût se révélait, il copiait, chemin faisant, les Eglises qu'il rencontrait et qui le frappaient vivement ; cat dans le Midi, malgré le nombre de belles Eglises, il n’y a rien qui puisse entrer en’ comparaison avec les immenses et gigantésques cathédrales dû Centre et du Nord de la Frante. Il passa par Vienne, Lyon, Dijon, Auxérte, Sens ) enfin il vit Paris, et il remarqua, comme il le disait ensuite lui-même, qu'au milieu de toutes les créations les plus riches des derniers siècles, il n’y a rien à comparer avec les monuments des Ages de Foi, comme Notre-Dame de Paris, St. Denis, St. Eustache, la Ste. Chapelle, St. Germain des Prés, St. Séverin, St, Germain-l’Auxerrois, St, Leu, St. Merry, tous ces joyaux de l’art chrétien qui devaient être, si souvent plus tard, le but de ses pieuses visites,
Nous avons trouvé, dans le même cahier, des spécimens des études que M. Faillon faisait dans ces lieux de pélérinages : des esquisses d’arcades, de fenêtres, de portes, de châpiteaux et de piliers ; mais surtcut une coli ction complète de nervures, de profils étudiés avec le plus grand soin. On peut voir combien il avait comprisque ce qui caractérise l'architecture religieuse et ce qui en montre le génie, ce n’est pas tat la forme des ’cades ogivales, et des faisceaux de colonnes, que l'étude des profils et le détail de l'ornementation, C’est ce qu’il a ensuite si bien montré en trois chefsd'œuvre élevés sur ses plans : La Chapelle de la solitude à Issy, près
16 Révérend Messire Faillon.
Paris, l'Eglise des Visitandines à Tarascon et la Chapelle du Séminaire de Baltimore. il
Nous signalons ce point parce qu’il sert à faire connaître M. Faillon. À l'attrait qu’il avait pour la piété et la science religieuse, il faut joindre l'amour qu’il avait pour les constructions ecclésiastiques des siècles de foi, Ii aimait l’église dans la forme inspirée que lui ont donnée les Saints Moines du Moyen-Age. Cette forme parlait à son âme, elle avait un language qu’il savait comprendre et qui le ravissait : ses proportions élancées, la richesse de sa décoration, l'élégance et la majesté de sa disposition, tout avait un sens pour lui. Quoique les circonstances ne l’eussent pas mis en rapport avec les grands Apologistes du Christianisme de notre siècle, il avait tous leurs sentiments, et il était inspiré de ce soufle de résurrection qui avait animé les défenseurs de l'Eglise, les avait remplis d'indignation contre les barbares démolisseurs des chefs-d’œuvre de la Foi pendant le siècle précédent, et lounavait fait comprendre le génie incomparable des artistes Chrétiens des anciens âges.
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SON SÉJOUR AU GRAND SÉMINAIRE DE PARIS—SES PREMIERS TRAVAUX —LES CATÉCHISMES—SES APTITUDES POUR L’ÉTUDE—LE CARACTÈRE DE SA PIÉTÉ.
M. Faillon entra à St, Sulpice vers 1820, et il trouva parmi les directeurs, les élèves et les amis de cette Maison, une réunion d’Âmes d'élite, qui pouvaient lui être si utiles, et lui donner de puissants enseignements pour la piété et pour la science ecclésiastique.
I fût témoin, pendant son premier séjour au Séminaire, de quelquesunes de ces vocations extraordinaires qui devaient avoir une grande influence sur le progrès de la religion en France, Ainsi, c’est vers ce temps que M. le duc de Rohan-Chabot, officier des Gardes du Roi, réservé aux plus hautes fonctions de la diplomatie et de la politique, quitta le monde pour aller chercher, dans St. Sulpice, la consolation à une grande douleur. On sait qu'avant d’être appelé au Siége Archépiscopal de Besançon, il exerça à Paris un ministère actif, près de la jeunesse, où il fit le plus grand bien, et eût une part considérable à l'entrée de M. de Ravignan et de M. Lacordaire dans l’état Ecclésiastique.
Ce fût aussi, pendant ces années, que M, de Ravignan, avocat général à la Cour de Paris, quitta les rangs de la Magistrature, et vint à St. Sulpice où il affermit sa vocation pour la Compagnie de Jésus. Il en est de même pour M. Lacordaire qui entra au Séminaire de Paris peu : Hrès le passage de M. de Ravignan, précédé par de grands succès qui en pouvaient faire
présager d’autres bien plus glorieux dans le saint Etat qu'il ‘allait embrasser,
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18 Révérend Messire Faillon.
Enfin Mgr, Dupanloup, dont on doit la vocation aux catéchismes de St. Sulpice, ainsi qu’il l’a si bien raconté lui-même, et qui devait être plus tard un brillant auxiliaire des premiers travaux de M. Faillon dans les Catéchismes, comme nous le‘verrons bientôt.
Rien n’était plus propre à frapper l'esprit de M. Faillon que la composition des Supériew. :£ Directeurs du Séminaire à cette époque: M. Duclaux, M. Carbon, M. Garnier, M. de St. Félix, M. Boyer, M. Mollevaut, M. Gosselin, M. Carrière, M. Hamon. Les quatré premiers avaient été confesseurs de la Foi pendant la révolution, contemporains et disciples de M. Emery, dont l'esprit admirable était vivant dans leur cœur et dans toutes leurs actions.
Quant aux autres Directeurs, M. Mollevaut, M. Gosselin, M. Carrière, M. Carbon, on peut dire qu'ils avaient déjà toute l'estime et la considération dont ils ont joui, à juste titre, jusqu'aux derniers jours de leur longue existence, Ù
Les anciens élèves venaient continuellementau Séminaire pour se pénétrer de plus en plus de l'esprit de piété de leurs vénérés Directeurs, et les élèves avaient beaucoup à gagner à ces pieuses visites.
C'étaient Mgr. de Frayssinous, Mgr. de Quelen, M. l'abbé de Rohan- Chabot, M. Borderies, vicaire général de Paris, M. de Forbin Janson, depuis Evêque de Nancy, M. de Rauzan et M. Levasseur, MM. de Salinis et de Scorbiac, fondateurs de communautés et prédicateurs éminents ; de plus Mgr. Mathieu, depuis Cardinal Archevêque de Besançon, M. Feutrier, depuis Evêque de Beauvais, et bien d’autres.
Enfin parmi les séminaristes, on distinguait dès lors des sujets qui ont
rendu les services les plus signalés à l'Eglise : Mgr. Dupuch, depuis Evé. que d'Alger, M. Ohvier, depuis Evêque d’Evreux, Mgr. d’Arcimoles, Archevêque d'Air, M. Chalandon son successeur À Aix, M. Du Pont des Loges, Evêque actuel de Metz, M. Pététot qui a rétabli 1 ordre des Oratoriens, M. de Charbonnel, depuis Evêque de Toronto, etc., etc.
Ce qui toucha le plus M. Faillon dans cette réunion si édifiante et si
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Son premier séjour d Paris. | 19°
remarquable, fût ce qui se rapportait à la piété, au recueillement, à l’esprit de dévouement au service‘de l'Eglise et au bien des âmes. Ilne trouva sans doute à Paris autre chose que ce qu'il avait vu à Aix ; mais dans une réunion plus nombreuse d'âmes animées d’un même sentiment son cœur fut impressionné d’une émotion encore plus profonde.
Tous ces esprits éminents, oublieux d'eux-mêmes, sans chercher à préjuger les fonctions qu’ils auraient à remplir plus tard, ne songeaient qu’à profiter de leur séjour au Séminaire, pour avancer dans la vertu, n’en visageant que les devoirs impérieux du sacerdoce redoutable auquel ils aspiraient. Ceux qui ont parcouru les biographies de P. de Ravignan, du P. Lacordaire, et les souvenirs intimes de Mgr. Dupanloup peuvent avoir une idée de ce qu'était alors la vie du Séminaire, et des grands enseignements que recevaient les élèves du sanctuaire,
Nous aimons à rappeler cette parole de M. Mollevaut, annonçant aux Séminaristes d’Issy, le départ de M. de Ravignan pour le noviciat des Jésuites :
“ Messieurs, j'ai à vous faire les adieux de M. de Ravignan, il avait & soif d’obéissance, il est allé se rassasier chez les R.R. P.P. J ésuites.”
. Nous pouvons ausi mentionner cette réflexion du P. Lacordaire à l’un de ses amis, qui se destinait au sacerdoce, mais qui ne pouvait se plier aux obligations de la vie du Séminaire, “ Mon cher ami, croyez-moi, “ celui qui n’aura pas: voulu passer par le Séminaire, n’aura Jamais “ l'esprit ecclésiastique.” ne.
Enfin tout le but de ces cœurs généreux était l'union à Dieu, l'étude, l'avancement dans la vertu—Ceux que l’on considérait le plus dans la maison n'étaient pas ceux qui étaient distingués par la fortune, les familles: haut placées, ni même les grands talents ; mais principalement ceux qui s'attachaient le plus ardemment à l'acquisition des vertus sacerdotales, Ainsi au milieu de toutes cès illustrations, celui que l’on remarquait le plus, était un humble séminariste venu de province, consumé par une maladie qui devait bientôt l'emporter, mais qui, en quelques mois, a laissé
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20 Révérend Messire Faillon.
un souvenir qui ne s’effacera jamais.du Séminaire de Paris, c'était Calixte Frèze dont on a écrit une vie si édifiante,
M. Faillon continua ses cours avec zèle, il profita des enseignements de M. Carrière, de M. Boyer, de M. Hamon, et enfin il étudia assidument les travaux de M. Garnier sur l’Ecriture Sainte.
À cette époque de renouvellement des études ecelésiastiques, on s’occupait beaucoup des Pères. M. l'abbé Guillon en faisait l’objet de ses leçons à la Sorbonne, et donnait des traductions et des explications qui attiraient l'attention. Des Sociétés d'ecclésiastiques publiaient des extraits des Pères pour les prêtres, et même des traductions pour les laïques qui pouvaient devenir, pour leur piété, un aliment plus substantiel que celui que l’on trouve en bien de publications modernes.
Enfin, celui qui se faisait le plus remarquer était M. Villemain qui, vers ce temps, donnait ces lecons remarquables sur les Pères du IVe siècle, qui depuis ont été résumées et réunies en un volume bien écrit et plein d'intérêt.
M. Faillon, enfermé dans sa retraite et dans le cercle de sés oCCu pations, n’était peut-être pas au courant de ce mouvement extérieur ; mais il pouvait trouver encore plus pour des études approfondies, dans la méthode rigoureuse que lui donnaient les maîtres savants qui l’entouraient, dont plusieurs étaient élèves et dépositaires des traditions de l’ancienne Sorbonne.
Comme il était encore très-jeune, après avoir terminé son cours élémentaire, il profita laborieusement des années qui le séparaient du sacerdoce ; il suivait les grands cours, lisait les Pères et les théologiens, et enfin ayant été chargé d’aider le Bibliothécaire de la maison, à ranger et à classer tous les livres conservés et acquis par M. Emery pendant la révolution, il prit dès lors les éléments d’une connaissance qui put tant lui servir plus tard, et qu'il développa si largement en parcourant les grandes bibliothèques publiques de la Capitale. Il connaissait ainsi les auteurs ecclésiastiques de chaque siècle, les historiens, les théologiens, les auteurs mystiques et enfin les biographies particulières des Saints.
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Son premier séjour à Paris. 21
C’est à cette époque que M. Faillon fût appelé à l’œuvre des Catéchismes de la Paroisse, et d'après le com pte-rendu qui nous est donné dans les souvenirs intimes de Mer. Dupanloup, on peut juger de quel crédit jouissait M. Faillon, puisqu'il fut mis dès le commencement à la tête de
- tte œuvre, où travaillaient les plus éminents sujets du Séminaire,
M. Faillon en 1828 était chef du Catéchisme de première communion des demoiselles ; et à la fin de l’année, il fût chef du catéchisme de prépara.. tion immédiate à la première communion. L'année suivante il devint chef de la Persévérance des demoiselles, ayant sous sa direction des sémina= ristes du premier mérite dont Mgr. Dupanloup nous x conservé les noms :
M. Jacquemet,depuis Evêque de N antes, M. Pététot, des Oratoriens, M. Dupuch, M. de la Haïlandière depuis Evêque missionaire, M. Des Garets depuis chanoine de Lyon,célèbre par la publication d’un remarquable pamphlet contre l’Université, et enfin Mgr. Dupanloup lui-même, Nous pouvons, pour donnér une idée de cette œuvre, rapporter les paroles mêmes des souvenirs intimes : “ En 1823, dit Mgr. Dupanloup, je quittai le caté- “ chisme des garçons, et on m’en: oya à la Persévérance des filles dont M. “Faillon fût le chef, j'étais là avec M. Dupuch, M. Pétéiot, M. Boniver, “M. de la Haïlandière,
“ Daus cet admirable catéchisme, on comptait quatre ou cinq cents “ jeunes personnes de toute condition, qui persévéraient à y venir après “leur première communion, pour s’instruire plus à fond de notre sainte “religion, pendant deux, trois, quatre, huit et dix ans, et même géné- ‘“ralement jusqu’à l’époque où elles entraient dans le monde, et se mari- “aient, ou le quittaient pour se faire religieuses.”
Ces occupations extérieures ne faisaient pas perdre à M. Faillon le but principal du Séminaire ; on admirait déjà ses aptitudes remarquables pour la science, mais on avait surtout à reconnaître ses progrès dans la vertu, et sa ferme application aux obligations ecclésiastiques.
Tous ceux qui l'ont connu alors, étaient édifiés de son recueillemer. et de cet esprit de foi, qui animait ses actions et ses rapports avec ses maîtres