SÉJOUR DE M. FAILLON AU GRAND SÉMINAIRE DE LYON, SES ETUDES ET
SES PREMIERS OUVRAGES : ENTRETIENS SUR L'ANNONCIATION ET LE BT. JOUR DE PAQUES,
M. Füillon, arrivé au Séminaire de Lyon, fut chargé de professer la Théologie dogmatique, et il s’acquitta de cet emploi avec ce zèle qu’il mettait à toute étude et avec l'intérêt qu’il ressentait si vivement pour la science sacrée,
D'ailleurs il trouvait à Lyon la réalisation de ses vœux les plus chers, il commençait ces saintes fonctions qu’il avait gi longtemps désirées : diriger et éclairer les élèves du Sanctuaire, former ceux qui devaient aller répandre la Foi dans cette terre de France si éprouvée de nouveau par les attaques de l’impiété et de plus, amollie par l’influence funeste de l'indifférence religieuse.
Il comprenait ces malheurs et il Jugeait, d’après les anciens du Sacerdoce, que les suices de la Révolution ayant interrompu l'enseignement religieux, et ensuite l’ayant gêné et arrêté dans son libre exercice, il en était résulté, dans une partie considérable de la population, une ignorance qui avait engendré les plus aveugles et les plus funestes préjugés contre la Religion.
Il fallait done chercher à donner aux nouveaux ministres du Sanctuaire une science très-solide mais aussi très-pratique : très-solide, pour répondre : aux objections spécieuses et incessantes des Classes les plus élevées ; trèspratique, pour répandre les habitudes de la piété dans toutes ces âmes témoins de l'oubli des obligations les plus respectables du culte religieux.
La Science solide, M, Faillon pensait la trouver dans les grands Au teurs Ecclésiastiques, et principalement dans les Pères ; la science pratique,
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il croyait qu’on ne pouvait mieux l'étadier que dans la méthode suivie par les saints prêtres des derniers siècles et dans les grands exemples qu’ils ont donnés.
C’est pour cela que tandis que dans sa classe, ses sermons, ses entretiens, il appuyait son enseignement par la voix et l'autorité des grands docteurs, à ses arguments il mêlait les exemples des restaurateurs de la discipline ecclésiastique et du zèle apostolique des derniers siècles.
Il n’en restait pas là ; il mettait dans les mains de ses jeunes disciples, la vie des derniers Apôtres de la Foi : S. Charles Borromée, St. F rançois de Sales, St. Vincent de Paul, M. le Nobletz, le P. Claver ; et dans le même but ayant reconnu que d’autres saints personnages avaient donné les exemples les plus précieux et les plus instructifs pour les prêtres, sans avoir trouvé encore d’historiens, il rédigea lui-même la vie de deux saints Prêtres élèves de St. Sulpice ; Mr. de Lantages, fondateur des filles de l’Instruction au Puy, et M. Demia, fondateur d’une congrégation d’institutrices à Lyon.
M. Faillon, en effet, pouvait reconnaître que la vie des saints les plus remarquables qui est si utile pour la piété, et la pratique des vertus, qui lenferme de si beaux modèles et des exemples si frappants est accompagnée de circonstances si extraordinaires quelles n’entrent pas toujours . dans le détail du ministère de la plupart des Prêtres, tandis que dans ces deux zélateurs de l'instruction catéchistique il trouvait les vrais enseignements qui conviennent le mieux au ministère paroissial. Or, ces deux vies ont cela de frappant qu’elles montrent dans M. de Lantages un homme de Séminaire, faisant merveilles dans le ministère extérieur, en appliquant les règlements paroissiaux de M. Olier ; et dans M. Demia un prêtre vivant dans le monde, surchargé de soucis et d'œuvres de zèle et néanmoins ne se départant jamais de la vie de règle et de discipline à laquelle il avait été formé dans les années du Séminaire.
Avec les grandes occupations que pouvaient imposer l’enseignement d’une classe et la rédaction de deux biographies, M. Faillon savait trouver
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Son séjour au Grand Séminaire de Lyon. 37
encore des loisirs pour composer d’autres travaux : d’une part un recueil énorme des sentiments des Pères sur l’état ecclésiastique, depuis les ordres mineurs jusqu'aux fonctions les plus hautes de la hiérarchie sacrée ; ensuite an autre recueil des pensées et des maximes des Pères sur les vertus chrétiennes et ecclésiastiques ; enfin un rerueil qui devait plus tard former un ouvrage considérable ; les explications des Pères sur la Sainte Ecriture, et quand il arriva à Paris il avait déjà rédigé un énorme volume de citations sur les six jours de la Genèse comme nous le verrons plus tard,
C’est ainsi que cet esprit sérieux, appliqué, ne laissait rien perdre de ses lectures assidues, et qu'il employait tout ce qu’il trouvait à trois objets principaux de ses fonctions.
Il savait qu’il avait à former des Prêtres qui devaient être remplis de l’excellen. à de leur état et qui devaient être des modèles des vertus chrétiennes; enfin il n’oubliait pas que c'était de leurs lèvres que les peuples attendaient la science de la Doctrine divine.
Il lisait sans fatigue pendant des journées entières ; en lisant il ne perdaïit jamais de vue les différents objets de ses recherches mystiques et dogmatiques, il recueillait tout sous divers chefs pour en faire un ensemble, puis il se présentait en classe pénétré de lumières et d’onction : ayant tout gravé dans sa tête et dans son cœur, de telle sortc que ses disciples ne savaient ce qu’ils devaient le plus admirer en lui, la science et l’érudition ou l’amenité des saintes vertus chrétiennes. L'une et l’autre resplendissaient en ses paroles À mesure qu'il puisait à ce double foyer de la lumière brillante et ardente de l'esprit divin.
Enfin il somplétait l'impression qu’il donnait de lui dans ses conversations, avec les séminaristes où il était tout à tous, intarissable en doctrine et en à propos, avec cet intérêt qui lui gagnait l’estime et cette douceur qui lui attirait les cœurs.
‘ Je suis resté deux ans à Lyon, dans la classe de M. Faillon, nous dit “un de ses anciens élèves ; sous savions qu’il débutait dans le Professorat
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8€ Révérend Messire Faillon.
‘et la direction et nous avions pour lui la confiance et l’estime que l’on ‘ peut avoir pour le Professeur le plus expérimenté et le plus consommé, ‘tandis que ses vertus et ses bontés nous en faisaient un véritable modèle ‘€ de la Perfection ecclésiastique. ”?
‘ Je suis entré au Séminaire de Lyon, nousa dit un autre ecclésiastique, ‘ au moment où M. Faillon, était rappelé au Séminaire de Paris et je ‘ puis déclarer que dans toute la maison ce n'était qu’un même sentiment ‘“ de regret de le voir s'éloigner tandis qu'il n'y avait qu'une voix chez ‘ tous, quelle fut la diversité des esprits et des caractères pour se louer “ de la piété, de la bonté et du zèle pour l’enseignement de ce saint ‘ homme. ”
‘ J'ai connu M. Faillon dans ces commencements, nous a dit un troi- ‘“ ième ; dans sa piété et ses rapports extérieurs on voyait tout l'élan et la “ modestie du séminariste le plus fervent, tandis qu’on était déjà étonné ‘“ de l’étendue de ses connaissances ; on ne se rappelait rien de semblable, “ pour le goût et la puissance de l’étude ; ainsi nous savions qu’il passait ‘ ses vacances entières à lire les Pères avec une telle rapidité qu’au bout “ de quelques semaines, il avait trouvé moyen, en prenant partout des ex- ‘traits, de parcourir plusieurs volumes in folio.
Et si l’on veut se former une idée de son travail on peut rappeler ici ce qu’il disait un jour à l’un de ses élèves, avec toute simplicité, sans songer qu'il y eut pour lui le moindre mérite en ce qu’il faisait : “ Voici trois mois ‘ que je parcours, disait-il, dix volumes et j’y ai déjà fait quatre mille ex- ‘€ traits. ”
Nous allons donner une idée de la piété et de l'élévation de ses enseignements en citant ici deux pièces qui se rapportent à ses premières années ; elles sont inédites elles ont un rapport essentiel entre elles, et elles se complètent parfaitement l’une par l’autre.
Ce sont deux instructions où il expose le plan divin de notre Rédemption ; dans la première sur l’Annonciation il montre la part que Marie a prise à l’œuvre de notre salut, dans la seconde sur le St. Jour de Fâêques
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Son séjour au Grand Séminaire de Lyon. 39
il expose les moyens que N. S. a employés pour accomplir les desseins de sa bonté.
On remarquera sans doute l'abondance des citations des Pères, qui semblent multipliées, mais ce n’est point sans dessein, car l’auteur voulait montrer à ces jeunes auditeurs les trésors contenus dans l'immensité de la collection des Pères, et il cherchait à les initier et À vaincre les préjugés que peuvent avoir des débutants pour l'austérité et les aridités d’une science si haute et si sérieuse,
M. le Prédicateur, au saint jour de l'Annonciation, commence par rappeler que nous devons considérer Marie comme la source et la consommation de tous les biens que nous avons à désirer dans l'ordre de notre salut c'est ce que dit St. Jean Damascène, Maria omnium bonorum Tiflun medium et finis.
Et il annonce qu’il veut s’attacher À montrer que Marie a tenu dans notre salut la place qu’Eve avait occupée dans notre perte.
‘* Dieu, nous dit St. Léon, dont la bonté est infinie, n’a pas voulu que son dessein sur les hommes fut privé de son effet par la malice du Démon : mais après la chute, il a repris son œuvre avec plus de force et d'efficacité, et c’est pour cela qu’il a envoyé son fils mystérieusement ; il à donc envoyé comme réparateur, son fils qui est tout puissant, pour que:son œuvre ne fut pas privée de son succès, et il l’a envoyé mystérieusement pour que le Démon ne reconnaissant pas son adversaire ne recula pas dans la lutte qui lui était proposée, et.s’il était ainsi trompé, il l'était jus- “ou puisqu'il avait trompé l’homme en empruntant une forme étrangère.
Dieu a voulu dès lors observer dans la rédemption toutes les circonstances de la chute ; les mêmes personnages, les mêmes épreuves, et précipiter le Démon dans le piége qu’il avait tendu lui-même contre nos
premiers parents, afin que vaincu dans la seconde épreuve, il perdit. les avantages qu'il avait conquis dans la première.
40 Révérend Messire Faillon.
Et en effet, voyons tous ces rapports antre la chute et la rédemption, ici nous laissons parler M. Faillon :
‘“ Un homme, une femme et un Ange, avaient causé notre perte ; um homme, une femme et un Ange opèrent notre salut. D’un côté, Adam, Eve et le mauvais esprit ; de l'autre, Jésus, Marie et l’Archange: Gabriel.
Mais d’autres rapports :
“ Eve avait offensé Dieu, trahi son mari, donné la mort à tous ses des. cendants ; Marie rend gloire à Dieu, donne la vie au nouvel Adam et procure le salut de tous les hommes.
D'autres rapports encore :
“ Eve avait péché contre Dieu, par orgueil, par incrédulité, par désobéissance : contre son époux, par ingratitude et par perfidie, contre sa race par cruauté et méchanceté ; Marie répare toutes ces offenses suivant la remarque des Pères : envers Dieu, par son humilité, sa foi, son obéissance : envers Adam et tous les hommes, par sa générosité, sa tendresse, et en s’offrant à toutes les douleurs pour les sauver. ”
Ainsi s’expriment les Pères : 4 l’Ange traite de notre salut avec Marie comme un Auge avait traité de notre ruine avec Eve. (1)
“ La mort est venue par une femme, mais la vie est rendue par une femme. Par Eve nous avons eu notre perte ; par Marie notre salut. (2)
“ Le genre humain voué à la mort par une vierge, a été sauvé par une autre Vierge.” (3)
Ainsi s'expriment St. Pierre Chrysologue, Tertullien, St. Irénée, St. Augustin, St. Bernard qui ajoutent quant aux circonstances :
“ La faute qu'Eve à commise par sa crédulité, Marie l'a effacée par sa “fo,
(1) Agit cum Maria Angelus de salute, quia cum Eva egerat Angelus de ruinâ. (8. Irénée, adverius hævereses.)
(2) Per fœminam mors, per fœminam vita, per Evam interitus, par Mariam salus. (S. Augrstin : ad Catechumenos.)
(3) adstructum morti genus humanum per virginem, salvatur per virginem. (8. Irénée}
mption, ici perte ; un, 6, Adam, 1e Gabriel.
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Son séjour au Grand Séminaire de Lyon. 41
‘{ De même que la désobéissance d’Eve a causé notre mort, l’obéissance “ de Marie a opéré notre salut.
‘ L’une a été ministre de séduction et l’autre de pardon. |
“ L'une a suggéré la prévarication, l’autre a amené notre rédemption.” (1}
Et St. Irénée et St. Augustin réunissent ces ressemblances en disant :
‘ Les chaînes dont Eve nous avait asservi par son incrédulité, sa superbe ‘et sa désobéissance, Marie les a brisées par sa foi, son humilité et son “ obéissance.”” (2)
Et bien d’autres traits que l’on peut trouver chez les Pères qui ‘ géné- “ ralement, suivant Bossuet, ont remarqué que Dieu a voulu suivre c:tte “ voie de ressemblance dans l’œuvre de notre rédemption, combattre notre ‘ennemi par ses propres armes, retourner contre lui ses manœuvres et “ ses desseins, l'écraser et l'accabler sous ses propres machines, pour nous “ montrer avec sa puissance, son équité et faire voir que même vis-à-vis de € l’auteur de tout mal et de tout péché, il n’accomplit l'œuvr2 de sa misé- * ricorde qu’en se ténant dar les limites de la stricte justice. ” (3)
Et ajoute St. Augustin :
“ L’humanité se sauve en remontant les mêmes degrés qu’elle avait descendus, pour se perdre.” (4)
Aïnsi Eve avait offensé Dieu d’abord par orgueil en désirant de ge rendre semblable à lui, par incrédulité en rejettant sa parole, par désobéissance en méprisant sa volonté, l'humilité, la foi et l'obéissance de Marie sont mises à l'épreuve et elle l'emporte : 4 Quod alligavis Eva, solvit Maria per fidem, humilitatem et obedientiam.?
(1) Quod I!la credendo deliquit, Illa credendo delevit. Sicut Eva inobediens fit causa morts; sic Maria obediens fit causa Salutis. Hæc ministra seductionis, illa propitiationis. Hæc suggerit prævuaricationem, illa iagessit redemptionem. (Patres passim.)
(2) Quod Eva alligat per incredulitatem, superbiam ct inobedientiam, Maria solvit per fidem humilitatem et obedientiam (St. Augustin ju natali Domini.)
.(3) Omnia disponit Deus, duplicia unum contra unum, et nihi fecit deesse, (liber Sapientiæ), A tout mal il donne son remède, et nihit fecit quidquam deesse (idem).
4) lisdem gradibus quibus perierat humana natura, a Domino reparatur. (St, Augustin.)
42 Révérend Messire Faillon.
Eve avait été d'abord tentée par orgueil on lui assure que dès qu’elle et son époux auront mangé de ce fruit, que leurs yeux s’ouvriront, qu'ils connaîtront toutes choses et qu'ils seront comme des Dieux, ot avec une légèreté déplorable, elle se laisse aller aux plus vains et aux plus criminels ‘ désirs, sans réfléchir qu’une misérable c:éature ne peut prétendre à l’inf-
nité de son créateur, et ne peut rien con’ ‘8 lui et contre sa volonté. De plus lorsque le serpent lui dit les choses les plus odieuses et
les plus invraisemblables que Dieu peut manquer & la vérité, qu'il peut être jaloux de ses créaiures ; que cet arbre a la vertu de communiquer la divinité, qu'une créature peut y prétendre, sa foi est éhranlée eb succombe ; et dans son aveuglement admettant ces folies elle ne se confie plus à celui qui est la vérité même et lui préfère le calomniateur, le père du mensonge. Elle ne croit pas les assurances de la sagessse, elle admet les folies du séducteur.
Tombée ainsi dans l’abîme de, l'incrédulité et de l'orgueil, elle tombe ensuite dans l’abîme de la désobéissance se croyant indépendante de celui qui est tout, de qui elle tient tout, mais qui ne peut rien donner, sans en retenir la disposition ; elle se révolte contre sa volonté elle saisit le fruit défendu, elle le dévore, transgressant le précepte et brisant avec la loi, ie lien qui l’uuit à son maître, elle se soustrait à lui, pour tomber sous une autre domination ; car voilà l’effet de toute prévarication.
Mais quelle différence lorsque l'humilité de Marie est éprouvée par des paroles bien difficiles à porter pour la faiblesse humaine : qu’elle est honorée par un Ange, qu’elle est proclamée pleine de grâces, bénie
entre toutes les femmes, la bien-aimée du Seigneur, elle ne faillit pas et tandis qu’Eve s’était compiue en des avantages impossibles et improbables, Marie comblée de tous les dons ne s'élève point, sait rester dans la vérité et dans la justice, elle qui a commencé sa course dans la pureté et la grâce, qui l’a continuée sans relâche jusqu'à en saisir la plénitude, elie: douée de toute lumière conna'ssant les choses du ciel et dela terre plus parfaitement qu’Adam dans son sommeil, que Moïse sur le Mont Sinaï, que
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Son séjour au Grand Sémèx ve de Lion, ‘ 43
St. Jean ne devait y atteindre sur la poitrine. du Sauveur et St. Paul dans son ravissement : elle ne s'exalte pas, elle ne se regarde que - -nme la servante du Seignuer :
C’est ce qu'admirent St. Ambroise, St, Augustin et St. Bernard ; “€ voyez quelle humilité, elle se proclame une servantn, elle qui est choisie
‘comme mère de Dieu, et à une pareille promesse, elle ne se laisse sur- “ prendre par aucun sentiment d’exaltation.” St, Ambroise. (1)
20. De plus, quelle est sa foi ; lorsqu'il lui est annoncé des choses inouïes, inconcevables : que l'esprit divin viendra en elle, qu’elle con- Cevra par sa vertu, qu’elle deviendra mère en restant vierge et que le fruit de ses entrailles sera le Fils du Très-Haut, Dieu et homme, engendré dans le temps et ‘’éternité, fils de Dieu et de sa créature ; elle se confie comme un enfant à la parole de l’Ange, pour son bonheur et celui de toute la terre ; et, en effet, sa foi pieuse répare uné aveugle crédulité : (2)
Et ajoute un autre Docteur, elle devait -égitimement concevoir le Verbe celle qui a cru au Verbe. St, P. Chrysologue : (8)
80. Enfin elle réparera par son obéissunce la première désobéissance, en acceptant la proposition d’être la mère de ce Messie, dont la naissance, la vie, la mort doivent apporter tant d'épreuves et de tribulations à son cœur ; et d'abord elle, qui avait fait le vœu le plus beau et le plus louable, arborant pour la première fois une enseigne brillante dans le monde et plantant une si belle fleur au parterre de l'Eglise, montrant ainsi le prix qu’elle attachait à la sainte vertu, elle ne doit pas seulement :enoncer à l'honneur qui était attaché à son vœu, mais de plus affronter les soupçons etles contradictions les plus sensibles pour la pureté de son cœur : Fiat mMihi secundum verbum tur:m.
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(1) Vide humilitatem Ancillam ge dicit Domini quæ mater eligitur, nec repentino exaliatur
promisso; (St. Ambroise.) Insolescere glorià nesçit, mater Dei eligitur et ancillam ge nominat, etc., etc. (St. Augustin.) ë
(2) Quoà illa credendo deliquit, hœc credendo delevit, (Ter‘ullism.) (3) Illa merito verbum Concepit quæ Verbo credidix, (St. Pierre Chrysologue.)
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44 Révérend Mssire Faillon.
Enfin, c’est dans les plus affligeantes prévisions et dans la vue d'une vie d’appréhensions et de douleurs et'sous la pointe d’un glaive, que celle qui est restée humble dans les plus granüs priviléges, sait être soumise’et. docile dans les plus grandes <nreuves : et Maria obediens fit causa sœ lutis : et Marie obéissante devient le principe de notre salut. C’est ce: que nous dit St. Irénée.